STENAY

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Stenay

Stenay, les moulins vers 1900

Nous voilà arrivé dans ces villages de la Meuse chers à mon coeur...
J'ai connu mon époux en 1964, mais ce n'est qu'en 1968 que notre relation s'officialise.
Nous nous fiançons en mai 1968 à Maisons-Alfort.
Dès lors, étant acceptée par le clan, je commence à participer aux week-ends en famille à Cervisy chez la grand-mère Georgette. Je découvre avec des yeux tout neufs, du haut de mes 18 ans, une région inconnue et attachante... Une famille accueillante, des beaux parents, une grand-mère, des oncles et tante, un beau-frère, des cousins et cousines... une vie de famille heureuse partageant les mêmes plaisirs, les mêmes valeurs, le même bonheur de vivre... bien loin de ma vie d'adolescente solitaire où rigueur et austérité font loi, je découvre un nouvel univers et mes week-ends avec eux sont un enchantement !
Cervisy est un hameau de Stenay, nous nous y rendons pour le ravitaillement, mais aussi au cinéma ou au bal avec mon beau-frère et sa future femme. Vous savez, ces petits bals de campagne, avec orchestre et chanteur, et des pépés-mémés qui valsent sur des airs d'autrefois... Vous voyez ?
Plus tard et jusqu'en 1990, nous allons à Cervisy en week-ends et en vacances, c'est le point de rassemblement de la famille à laquelle sont venus s'ajouter les nouveaux conjoints et les enfants. Puis, les années défilant, surviennent des périodes plus difficiles... la famille s'éparpille, les anciens disparaissent... la maison est vendue.
Nous y conservons un terrain avec mon beau-frère, pas très loin de la maison, et puis les souvenirs...

Les familles MAYER, PONSIN, DUNCOURT, FETU, SIMON, GILLES... en sont originaires.
Allons voir ces ancêtres qui y ont vécu.

Présentation

blason de Stenay

blason de Stenay

Stenay “cité de Satan” ? liée à Gisors et ses Templiers, à Rennes-le-Château et son trésor par des fils mystérieux, frappée du sceau de Satan, étouffant en son sein les derniers soupirs de la dynastie mérovingienne qui ne veut pas mourir, elle abrite une pierre mystérieuse à la lourde signification ésotérique...
Les armes de la ville sont celles de Jérusalem et de Godefroy de Bouillon au XIème siècle.
A la fin du XIXème siècle, une petite figure de diable cornue et grimaçante vient surmonté l'écu de la ville. Elle est également gravée sur le fronton du nouvel hôtel de ville. Les “Crottes de Satan” deviennent une spécialité de la confiserie locale. Une association locale prend pour nom "les diablotins"... alors "cité de Satan" ?

Stenay au XVIIIème siècle Hôtel de Ville de Stenay Rue des orfèvres à Stenay

Le chanoine Vigneron, curé-doyen de Stenay de 1941 à 1966, passionné d'histoire locale, refusant l'idée que le nom de sa ville soit lié à Satan, dresse la liste des anciennes appellations de Stenay.
Voici ces 25 noms, avec leur époque d'apparition : SATENAIUM et SATANIACUM (Xème siècle), SATANACUM (1069), SATINNACUM et SATINIA CUM (1086), SETUNIA (XIème siècle), SEPTINIACUM (1107), SETENAE (1208), SETTENAI (1243), SATANAY (1284), SATHANAI du sceau de la Prévôté (1320) et STENA en patois local, le nom de STENAY n'apparaît qu'en 1643.
Situé au Nord-Ouest de la forêt de Woëvre, sur la rive droite de la Meuse, au milieu d'un bassin arrosé par ce fleuve et sur le canal de l’Est.
Par 49°29'27" de latitude Nord et 5°11'11" de longitude Est, l'altitude de la ville se situe entre 163 et 303 mètres.
Stenay comptait 2952 habitants lors du recensement de 1999 pour une superficie de 27km2, soit 109 habitants au m2. Il y avait 4190 habitants en 1900, dont 1158 hommes de troupe.
Elle fait partie, comme 19 communes voisines, de la Communauté de Communes du Pays de Stenay, créée le 1er janvier 1999.

Un peu d'histoire

Thierry, fils de Clovis, devenu roi d'Austrasie, y fit bâtir un palais; le bourg devint villa regia et chef-lieu d'un comté. Thierry, son fils et son petit-fils se firent enterrer dans la chapelle castrale. En 679, Dagobert II y mourut.
Au Xème siècle, Stenay appartenait à la maison d'Ardenne puis devint la possession des ducs de Bouillon; en partant pour la Croisade, Godefroy de Bouillon vendit la ville, avec le château qu'il avait fait construire en 1077, à l'évêque de Verdun qui l'engagea au comte de Luxembourg en 1110. Stenay fut affranchi par Thiébaut Ier, comte de Bar, vers 1200. Jusqu'en 1641, la ville demeura presque constamment en la possession des maisons de Bar puis de Lorraine.
De 1609 à 1611, elle reçut de nouvelles fortifications et devint une importante place de guerre. Louis XIV en donna la propriété en 1646 au prince de Condé. Livrée par lui aux Espagnols au cours de la Fronde, elle fut reprise en 1654 par le marquis de Fabert. Les fortifications furent démantelées en 1689.
Stenay fut un chef-lieu de bailliage de 1639 à 1697, puis d'une prévôté, et en 1790 d'un district comprenant 75 municipalités. La cité tint tête aux Autrichiens en 1792 et fut occupée pendant toute la guerre de 1914-1918 par les Allemands. Le Kronprinz y eut son Quartier Général.

Le triangle mythique : Stenay, Gisors, Rennes-Le-Château

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Comment penser que ces lieux qui, éloignés de plusieurs centaines de kilomètres, puissent être détenteurs des secrets d'une histoire européenne inconnue ? Gérard de Sède, à travers trois ouvrages "Les Templiers sont parmi nous !", "Le trésor maudit de Rennes-Le-Château" et "La race fabuleuse - Extra-terrestre et mythologie mérovingienne" lève un coin du voile. Roman ? En ce qui concerne Gisors, Rennes-Le-Château et Stenay le mystère semble pourtant bien réel !
Intéressons-nous au triangle ardennais : Trois lieux situés à cheval entre la Belgique et la France, tous liés à l'histoire mérovingienne, Stenay, Orval et Bouillon.
Stenay : est la ville qui vit s'éteindre la dynastie mérovingienne avec l'assassinat de Dagobert II, qui selon la légende, laissa un fils Sigebert IV, caché à Rhedae (Rennes-le-Château) après sa mort.
Orval, village de la Belgique Ardennaise : un des hauts lieux de la spiritualité du Moyen Age. Une abbaye y fut fondée sous l'impulsion de Bernard de Clairvaux, le protecteur des Templiers et rédacteur de leur règle. Michel de Notre Dame, plus connu sous le nom de Nostradamus, séjourna en ces lieux et avant lui un autre grand voyant, Saint-Malachie y rédigea la prophétie des Papes.
Bouillon, ville de Belgique : est le lieux qui vit naître le grand conquérant de la terre Sainte en 1099, Godefroy de Bouillon ! En ses veines coulait le sang mérovingien.
Curieux, non ? Si, comme moi, l'histoire des Templiers, du Prieuré de Sion, de la Dynastie mérovingienne vous passionne... allez visitez ces sites bouton bouton bouton bouton

Patrimoine et légende

Stenay en 1670 Stenay en 1900

- L'église Saint Grégoire actuelle remplace l'église Saint Dagobert, ayant elle-même remplacée au IXème siècle l'église Saint Rémy. L'église Saint-Dagobert, fut construite à la place de l'église Saint Rémy, en 872, date à laquelle fut canonisé le Roi Mérovingien Dagobert II.

Eglise Saint Grégoire

Elle tomba en ruines, gravement endommagé par les guerres, et les offices religieux furent célébrés dans la chapelle du couvent des Minimes. Vers 1820, les ruines furent rasées et le portail dédié à Saint Dagobert démonté et enfoui dans le sol, la construction de la nouvelle église commença en 1829 et dura 4 ans, la consécration eut lieu le 19 juin 1833 en présence de Mgr Valayer, évêque de Verdun..

portail église Saint Dagobert

Son architecture extérieure de style néo-classique présente peu d'intérêt, par contre à l'intérieur quelques éléments du XVIIIème siècle sont classés monuments historique comme l'autel de marbre, le demi-baldaquin qui le surmonte ainsi que le mobilier du choeur et la chaire. Le buffet d'orgue en bois construit en 1716 est un véritable monument mais n'a malheureusement pas été classé.

- Le portail de l'église Saint Dagobert. En 1965, un habitant de Stenay met à jour, près de l'ancien Hermitage de Saint-Dagobert, les restes du portail. Ce portail comporte, outre des voussures magnifiques et des fleurs sculptées, un Saint Dagobert recevant deux chevaliers en prière.
Une association se créee en 1983 "L'association du Cercle Saint-Dagobert II" et se donne pour mission prioritaire la restauration et la préservation du portail. Ce portail est, à présent, visible dans la crypte sous la maison de l'association.

la pierre mystérieuse

- Une pierre mystérieuse est présentée dans la crypte Saint-Dagobert de Stenay, près de la stèle du roi. Avec ses inscriptions incrustées, elle comporterait une clé se reportant au "Carré Sator". En savoir plus ? bouton et bouton

- On trouve encore quelques caves à voutes ogivales et des salles souterraines qui communiquaient entre elles par un réseau de souterrain très dense se superposant quelquefois sur trois ou quatre étages à quinze ou vingt mètres de pronfondeur. Refuges ?

Couvent des minimes

- L'ancien couvent des Minimes Le couvent des Minimes est fondé par le duc de Lorraine pour accueillir un collège de garçons. Il est construit par l'architecte Guyot Roussel, qui est également l'auteur de la citadelle de et du château de Louppy. Les travaux durent de 1617 à 1619, la chapelle est élevée entre 1686 et 1689. Trois ailes du cloître disparaissent vers 1830. Aujourd'hui, il a perdu son église et les bâtiments conventuels ont été rasés et remplacés par une école de garçons. Du bâtiment ancien ne subsiste que deux niveaux de sous-sol et une aile du cloître au rez-de-chaussée.
Dans le même axe, les bâtiments du couvent des Annonciades accueille l'école de filles.

Fontaine-lavoir des Minimes

- La fontaine-lavoir des Minimes ancienne fontaine primitive de Wé, elle assurait l'alimentation en eau potable du bas-peuple.
Vraisemblablement transformée en lavoir au XVIIème siècle par les religieux de l'ordre des Minimes. Le bâtiment, construit au-dessous du niveau du sol à l'abri du vent, comporte un bassin rectangulaire dont le fond est recouvert de planches de bois, et entouré d'une bordure en pierre. L'eau est évacuée par un canal qui passe sous l'ancien rempart. Le lavoir est utilisé par la population du quartier depuis la Révolution. Au XIXè siècle, une citerne à incendie est creusée à l'arrière.

- Les moulins Le moulin à eau de Stenay a remplacé au XVIIIème l'ancien moulin du XVème siècle. Désaffecté depuis son arrêt en 1914, il a trouvé à présent une vocation touristique. C'est une bâtisse imposante, solide, isolée, son activité permanente, nuit et jour toute l'année, était marquée par le bruit de l'eau et des mécanismes. Une habitation pour le meunier et ses aides est attenante.
Un moulin à grain existe à Stenay dès 1239. Il est par la suite complété par une activité de moulin à planches, d'huilerie et de moulin à ciment. Il était encore en activité après 1789.

Hôpital de Stenay

- L'hôpital Saint-Antoine. La maison-Dieu est fondée en 1356 par l'ancien mayeur Jean Ancel. Elle est confiée aux Antonins en 1385, puis aux Soeurs de Saint-Charles en 1738. L'hôpital actuel date du XVIIIème siècle. Le bâtiment, à trois niveaux percés de nombreuses fenêtres, est flanqué de deux extensions, dont une aile de la fin du XIXème siècle en pierre et en brique.

- Les galeries marchandes à arcades du XVIème siècle

Les arcades de Stenay

sont sans rapport avec les Espagnols qui résidèrent à Stenay vers 1650 car elles existaient déjà au XVIème siècle. A l'origine, elles couvraient entièrement la place Poincaré (ancienne place du marché) et la place de la République (ancienne place d'armes) et s'étendaient dans la rue des Orfèvres, elles sont plus réduites à présent. Les piliers sont tous différents et forment un ensemble hétérogène.

Porte de Bourgogne Citadelle Citadelle Le magasin aux affûts de Stenay

Minette

- La citadelle a conservé de nombreux bâtiments comme les anciens magasins à blé de la garnison, le magasin aux affûts, mais aussi :

Logement du Gouverneur à Stenay

- le logement du gouverneur, avec ses écuries et son puits. Il a été construit au XVIème siècle probablement sur l'emplacement du premier château comtal. Sa porte d'entrée est de style Renaissance. Louis XIV s'y est arrêté lors du siège de Montmédy, en 1657.
Le bâtiment a subi plusieurs agrandissements jusqu'à la Révolution, avant de servir de casernement de gendarmerie. A l'arrière, trois fenêtres en plein cintre, murées, sont des vestiges d'une ancienne chapelle.
Au troisième sous-sol, subsiste partiellement une cave en L, dont l'angle intérieur est supporté par une colonne, contenant un puits creusé jusqu'au niveau de la Meuse. Elle date probablement du XIème siècle.
Les caves servent, à plusieurs reprises et jusqu'à la fin du XIXème siècle, de prison. Des inscriptions remontant à la guerre de Trente Ans sont encore visibles sur les murs et révèlent les noms de certains prisonniers de cette époque.

Logement du Lieutenant du Roy à Stenay

- Le logement du Lieutenant du Roy, représentant du Roi à Stenay, construit au XVIème siècle lors de la modernisation de la citadelle, la façade arrière présente une tour à demi encastrée qui abrite un escalier à vis.
On pénétrait dans la citadelle par une porte percée dans la chapelle Saint Dagobert. La porte a été détruite en 1944.

La caserne de Stenay

- La caserne Chanzy, quartier de cavalerie de 1747 à 1750, cette caserne a été construite aux frais de la commune, entre la ville et la citadelle, à un emplacement laissé libre après le démantèlement des fortifications. Les écuries du rez-de-chaussée peuvent contenir 320 chevaux. Au premier étage se trouvent 48 chambres pour 430 hommes environ. L'étage supérieur abrite un magasin à literie et les combles restent à la disposition du prince de Condé pour le séchage du tabac. Les bâtiments sont transformés en logements populaires après 1954 et sont restaurés à la suite de l'incendie de 1988.

- Le kiosque à musique

Kiosque à musique de Stenay vers 1960 La Lyre Stenaisienne 1962

La commune de Stenay le fait construire en 1894 par la maison Blairon Mathieu sur un plan de l'architecte Brunet : un escalier et un garde-corps en fer forgé sur une base maçonnée hexagonale, des colonnes en fonte soutenant le caisson de sonorité couvert de zinc.
A son sommet, une lyre fait référence à la "Lyre Stenaisienne", harmonie musicale de la commune.
De nombreux concerts civils et militaires s'y déroulent chaque année. Quelques uns de mes ancêtres ont fait partie de cette Lyre Stenaisienne.

Musée de la bière à Stenay Jardin du musée de la bière Stenay

- Le musée de la bière, ancien magasin aux vivres
Entre 1537 et 1544, François 1er fait construire, dans la citadelle, un magasin aux vivres, ou magasin aux blés, pour la conservation des grains et des eaux de vie de la garnison. Rehaussé après le siège de 1654, le bâtiment comporte deux niveaux de caves voûtées et deux niveaux de greniers. En 1879, il est doté de tourelles et transformé en malterie. Le musée s'y installe en 1986. Il est unique en Europe par l’ampleur de ses collections. Il retrace l’histoire des techniques et traditions brassicoles, des origines à nos jours.
La taverne du Musée propose un important choix de bières et de produits du terroirs.

- Le port construit aux XVIII et XIXème siècles, en même temps que le canal de l'Est.
C'est un des plus complets de la vallée de la Meuse. Situé sur un canal latéral, en eau calme, à proximité immédiate de la ville et des commerces.

port de Stenay Château des tilleuls à Stenay

- Le château des tilleuls où séjourna le Kronprinz, Frédéric Guillaume de Hohenzollern, durant la première guerre mondiale, de septembre 1914 à février 1918. Il existe toujours aujourd'hui mais a été reconstruit.
La présence dans leur ville de l'Oberkommando de la Ve Armée et de son chef le Kronprinz impérial valut aux habitants de Stenay quelque atténuation à leurs malheurs. Le kronprinz s'y comporta comme chez lui, recevant le Kaiser, l'Impératrice, et sa femme, la kronprinzessin. En l'absence de celle-ci il trouva sur place des consolations et on lui prête de "folles équipées".
Mais cette présence lui valut aussi quelques bombardements aériens, en particulier celui du 4 juin 1915 qui causa douze morts et une vingtaine de blessés chez les Allemands. La ville fut taxée à un demi million de francs et une quinzaine de civils furent retenus en otages pendant deux semaines, en représailles.
En 1915, les Allemands firent rapatrier (via la Suisse) les instituteurs de l'école libre et les religieuses de l'hôpital. En revanche, en 1917 une cinquantaine de personnes du Nord et de la Somme furent "déportées" à Stenay.
Il fallut une démarche personnelle de Ludendorff, général en chef des armées allemandes, en février 1918, pour décider le Kronprinz à rejoindre son Quartier Général....

Les industries à Stenay : Les acieries, la papeterie...

Broderies sur soie, minoteries, malterie... Aujourd'hui, il ne reste à Stenay qu'une usine métallurgique et une papeterie.
Attenant à l'ancienne maison du maître de forge un parc a été aménagé en 1830. Il comprend quelques espèces rares, une statue en fonte représentant un enfant tenant un cygne dans ses bras est au centre d'un petit bassin. Elle est peut-être issue de la forge de Stenay.

Les anciennes forges de Stenay Les anciennes forges de Stenay La papèterie de Stenay Ligne

Nous quittons Stenay pour aller deux kilomètres plus loin à ....

CERVISY

Cervisy

Berceau de toute une partie de la famille, la Georgette et son époux l'Henri MAYER y ont tenu le café-épicerie jusqu'en 1960, avant d'acheter une maison voisine et s'y retirer. Leurs enfants, mes beaux-parents, Denise et André, passeront leur retraite à la remettre à neuf, la moderniser.
Allons voir ceux qui y ont vécu.

La maison de Cervisy

Le café-épicerie de Cervisy

Faubourg du nord de Stenay, Cervisy s'étire tout au long de l'avenue des tilleuls (autrefois cette départementale était bordée de ces arbres odorants, plantés sur l'ordre du Roi Louis XIV, et coupés vers 1975). Bordé à l'Ouest par le canal de l'Est et la Meuse, sa rive droite offre un vaste panorama sur la vallée et la forêt de Dieulet.
A l'origine Cervisy, vient de "Coerisi" nom d'un petit peuple de la province romaine des Trévises ayant occupé Stenay. C'était un simple hameau groupé autour d'un couvent et d'une léproserie.

La literie militaire de Cervisy Avenue des tilleuls de Stenay à Cervisy

La pêche en Meuse

Pêche au canal

En 1323, la concession de la pêche en Meuse est donné aux habitants de Stenay et de Cervisy par le Duc de Bar "en certains lieux limités et avec certains engins seulement : la ligne, le rassat et le bourseau". Ces droits sont confirmés dans la charte de 1616.

Hotu de la Meuse

Quel plaisir pour mes pêcheurs! Tous les hommes de la famille le sont... Vous ne les avez jamais rencontrés en embuscade, la canne à la main, taquinant le "hotu" du côté de la baraque d'Aquin ou le long du canal? Ah! ces journées de pêche... la tente dressée sur le bord de la Meuse pour nous protéger du soleil, les table, glacière, chaises longues, parasols amenés avec la charette attelée au vélo tôt le matin... et le pique-nique qui va avec, bien sûr ! nous n'étions pas bien loin de la maison pourtant... mais quel bonheur d'écouter vivre la nature!

Promenade dans le village

La chapelle Saint-Lambert, bâtie au Moyen-Âge (XII et XIIIème siècles), au lieu-dit "le fond de Saint-Lambert", c'est une ancienne léproserie.

Chapelle Saint-Lambert de Cervisy

On trouve sa trace en 1157 dans la charte d'Hillin (archevêque de Trèves), elle se transforme en simple ermitage après la disparition de la lèpre. Sa petite chapelle dédiée à Saint-Lambert a été allongée vers 1771 pour servir de chapelle de secours. Jusqu'à la Révolution, des pélerins vinrent de très loin implorer Saint-Lambert. Elle est aujourd'hui et malheureusement en ruines.
Les Mérovingiens y ont abandonné des sarcophages.

La source alimentant Cervisy, prend naissance dans le domaine du château.

Le ruisseau de Cervisy

Son eau est renommée pour sa pureté et n'était pas encore touchée par la pollution en 1988.
Elle s'écoule dans une fontaine alimentant un lavoir et deux abreuvoirs, au centre du village, puis poursuit son cours dans le village en direction du canal sous forme d'un ruisseau aujourd'hui canalisé et recouvert.
En 1972, on pouvait encore voir ce ruisseau franchir allègrement les pas-de-portes des maisons avec ses eaux claires et rapides (tant que le voisinnage n'y déversait pas ses eaux usées). Il protégeait l'abord des maisons, chaque demeure possédant son petit pont, constitué généralement d'une énorme pierre usée en son centre.
A présent, on ne peut l'apercevoir qu'à la sortie de son tunnel, sur le chemin du canal. Encore endigué et à l'air libre, il file en direction de Martincourt pour rejoindre la Meuse un peu plus loin.

Le lavoir, construit dans les années 1800, il devait être à l'origine de pierre et de bois.

Le lavoir de Cervisy

Il a été restauré dans son ensemble et recouvert de ciment en 1940 pendant l'occupation.
Il est alimenté par des conduits qui amènent l'eau de la source.
Une fontaine et un abreuvoir ont été ajoutés devant.
Quelques personnes utilisaient encore ce lavoir pour rincer le linge en 1990, malgré l'utilisation courante désormais des machines à laver.

Les puits.
Les habitations en bordure de l'Avenue des Tilleuls, dite "la route dite du bas" possédaient des puits alimentés par une autre nappe aquifère en provenance de la vallée. Certains sont encore ouverts et servent pour l'arrosage des jardins.
Trois fontaines viennent alimentés le ruisseau avant le canal : la fontaine du château, la fontaine du chat, la fontaine Saint-Lambert.
10 puits sont alimentés par la nappe d'eau du plateau, 13 par celle de la vallée.

Le château, situé près d'une forêt de sapins, surplombe le village et la vallée.

Le château de Cervisy

Sa façade exposée au sud comprend 35 fenêtres et une grande baie vitrée. A l'origine le château était un couvent formant un carré de quatre ailes. Sa construction date du début du règne de Louis XIII.

Abraham de Fabert

Ce fut le cadre choisi par le Marquis de Fabert, qui dirigeait le siège de Stenay pour le compte du Roi-Soleil, pour y installer son quartier général.
Et lorsque Louis XIV vint en personne encourager les assiégeants, ce fut à Cervisy, qu'il établit sa cour avant de la mener à Mouzay.

Bernardin de Saint-Pierre

A la Révolution, le château appartenait au Marquis Anne Gédéon La Fite de Pelleport qui fut quelque peu inquiété par les révolutionnaires lors de la fuite de Louis XVI. Ces ennuis n'empêchèrent pas Bernardin de Saint-Pierre, à l'âge de 68 ans, d'épouser sa fille qui ne comptait que 22 printemps. Et l'on dit que c'est à Cervisy que fut commencée la rédaction de "Paul et Virginie"...
Les grands châtelains de Cervisy sont les Lapisse de la Mothe, originaires du Limousin. Militaires de pères en fils, beaucoup d'entre eux connurent la gloire avant de s'installer à Cervisy. Pierre de Lapisse, aide de camp de Napoléon Ier, Baron d'Empire, a son nom gravé sur l'Arc de Triomphe.
C'est à partir de 1797, que les de Lapisse acquièrent le château de Laneuville pour un mariage. Ils firent alors souche dans la région par des alliances notamment avec les comtes d'Herbemont de Mouzay.
Vers 1840, le Colonel Charles Alexandre de Lapisse acheta le château de Cervisy, le rénova et y fit construire une petite chapelle dont il ne reste aujourd'hui que les fenêtres en ogive.
Un des gendres, Monsieur Duba, protestant, transforma cette chapelle en théâtre et offrit une aide financière et un terrain à la commune pour la construction de l'église.
En 1916, tandis que le Kronprinz occupait le château des Tilleuls à Stenay, son Etat major s'installa au château de Cervisy. En 1919, Charles de Lapisse, maire de Montigny et ancien légionnaire, y revint provisoirement.

L'église Saint-Joseph doit son édification en 1890 aux généreux donateurs, le comte de Lapisse, son gendre M. Duba et Ernest Bourgeois.

L'église St Joseph de Cervisy

Elle est de style gothique, sa haute flêche ajourée domine le faubourg. Elle est placée sous la protection de Saint Joseph, patron de Cervisy, fêté le 19 mars.
Le baptême de notre fille Karine y a été célébré en 1972

Les vallons et les lieux-dits
De Martincourt à Cervisy, une succession de trois vallons :
- Le vallon de la mine (ou fond des Coulmiers) situé à 1km de Martincourt, on y extrayait vers 1900 du minerai de fer qu'on lavait dans les eaux courantes du ruisseau de cervisy avant de l'envoyer aux forges de Stenay.
- Le fond des Goulots,
- Le vallon Saint-Lambert avec les ruines de l'ermitage.
et un grand nombre de lieux-dits :
A l'ouest, Le Pré Champmort, le Trou du père Régnier, la Petite Seau, l'Ecaillère, la Baraque d'Aquin, la Vanette, le Gué des canons (aménagé en baignade en 1933).
Au Nord-Est, le Chauffour.
A l'Est, le Moulin à vent (sur la côte de Nepvant).
Au Sud, le Fond Viré.
Dans le village, Bellevue, la Crapaudière (vers le canal), la Cressonnière, Moscou (l'école), les Roches (derrière l'église), la Fontaine, le Château.
Les champs, la Cruchedière, le Buisson des cochons, le Chapon, Le Ravail, le Petit Tombé, le Grand Tombé.

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Notre jardin de Cervisy

Quelques dates dans l'histoire du faubourg

1332 : Edouard Ier, fils du Roi Henri III d'Angleterre, autorise la plantation de vignes sur les côteaux ensoleillés de Cervisy.
1333 : Note de la présence d'un four banal (à l'emplacement de l'école).
1421 : Le moulin situé au lieu-dit "Sacy près de Vanette" est détruit.
1644 : Louis de Bourbon, duc d'Enghien, gouverneur de Champagne et des frontières, y loge par trois fois avec son armée. En repartant, il saccage les vignes et les blés, épargnant un hectare de vignes au "Trou des Goulots" qui subsista jusqu'en 1828.
1654 : en mars, c'est le siège de Stenay, le Comte de Granpré investit avec sa cavalerie le château de Cervisy récemment bâti.
En juin, Fabert réquisitionne la population du village pour creuser, avec les soldats, les terrassements de protection et les tranchées. Construction sur la rive gauche du pont de Cervisy à Laneuville.
En juillet, le Roi Louis XIV, âgé de 16 ans, venant de Laneuville, passe sur le pont de Cervisy avec 300 gentilhommes et Mazarin pour visiter les dehors de Stenay et la citadelle. Le "Gué des canons" était le lieu de baignade préférée de la population et des troupes, le Roi profita de l'eau claire et saine pour y prendre plusieurs bains.

Après Cervisy, un petit tour à...

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INOR

Inor Inor

L'auberge

Ce sont les PONSIN qui, vers la fin du XVIIème siècle, y sont installés.
Pour nous, les plus jeunes, Inor, est synonyme de bons repas à l'auberge du "Faisan doré" où nous nous retrouvions pour certaines grandes occasions (anniversaires, fêtes) ou tout simplement à l'automne autour d'un menu gibier.
Allons voir ces ancêtres qui y ont vécu.

Petite commune de 205 habitants lors du recensement de 2004, Inor en comptait 617 en 1850. Situé sur un territoire de 6.46km2, soit 32 habitants au km2, elle fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Stenay.
Ancien diocèse de Trèves, bailliage de Clermont, fief de la maison de Pouilly dès le XIIIème siècle, la seigneurie d'Inor passa, par alliance en 1653, à Gédéon II de Vassinhac, qui construisit en 1688 le château, remplaçant l'ancien édifice médiéval.

Inor et son magnifique château du XVIlème siècle ont été presque entièrement détruits lors des combats de 1940. C'est en effet ici, à l'arrière de la Ligne Maginot, que les troupes françaises résistèrent du 15 mai au 11 Juin, dans ce que les Allemands ont appelé "l'enfer vert d'Inor". De nombreux monuments témoignent encore de la dureté des combats. Français et Allemands y ont subi de grosses pertes. La plupart des morts ont été enterrés sur place, près d'un chemin, dans un jardin, non loin du poste de secours, parfois en forêt, au bord d'un layon, au pied d'un arbre... Certains ont été à demi ensevelis par l'éclatement de bombes ou d'obus à proximité de tranchées, de fossés ou de bâtiments servant d'abris. Des tombes ont été ainsi disséminées en divers lieux. Les troupes allemandes stationnées sur place ont rassemblé ces corps. Des Français enfermés au camp de Maison Rouge (près du Chesne) furent réquisitionnés pour mettre les corps dans des cercueils amenés et emmenés par des camions militaires allemands. C'est ainsi qu'un cimetière fut créé à Inor, ferme de Soiry, avec 318 tombes.

Soiry, ancien fief de la seigneurie d'Inor, ou trou de Soiry, a été témoin le 7 août 1657 de l'attaque par 25 lansquenets de la garnison espagnole d'Herbemont en Belgique, de Louis XIV qui remontait de Montmédy vers Sedan. Il fut sauvé in-extrémis par ses mousquetaires. Actuellement la ferme de Soiry est une ferme-auberge.

L'ancien vignoble très réputé (78 hectares) au XIXème siècle, a lui aussi disparu durant la guerre de 1940. Inor possédait une activité de tonnellerie.
La source du Trou du loup, bien que situé sur le territoire de la commune voisine de Martincourt, alimentait autrefois le moulin-banal à grains d'Inor jusqu'à la Révolution.
L'église Saint-Pierre bâtie en 1719, endommagée en 1914/18 puis en 1940, a été totalement restaurée. Elle est classée à l'inventaire des Monuments historiques.

Inor Inor Inor

Voilà nous avons fait le tour des villages de Lorraine
ou certains de mes ancêtres ont vu le jour, se sont mariés et sont enterrés...
où... tout simplement... ils ont vécu !

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