Un peu d'Histoire
au fil des régions et des époques traversées

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lavandière

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Les Vikings

Drakar viking

Le terme " viking " correspond à la base à une activité, et non à un nom de peuple. Ils descendent des immigrants installés en Scandinavie et devenus agriculteurs et commerçants. Le nom de Viking est utilisé par les Scandinaves eux-mêmes : la plupart des historiens s'accordent à dire que c'est un mot d'origine norroise, signifiant "hommes des criques et des fjords", et s'appliquant donc parfaitement à des pirates qui s'engagent pour des expéditions en "viking", ou organisent des raids. Ils viennent des actuels pays : Danemark, Norvège et Suède.
Ces peuples du nord se battent souvent entre eux, et même au sein d'une propre communauté, car le plus hardi et le plus fort des guerriers peut prendre la tête d'un village dans un duel à mort, à l'image des loups se battant dans le but de mener la meute.
Pillards ou commerçants, barbares ou explorateurs, l'Europe tremble lorsque ces hommes venus du Nord, poussés par la surpopulation grandissante, décident de prendre la mer sur leurs navires, à la proue en forme de monstre, pour gagner d'autres rives en quête de richesse, de terre et de gloire. Les drakars sont légers et leurs bords relativement plats permettent d'être hisser facilement sur une plage.
Bientôt, ils s'attaquent aux villes. Soixante ans après leurs premiers raids, les Vikings menaçent des royaumes entiers. La France n'est pas épargnée et Paris est assiégée en l'an 845, vaillament défendu par le comte Eudes et l'évêque Gozzlin.
En 911, au traité de Saint-Clair-sur-Epte, Charles III le Simple céde au chef viking Rollon (Hrôlfr) une terre connue sous le nom de Normandie qu'il administre en Duché.

Le Duché de Normandie

Duché de Normandie

Le duché de Normandie fait partie, comme l'Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge, suite à l'affaiblissement du pouvoir royal.
En 911, débordé par les raids des Vikings, le roi des Francs Charles le Simple confie à l'un de leurs chefs, Rollon, les pays autour de la Basse-Seine. Cette concession est l'embryon du duché de Normandie. La tâche première des comtes (devenus ducs vers 1010) consiste à s'installer dans la durée en Normandie. Rollon et ses successeurs gouvernent comme de vrais princes et non comme des pillards. Ils affirment leur autorité. La paix et la sécurité reviennent dans la région. Le duc Guillaume le Conquérant s'empare du royaume d'Angleterre. Pendant près de 150 ans, Normandie et Angleterre ont destin lié. Après le milieu du XIIe siècle et l'installation des Plantagenêts à la tête du royaume anglo-normand, le duché n'a plus le rayonnement d'autrefois sur le plan politique. Malgré tout, il ne cesse de susciter la convoitise des souverains français.
En 1204, le roi de France Philippe Auguste conquiert la Normandie qui rejoint ainsi la couronne. Le duché vit ensuite dans l'ombre du royaume capétien.

Guillaume le Conquérant, de bâtard de Normandie à roi d'Angleterre (1035-1087)

Falaise

Par son destin exceptionnel, Guillaume le Conquérant né au château de Falaise en 1035, est assurément le Duc de Normandie qui reste le plus dans les mémoires. Pourtant, ses débuts sont compliqués. Il se retrouve duc dès l'âge de 7 ans, suite à la mort de son père, Robert le Magnifique. Profitant de la jeunesse de l'héritier, nombre de barons normands se libèrent de la tutelle ducale et mènent leur propre guerre. La Normandie se couvre de châteaux, souvent de simples mottes ou des enceintes de terre. Le jeune Guillaume est le spectateur impuissant de cette anarchie. L'assassinat de quelques membres de son entourage l'incite à se tenir dans un premier temps tranquille.
Guillaume se décide à réagir quand un complot de barons vise à l'assassiner à son tour. Il a presque 20 ans. Il rassemble alors ses fidèles, obtient l'aide militaire du roi de France Henri Ier pour mater les rebelles. Val-ès-Dunes, au sud-est de Caen, est le lieu de rencontre entre ces derniers et l'armée ducale. Guillaume remporte ici sa première victoire. Nous sommes en 1047. À partir de ce moment, le duc reprend en main son duché. Il reconquiert ou abat les châteaux élevés par les barons pendant sa minorité. Il poursuit les derniers infidèles qui refusent de le reconnaître pour duc.
Le roi, Henri Ier de France, constatant la réussite de son voisin, retourne sa veste. Par deux fois, il envahit la Normandie, aidé du comte d'Anjou, mais son armée sombre à Mortemer puis dans les marais de la Dives. Vainqueur, Guillaume passe à l'offensive. Il annexe le Passais (la région de Domfront dans l'Orne), intervient dans les affaires de Bretagne et installe son fils Robert Courteheuse comme comte du Maine (1063). Mais l'œuvre la plus connue et la plus considérable de Guillaume le Conquérant, c'est la conquête de l'Angleterre en 1066.
Le roi d'Angleterre, Édouard le Confesseur, meurt en 1064. Le chef de l'aristocratie anglo-saxonne, Harold, lui succède. Or, selon la Tapisserie, le feu roi aurait considéré Guillaume comme son héritier. Le duc de Normandie s'estime floué et ose un débarquement dans le sud de l'Angleterre pour récupérer son bien. Harold vient à sa rencontre à Hastings mais perd la bataille et meurt. La route de Londres est ouverte. Le 25 décembre 1066, Guillaume le Conquérant reçoit la couronne d'Angleterre. La puissance du duc change alors de dimension. La Normandie n'est plus une simple puissance régionale, elle s'installe pour un siècle et demi sur l'échiquier international.

Henri Ier (1008/1060), Roi de France de 1031 à 1060

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Deuxième fils de Robert II "le Pieux" et de Constance d'Arles. Associé au trône en 1025, à la mort de Hugues, son frère aîné, Il est sacré à Reims le 14 mai 1027. La décision de Robert II d'associer Henri au trône, ne se fait pas sans heurts, la reine Constance défendant les droits de son troisième fils Robert.
Les deux frères parviennent à trouver un accord peu de temps avant la mort de leur père, le 20 juillet 1031. Henri 1er accède au trône à la mort de son père, et aussitôt, il est à nouveau confronté aux intrigues de sa mère qui soulève contre lui une partie des grands vassaux, dont Eudes, comte de Blois et de Champagne, qui parvient à s'emparer de la ville de Sens et contraint le roi à se réfugier dans le domaine d'un de ses vassaux resté fidèle, le duc de Normandie, Robert "le Diable".
Aidé du Comte d'Anjou, Foulques Nerra, le roi entreprend d'assiéger son frère Robert et le comte Eudes en été 1032. L'échec de ce siège provoque une concertation entre les belligérants au cours de laquelle Robert accepte de se soumettre à la condition que la Bourgogne lui soit inféodée. L'acceptation de ces conditions par Henri 1er provoque un grave recul territorial pour le domaine royal, dont les deux premiers capétiens avaient préservé l'intégrité. Après la soumission de son frère, Henri 1er entame alors une guerre sans merci contre ses vassaux restés en rébellion, dont Eudes de Blois. Pour contenir ce turbulent baron, Henri 1er se rapproche de l'Empereur Germanique Conrad II et fort de cette alliance, il recommence le siège de Sens qui est une nouvelle fois un échec. La mort de Eudes en novembre 1037, ne terminera pas cette guerre, les fils de ce dernier Etienne et Thibault, qui se sont partagés la Champagne et la région de Blois et Chartres continue la révolte entamée par leur père. Ils seront définitivement vaincus à Nouy en 1044.
Pendant sa lutte contre Eudes, Henri 1er a également fait appel à son vassal normand, Robert le Diable et lui a donné en récompense de sa loyauté, le Vexin Français, ce qui aura pour conséquence d'encore diminuer le domaine royal. A la mort de Robert, Henri 1er soutient son fils, Guillaume le Bâtard (futur Guillaume le Conquérant) contre une révolte de barons. En dépit des accords de vassalité et de loyauté, Guillaume se révolte quelques années plus tard contre Henri 1er qui décide d'envahir la Normandie, aidé de Geoffroy Martel, Comte d'Anjou et ennemi de Guillaume.
Malgré cette coalition, Henri 1er et son allié sont vaincus à deux reprises à Mortemer en 1054 et à Varaville en 1058 par Guillaume, qui montre ainsi sa puissance par rapport à la royauté. En 1043, Henri 1er épouse Mathilde de Frise, fille de l'Empereur d'Allemagne Conrad II, mais, celle-ci décède l'année suivante sans laisser de descendance(1).
Après un long veuvage, le roi choisit comme épouse une princesse lointaine. Il envoie une ambassade dans la principauté de Kiev en 1048. En mai 1051, il épouse Anne de Kiev, fille du prince russe Jaroslaw Wladimirowich et d'Ingegarde de Norvège. Anne lui donne trois fils, Philippe né en 1052, Robert et Hugues.
Henri voyant sa santé s'affaiblir, associe au trône son fils aîné Philippe, qui n'avait alors que sept ans ; il le fat sacrer à Reims le 23 mai 1059. Ses pressentiments ne le trompèrent pas ; car il mourut le 4 août 1060, dans sa 55ème année et la trentième de son règne.
Il laisse la régence du royaume, et la tutelle de ses trois fils, Philippe, Hugues et Robert(qui mourut fort jeune) à Baudouin V, comte de Flandre, époux de sa sœur, sentant bien que la reine Anne, sans domaine et sans alliance en France, y serait sans autorité. La situation est déplorable, le royaume est fragilisé par les rébellions et son étendue s'est amoindrie par l'abandon de la Bourgogne et du Vexin Français. De plus, les grands vassaux comme le Duc de Normandie et le Comte de Flandres ont agrandit leur zone d'influence et leur pouvoir.
Anne se retire à Senlis avec le projet de vivre dans un monastère ; mais elle accorde sa main à Raoul de Péronne, comte de Crépi. Etant devenue veuve une seconde fois, elle retourne dans son pays.
Henri a laissé la réputation d'un roi juste, brave et pieux : fils d'un père excommunié, il évita soigneusement toute contestation avec la cour de Rome, et ne lui céda qu'autant que l'exigeait l'esprit de son siècle. Son successeur (Philippe Ier) ne fut ni aussi prudent ni aussi heureux.

La guerre de cent ans en Normandie

Philippe VI

La Normandie joue un rôle important durant la guerre de Cent Ans (1337-1453). Si elle n'est pas à l'origine du conflit, elle devient rapidement un enjeu entre le roi d'Angleterre et le roi de France. La richesse de la Normandie, son passé commun avec les Anglais (avant 1204, le duché de Normandie et le royaume d'Angleterre avaient le même maître), sa proximité géographique avec l’île explique cette situation particulière.

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Deux périodes se dégagent dans cette guerre de Cent Ans : Dans un premier temps, l’intervention des Anglais est épisodique puisqu’ils se contentent de lancer des chevauchées destructrices à travers la région. Toutefois, un puissant seigneur normand, Charles le Mauvais, par son ralliement à l’Anglais, allume une guerre civile qui oppose les Normands entre eux. Dans un second temps, la présence anglaise est beaucoup plus pesante puisqu’ils occupent la région pendant plus de trois décennies (1417-1450).
En 1420, le traité de Troyes fait du roi d’Angleterre l’héritier du royaume de France. La Normandie apparaît alors comme l’élément central de la France anglaise. Finalement, le roi de France Charles VII reconquiert la riche province et pardonne aux Normands qui ont collaboré avec l’ennemi. Voir le paragraphe sur Jeanne d'Arc. La Normandie retrouve la paix mais sort très affaiblie du conflit.
De 1346 à 1450, la guerre de Cent Ans a duré environ un siècle en Normandie. Certes, il n'y a pas eu cent quatre ans de combats, de sièges, de chevauchées. Les nombreuses trêves, les longs hivers interrompant les opérations militaires, réduisit ce temps. Mais pendant tout le siècle, la population a vécu dans la peur des bandes armées, dans l’insécurité, dans la crainte d'une reprise de la guerre, dans le marasme économique.
À l'ampleur des dévastations, la province répond, après 1450, par la rapidité de son relèvement.

Deux duchés importants : La Normandie et la Bretagne

La Bretagne et la Normandie ont au départ beaucoup de points communs. Ce sont deux duchés à la forte identité, qui cumulent les activités agricoles et maritimes. Les ducs de Normandie ont cependant mieux réussi que leurs voisins à établir leur autorité sur l’ensemble de leur territoire, au moyen d’une administration efficace.
Au XIIème siècle, les deux principautés font partie de l’Etat Plantagenêt, même si la Bretagne y est restée plus marginale que la Normandie.
Après 1204 et la conquête de la Normandie par le roi de France, leur destin va diverger radicalement.
Alors qu’au fil du XIIIème et du XIVème siècles, la Normandie est de plus en plus intégrée au domaine royal, la Bretagne conserve son duc et son autonomie.
Au XIVème siècle, la guerre de succession de Bretagne (1341-1365) apparaît comme un épisode secondaire dans le grand affrontement franco-anglais de la guerre de Cent Ans. Elle se termine par la victoire des Montfort, c’est-à-dire de la famille qui s’était appuyée sur le roi d’Angleterre contre le roi de France.
Au XVème siècle, on assiste à un curieux renversement. Sous Henri V et Henri VI, la Normandie est occupée plus de trente ans par les Anglais (1417-1450), alors que le duc de Bretagne reste un fidèle allié du « roi de Bourges », Charles VII. Les Bretons jouent un rôle essentiel dans le « recouvrement de la Normandie » par le même Charles VII, en 1449-1450.
Dans la deuxième moitié du siècle, le duché de Bretagne bénéficie d’une très large autonomie, proche de l’indépendance, alors que la Normandie est sérieusement reprise en main par le roi de France, Louis XI.
Il faut attendre le XVIème siècle pour voir la Bretagne intégrée à son tour au sein du royaume.

Henri V d'Angleterre (1387-1422)
Duc de Cornouailles et de Lancastre, Seigneur d'Irlande

Henry V

Il fut roi d'Angleterre de 1413 à 1422. Fils ainé du roi Henri IV, et de Marie de Bohun, Henry nait à Monmouth au Pays de Galles. Il fut élevé par son grand-oncle, Henri Beaufort, évêque de Winchester. Son père le fait Prince de Galles en 1400, puis duc d'Aquitaine. Il participe de 1402 à 1408 aux combats contre les rebelles gallois; il y révèle ses talents de chef de guerre, en même temps qu'une absence de scrupule et un mépris complet de l'éthique chevaleresque.
Henri V monte sur le trône le 21 mars 1413 et doit d'abord vaincre quelques révoltes menées par son cousin Richard d'York, puis par Mortimer; tous deux se prévalent de droits à la couronne qui ne sont ni plus ni moins solides que ceux de Henri V. Ces péripéties terminées, il s'engage tout entier dans les affaires françaises pour y faire reconnaître ses «droits». Il réclame tout l'empire Plantagenêt (Normandie, Maine, Anjou, Poitou, outre la Guyenne). Pendant qu'il négocie avec le gouvernement armagnac, il prépare diplomatiquement, militairement et psychologiquement le terrain: isolement de la France sur le plan international et recherche de l'alliance du duc de Bourgogne; formation d'une solide armée d'intervention; propagande en Angleterre pour rendre la guerre populaire, ce qui lui permet de rallier l'aristocratie à ses vues et d'obtenir taxes et emprunts des Communes.
Les négociations échouent. Henri V débarque à Harfleur en septembre 1415, écrase l'armée française à Azincourt en octobre, puis, renouant avec le passé, conquiert systématiquement la Normandie, place forte après place forte. Son succès est total. L'assassinat de Jean sans Peur, en 1419, précipite la Bourgogne dans l'alliance anglaise; Henri V peut alors obtenir d'un gouvernement français désemparé l'avantageux traité de Troyes (1420), qui fait de lui l'héritier du trône de France: en obtenant la main de Catherine de Valois, la fille du roi de France Charles VI, il obtient la régence de la France et la succession pour son futur fils.
Mais, précocement usé, il meurt le 31 août 1422, après avoir confié la régence de France à Bedford. Son fils Henri VI, âgé de un an, unit les deux couronnes. Jamais l'unité du pays n'a été aussi complète.
Deux cents ans après la mort d'Henry V, Shakespeare en fait le personnage principal d'une tragédie historique.

Le Comté puis Duché de Longueville a appartenu à divers personnages célèbres
1-Guillaume le MARECHAL (1145-1219)

Guillaume le Maréchal

Au début du XIIIème siècle, il appartient à Guillaume le Maréchal, chevalier anglais, tournoyeur réputé surnommé « le meilleur chevalier du monde », fils de Jean le Maréchal et de Sybille de Salisbury, sa seconde épouse. Le surnom de Maréchal remonte à son grand-père Gilbert le Maréchal, maréchal de la cour du roi Henri Beauclerc.
Il est placé en Normandie auprès de son cousin germain, Guillaume de Tancarville, Chambellan d'Angleterre. pour être initié à la chevalerie.
Il entre ensuite au service de Patrice de Salisbury, son oncle maternel. Il se fait remarquer en défendant vaillamment Aliénor d'Aquitaine dont le convoi, qu'il escortait, fut attaqué par le seigneur de Lusignan. Son oncle meurt au court de l'affrontement.
Il est chargé de l'éducation du roi Henri le Jeune († 1183). En 1173-1174, il le suit dans la révolte de celui-ci contre son père Henri II d'Angleterre. Pendant plusieurs années, il mène une bande de chevaliers réunis autour du jeune roi de tournoi en tournoi. À la mort de ce dernier, il escorte son corps à Rouen. Puis il part deux ans en croisade. Il est de retour en 1187, quelque temps avant la défaite de Hattin.
Le roi Henri II le prend alors à son service. Il lui accorde le fief de Cartmel dans le Lancashire. Il est l'un des derniers fidèles du vieux roi dans la lutte de ce dernier contre ses fils, au premier chef desquels le jeune Richard Cœur de Lion.
En 1189, Henri II lui avait promis la « pucelle de Striguil », promesse confirmée par Richard Cœur de Lion. Il épouse donc Isabelle de Clare (vers 1172 – 1220), fille de Richard de Clare dit Strongbow († 1176), comte de Pembroke et de Buckingham.
Isabelle était la petite-fille de Dermot, roi de Leinster, et aussi l'arrière-petite-fille de Robert de Beaumont, comte de Meulan, et de sa deuxième épouse Élisabeth de Vermandois, de la maison capétienne.
Isabelle lui apporte tous ses titres et terres : le Comté de Pembroke, la moitié du Comté de Longueville et près du quart de l'Irlande.
Régent d'Angleterre, il bat le 20 mai 1217 les troupes françaises à la bataille de Lincoln au cours de laquelle il tue le Comte Thomas du Perche.
Le grand chevalier mourut en 1219, sa femme Isabelle mourut un an plus tard.

2- Enguerrand de MARIGNY (1260-1315)

Né à Lyons-la-Forêt en Normandie dans une vieille famille de petit baronnage appelé « Le Portier », (la famille n'a pris le nom de Marigny que vers 1200, lors du mariage d'Hugues Le Portier avec Mahaut de Marigny), Enguerrand entre comme Ecuyer au service de Hugues III de Bouville, Chambellan et Secrétaire de Philippe le Bel, puis est attaché comme Panetier à la maison de la reine Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel, qui fit de lui son exécuteur testamentaire. Enguerrand épouse la filleule de celle-ci, Jeanne de Saint-Martin, dont il a trois enfants (Louis, Marie et Isabelle qui épousera Robert, fils de Robert de Tancarville) En seconde noce, il épouse Alips de Mons, qui sera inhumée à Ecouis.
En 1302, il devient Grand chambellan et principal Ministre de Philippe le Bel.
En 1305, le Comté de Longueville Philippe IV le Bel lui donne, le Comté de Longueville.
En 1306, il est envoyé pour présider la Chambre des Comptes de Normandie et reçoit de Philippe le Bel de nombreux présents et de l'argent mais aussi une pension d'Édouard II d'Angleterre. Possédant l'art de se faire bien voir, intrigant, cultivé et adroit, il est l'homme qu'il faut pour servir les plans de Philippe le Bel dont il avait la confiance. Il partage la haine que s'attire le roi dans l'opinion publique en dévaluant la monnaie. Il est son agent dans le conflit qui l'oppose à Louis, Comte de Nevers, fils de Robert III de Flandre, emprisonnant Louis et forçant Robert à abandonner Lille, Douai et Béthune.
En 1311, il est nommé Chancelier de France.

Gibet de Montfaucon

En 1314, à la mort de Philippe le Bel, Le parti féodal se retourne contre ses Ministres et surtout contre son Chambellan. Le Comté de Longueville lui est confisqué. Enguerrand est arrêté sur l'ordre de Louis X, répondant à la demande de Charles de Valois; on porte sur lui vingt-huit chefs d'accusation. Enguerrand ne se défend pas réellement face à un tribunal où l'accusateur principal n'était autre que son propre frère cadet, l'évêque Jean de Marigny. Il est condamné et pendu le 30 avril 1315 au gibet de Montfaucon (rue de la Grange-aux Belles à Paris). Son corps reste exposé au gibet pendant deux ans, jusqu'en 1317, quand un second procès le disculpe. Ses restes furent inhumées dans l'église des Chartreux de Vauvert, puis transférés vers 1326 dans la collégiale d'Écouis, qu'il avait lui-même faite construire en 1312-1313.
Louis X laisse les enfants prendre possession de l'héritage de leur père.
En 1325, sur son lit de mort, son ennemi juré, Charles de Valois, est pris de remords et ordonne qu'on distribue des aumônes aux pauvres de Paris en leur demandant de prier pour son âme et pour celle d'Enguerrand.

3- Les Comtes d'Evreux

Fibule

En 1363, le Comté de Longueville appartient à la famille des comtes d'Évreux : Louis de France (1276-1319), Philippe III de Navarre (1306-1343), Charles II de Navarre dit le Mauvais (1332/1387), jusqu'à la mort de Philippe de Navarre en 1363, frère de ce dernier.
En 1890, lors de travaux de terrassement pour la construction de l'actuelle mairie d'Evreux, découverte de 340kg de monnaies antiques (soudées entre elles par une forte chaleur). Des manuscrits, accompagnant le trésor, évoquent son origine et ses diverses cachettes : - 1er parchemin (Xème siècle) : référence au trésor monétaire et à une "fibule" (épingle de sûreté en métal) servant à fixer les vêtements sacrée appartenant aux prêtres du temple de Jupiter.
- 2ème parchemin (XIème-XIIème siècle) : référence à la fibule qui aurait composé le trésor des Rollonides (descendants du 1er prince normand, Rollon).
- 3ème parchemin (XIVème siècle) : avertit que la fibule a dû être cachée. Une tablette d'argile en 4 morceaux et un élément non identifié conserveraient le secret de la cachette.
Un passionné d'histoire Ebroïcienne se plonge dans l'étude des parchemins et résolut les énigmes. Il reconstitue la tablette d'argile et retrouve la "Fibule des Comtes d'Evreux", photo ci-dessus.

4- Bertrand du GUESCLIN (1320-1380)
Le dogue noir de Brocéliande

Il est né en 1320 à la Motte-Broons près de Dinan, mort le 13 juillet 1380 devant Châteauneuf-de-Randon, est un connétable de France d'une des plus anciennes familles de Bretagne.
Fils aîné de Robert II du Guesclin (v. 1300-1353), seigneur de la Motte-Broons et de son épouse Jeanne de Malesmains (morte en 1350), dame de Sens.

blason

Sa laideur (on dit de lui qu'il est « le plus laid qu'il y eut de Rennes à Dinan »), et sa brutalité lui valent l'opprobre paternelle, et il doit gagner le respect de la noblesse à la pointe de son épée. Il se fit remarquer dès son enfance par sa force, son habileté dans les exercices du corps et ses goûts belliqueux. Lors d'un tournoi où il a interdiction de participer, il défait tous ses adversaires, avant de refuser de combattre son père en inclinant sa lance par respect au moment de la joute (à la grande surprise de l'assemblée). Il a 15 ans.
Il se fait connaître en 1357 en participant à la défense de Rennes assiégée par Henry de Grosmont, duc de Lancastre. Eléastre de Marès l'adoube chevalier au château de Montmuran dans les Iffs, et le nomme capitaine de Pontorson et du mont Saint-Michel sur recommandation de Pierre de Villiers. Il commence à signaler sa bravoure en soutenant les droits de Charles de Blois dans ses guerres contre Jean de Montfort pour l'héritage du duché de Bretagne.
En 1360, il est lieutenant de Normandie, d'Anjou et du Maine. Il passe en 1361 au service de la France et célébre l'avènement de Charles V en avril 1364, en remportant la bataille de Cocherel contre l'armée du roi de Navarre. Le 27 mai 1364, Charles V lui offre le Comté de Longueville et le nomme capitaine général pour les pays entre Seine et Loire et chambellan de France.

Gisant

Après cette victoire, il vole de nouveau au secours de Charles de Blois en Bretagne; mais en septembre 1364 à la bataille d'Auray, malgré tous ses efforts, son parti est battu, il est fait prisonnier par John Chandos chef de l'armée anglaise. Le roi de France paie sa rançon de 100 000 livres.
En 1365, à la demande du roi de France, il délivre le royaume et entraîne les Grandes compagnies, amas de soldats indisciplinés qui ravageaient les provinces. Il les persuade d'aller combattre en Espagne, se met à leur tête, pour défendre en Espagne les droits de Henri de Transtamare qui dispute à Pierre le Cruel le trône de Castille. Il s'y couvre de gloire. Mais Pierre le Cruel appelle à son secours deux vaillants capitaines anglais, Chandos et le prince Noir. Du Guesclin est défait(1367). Il est fait prisonnier et n'est libéré que contre une forte rançon, à nouveau payée par Charles V. Il participe et venge sa défaite à la bataille de Montiel, en 1369. Il rétablit Henri sur le trône et en récompense de ces actions en Espagne, il est fait duc de Molina.
En octobre 1370, revenu en France, il est fait connétable de France par Charles V. Sa grande entreprise va être d'expulser les Anglais. Contrairement aux habitudes de la chevalerie française, il ne procède pas par grandes campagnes avec tout l'ost français, mais préfère reconquérir méthodiquement des provinces entières, assiégeant château après château. Il va chasser les Anglais de la Normandie, de la Guyenne, de la Saintonge et du Poitou.
En 1373, il participe à la campagne contre la Bretagne, avec son cousin Olivier de Mauny — chevalier banneret, seigneur de Lesnen et Pair de France, qui est nommé Capitaine général de Normandie et chambellan de Charles V en 1372.
En 1376, il reçoit la seigneurie de Pontorson en Normandie;
Charles V, ayant en 1378, confisqué la Bretagne à Jean IV de Bretagne, les soldats bretons, jaloux de l'indépendance de leur patrie, désertent l'armée de Du Guesclin, et le connétable est soupçonné lui-même de trahison. Indigné d'un tel soupçon, il renvoie aussitôt au roi l'épée de connétable, et veut passer en Espagne auprès de Henri de Transtamare; mais, apaisé bientôt par le roi, qui reconnaît son erreur, il retourne dans le Midi pour combattre encore les Anglais.
En 1380, il combat contre les Grandes compagnies en Auvergne, et il met le siège devant Châteauneuf-de-Randon : après plusieurs assauts terribles, la place promet de se rendre au Connétable lui-même, si elle n'est secourue dans les 15 jours.

Fontaine

Le 14 Juillet 1380, au lieu dit l’Habitarelle, Bertrand du Guesclin, âgé de 60 ans, meurt de congestion en buvant l’eau glacée de la fontaine "La Glauze" après avoir combattu en plein soleil.
Le gouverneur vient, la trêve expirée, déposer les clefs de la place sur son cercueil. Il avait souhaité que son corps fût rapporté en Bretagne. La route était longue, il faisait chaud et l'on décida de l'embaumer. En l'absence des embaumeurs royaux, on éviscéra et décervela le corps (au couvent des dominicains du Puy) qui fut baigné dans une mixture de vin et d'épices, mais sans obtenir l'effet escompté : quelques jours plus tard, un nuage de mouches obscurcit le cortège, suivant de près la charrette sur laquelle on avait posé le corps. Il fallut le bouillir (au couvent des dominicains de Clermont-Ferrand) dans un grand chaudron pour détacher les chairs du squelette. Celui-ci et le cœur poursuivirent leur route vers la Bretagne jusqu’à ce que le roi Charles V décide, fait presque unique pour un cadet de petite naissance, d'inviter les ossements de son défunt connétable à reposer dans la basilique royale de Saint-Denis, aux côtés des rois de France.
Sa sépulture, comme celles de la plupart des princes et dignitaires qui y reposent, fut profanée par des révolutionnaires en 1793, comme le fut aussi le tombeau contenant ses chairs bouillies (à Montferrand. Le tombeau qui contenait ses entrailles (église saint Laurent, au Puy) échappa à la profanation : l'urne avait été mise en dépot à la mairie en vue de lui donner une sépulture laïque, elle fut replacée dans l'église Saint Laurent avec son contenu et y demeure toujours.
Son cœur seul parvint en Bretagne où il fut déposé sous une dalle au couvent des Jacobins à Dinan. En 1810, la pierre tombale et l'urne contenant le cœur furent transférées dans la basilique Saint-Sauveur de Dinan.
Trois des quatre tombes sont encore visibles et ornées de monuments, celle de Montferrand a disparu lors de la Révolution française. Les gisants de St-Denis et celui du Puy permettent d'observer un personnage et un visage apparemment sculptés à la ressemblance du sujet, par ailleurs connu par des descriptions physiques et plusieurs miniatures contemporaines, insistant toutes sur la laideur et la pugnacité que révélait son visage. Il existe à Chateauneuf-de-Randon (Lozère) au lieu dit "L'Habitarelle" où se situait le campement de Dugesclin au moment de sa mort, un cénotaphe construit par subvention et souscription nationnales, dont le gisant reproduit celui du Puy.
Eustache Deschamps composa une Ballade sur le trépas de Bertrand Du Guesclin :

"Estoc d'honneur et arbre de vaillance,
Cœur de lion épris de hardement,
La fleur des preux et la gloire de France,
Victorieux et hardi combattant,
Sage en vos faits et bien entreprenant,
Souverain homme de guerre,
Vainqueur de gens et conquéreur de terre,
Le plus vaillant qui onques fut en vie,
Chacun pour vous doit noir vêtir et querre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie.
O Bretagne, pleure ton espérance,
Normandie, fais son enterrement,
Guyenne aussi, et Auvergne or t'avance,
Et Languedoc, quier lui son monument.
Picardie, Champagne et Occident
Doivent pour pleurer aquerre
Tragédiens, Aréthusa requerre
Qui en eaue fut par pleur convertie,
Afin qu'à tous de sa mort le cœur serre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie.
Hé! gens d'armes, ayez en remembrance
Votre père - vous étiez ses enfants -
Le bon Bertrand, qui tant eut de puissance,
Qui vous aimait si amoureusement;
Guesclin priait : priez dévotement
Qu'il puist paradis conquerre;
Qui deuil n'en fait et qui ne prie, il erre,
Car du monde est la lumière faillie :
De tout honneur était la droite serre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie."

On lui connaît deux unions : En 1363 à Vitré avec Tiphaine Raguenel (morte en 1373), fille de Robin III Raguenel, seigneur de Châtel-Oger, héros du combat des Trente, et de Jeanne de Dinan, vicomtesse de La Bellière. Et, en secondes noces, le 21 janvier 1374 à Rennes, avec Jeanne de Laval (morte après 1385), fille de Jean de Laval (mort en 1398), et d'Isabeau de Tinteniac. Après son veuvage, en 1380, Jeanne de Laval se remarie, le 28 mai 1384, avec Guy XII de Laval (mort en 1412), sire de Laval. On ne connaît aucune descendance légitime à Bertrand du Guesclin. En revanche, Jeanne de Laval, par son second mariage, est l'ancêtre d'un nombre incalculable de roturiers, nobles et souverains de toute l'Europe.

5- Olivier du GUESCLIN (mort en 1403)

A la mort de son frère, il reprend le titre de Comte de Longueville.

6-Famille d'ORLEANS

François 1er d'Orléans(1447-1491),
puis Louis d'Orléans-Longueville, Comte de Tancarville (1480/1516),
En 1505, la Baronnie d'Auffay est rattachée au Comté de Longueville qui est érigé en Duché, au profit de la famille d'Orléans. Se succéderont ensuite :
François II d'Orléans(1478-1512), comte puis duc de Longueville, comte de Montgommery, de Tancarville, vicomte de Melun.
Louis Ier d'Orléans(1480-1516), duc de Longueville, comte de Montgommery, prince de Châtellaillon, vicomte d'Abberville. Frère du précédent.
Claude d'Orléans(1508-1524), duc de Longueville, comte de Montgommery, de Tancarville, vicomte d'Abberville, pair de France. Fils du précédent.
Louis II d'Orléans(1510-1536), duc de Longueville, comte de Montgommery, de Tancarville, vicomte d'Abberville, pair de France. Frère du précédent.
François III d'Orléans(1535-1551) Le Petit Duc , duc de Longueville, comte de Montgommery, de Tancarville, vicomte d'Abberville, comte de Neufchâtel, pair de France.
Léonor d'Orléans(1540-1573), duc de Longueville, prince de Châtellaillon, marquis de Rothelin, comte de Montgommery et de Tancarville, vicomte d'Abberville, de Melun, comte de Neufchâtel et de Valangin.
Henri Ier d'Orléans (1568-1595), duc de Longueville, prince de Châtellaillon, comte de Neufchâtel et de Valangin, pair de France. Fils du précédent.
Henri II d'Orléans(1595–1663), aussi appelé Henri II de Valois-Longueville, de la maison Orléans-Longueville, prince de France, pair de France, duc de Longueville, d'Estouteville et de Coulommiers, prince et souverain de Neuchâtel et de Valangin, prince de Châtellaillon, comte de Dunois, gouverneur de Picardie puis de Normandie. Fils du précédent.
Jean Louis Charles d'Orléans-Longueville (1646-1694), duc de Longueville, prince de Châtellaillon, de Neufchâtel et de Valangin, duc d'Estouteville, comte de Saint-Pol, pair de France. Fils du précédent.
Charles-Paris d'Orléans-Longueville (1649-1672), duc de Longueville, prince de Châtellaillon, de Neufchâtel et de Valangin, duc d'Estouteville, comte de Saint-Pôl, pair de France. Frère du précédent....

La baronnie de Cleuville

Le fief de la baronnie de Cleuville est cité dès 1154. Il est longtemps sous la dépendance du duché d’Estoutteville.

Les évêques de Rouen

Mitre

Les raids vikings au IXe siècle ont causé la perte de nombreuses archives en Normandie. La liste des évêques de Rouen a donc été reconstituée a posteriori, d'où quelques lacunes et l'inclusion de personnages légendaires comme les deux premiers évêques : Saint Nicaise et Saint Mellon. Avitien est le premier évêque attesté historiquement puisque sa présence est connue au concile d'Arles en 314. Rouen est l'un des plus anciens évêchés connus de Gaule.

Jean de BETHENCOURT (1362-1425)

Gentilhomme, Baron de St-Martin-le-Gaillard (dans le comté d'Eu), Chambellan de Charles VI. Originaire de Grainville-la-Teinturière, petite ville du pays de Caux, fils de Jean III de Béthencourt et de Marie de Bracquemont. Son père est tué à 30 ans à la bataille de Cocherel sous les ordres de Du Guesclin contre Charles le Mauvais, roi de Navarre, allié des anglais.
La devise de Jean de Béthencourt était "De Forti Dulcedo", ce qu'on peut traduire : "la force par la douceur".

Expédition 1402

Jean de Béthencourt

En 1377, Jean de Béthencourt entre au service du frère du roi Charles V, puis en 1387, au service du frère du roi Charles VI.
En 1390, il participe avec Gadifer de la Salle à une expédition contre les pirates berbères organisée à la demande de Gênes par Louis d’Orléans, frère de Charles VI. Il rend compte de l’importance que pourrait revêtir pour le monde chrétien la possession des Iles Canaries.
En 1392, il épouse Jeanne du Fayel. Il est alors chambellan de Charles VI et est cité en 1393 comme l’un des cinq premiers personnages du Royaume.
En 1402, grâce à une avance financière de son cousin Robert de Bracquemont, amiral du roi de Castille, contre une hypothèque de tous ses biens, Jean de Béthencourt entreprend la conquête des Iles Canaries à titre privé, avec l’accord et l’appui du roi de Castille et du Pape. Il associe à son expédition Gadifer de la Salle, seigneur de Ligron en Vendée. Le départ a lieu de la Rochelle le 1er mai 1402, ils conquièrent les îles de Lanzarote et de Fuerteventura et fondent Rubicon (Lanzarote) et Betancuria (Fuerteventura).
En 1404, Gadifer de la Salle, en désaccord avec lui, abandonne l’expédition et rentre en France.

Exposition Ingrid Betancourt

En 1405, Jean de Béthencourt revient à Grainville, puis repart d’Harfleur avec un groupe de paysans, d’artisans et d’hommes d’armes qui vont s’installer aux Canaries. Les descendants de ces cauchois sont les actuels « Bethencourt, Betancor, etc.… » des Canaries et d’Amérique Latine. Jean de Béthencourt semble résider principalement aux Canaries jusqu’en 1411, puis en Espagne jusqu’en 1414. En 1415, il se trouve à Grainville lorsque les anglais débarquent à Harfleur.
En 1418, Bloqué en Normandie par l’occupation anglaise et dans l’impossibilité de communiquer avec ses îles, il donne pouvoir à Maciot de Béthencourt, son neveu et son représentant aux Canaries résidant à Teguise, pour faire donation des Canaries à Don Enrique de Guzman, comte de Niebla, vassal du roi de Castille. C’est la fin de la conquête normande.
Les dernières années de la vie de Jean de Béthencourt sont assombries par de grandes difficultés financières.
En 1419, après la capitulation de Rouen devant les anglais, Jean de Béthencourt se rend à Rouen pour faire sa déclaration d’hommage de tous ses biens à Henri V, roi d’Angleterre. Il réside alors à Grainville sous garde anglaise.
Il meurt en 1425 au château de Grainville et est enterré devant le maître-autel de l'église de Grainville. Son neveu Maciot meurt à Madère où y a encore de nos jours de nombreux Béthencourt.
Le 3 novembre 2007, la "Première journée Béthencourt" a lieu à Grainville avec la participation d'une centaine de Béthencourt, Bettencourt, Betancourt ..... sur les terres de leur ancêtre. Une conférence est donnée par Astrid Betancourt, autour de l'exposition organisée par le comité de soutien à Ingrid Betancourt, sa soeur, prisonnière des FARC en Colombie depuis 2002.
Lire "Marins de France et conquérants d'empires" du Contre-Amiral Hubert Granier, aux Éditions Maritimes et d'Outre-mer - Ouest-France, 1990.

Pierre II de BECDELIEVRE

Il est chevalier, marquis d’Hocqueville, président de la Chambre des Comptes de Normandie, et seigneur de Cany le 30 juin 1713. En 1692, il fonde l’hôpital de Grainville-la-Teinturière et le confie aux religieuses de la Charité en 1704. Il meurt le 14 octobre 1726, sans enfants de Françoise Le Boultz, et est enterré dans l’église de l'hôpital.

La peste

Médecin

(du latin pestis atra, la mort horrible) est une maladie causée par la bactérie Yersinia pestis qui affecte aussi bien les animaux que les hommes. Elle est principalement véhiculée par un rat : le Rattus rattus, qui la transmet à l'homme par l'intermédiaire de puces infectées (puce du rat Xenopsylla cheopsis). Le bacille responsable de la maladie fut appelé Yersinia pestis car il fut découvert par Alexandre Yersin (Institut Pasteur) en 1894. Les rongeurs sauvages constituent le réservoir naturel de la maladie. Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent infecter l'humain par contact avec un animal infecté ou morsure d'un animal infecté.
En raison des ravages qu'elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts.

Enguerrand de MONSTRELET (1390-1453)

Originaire du village de Montrelet, situé près de Doullens, il descendrait de Jean d'Enguerran, seigneur de Monstrelet. Bâtard de bonne maison, Enguerrand porta les armes. Il fut l'objet d'une lettre de rémission du roi d'Angleterre Henri IV (1424) pour un détroussement de marchands de la région dont il s'était rendu coupable.
A partir de 1436, Il est percepteur au service de la maison de Luxembourg à Cambrai, où actuellement une rue porte son nom. En 1440, il est prévôt "en la noble cité de Cambrai, ville séant en l'empire d'Allemaigne", puis bailli de Walincourt. A partir de cette date, il entame la composition de sa Chronique et y travaillera jusqu'à sa mort.
Sa chronique relate les évènements de 1400 à 1444 et comprend deux livres. En ce qui concerne Jeanne d'Arc, il raconte qu'il se trouvait à Compiègne avec le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, lorsqu'elle fut prise. Il en parle assez légèrement. Il accepte les calomnies des Anglo-Bourguignons mais convient de sa "grand vaillance." Il était présent à l'entrevue de Jeanne et de Philippe le Bon mais "ne se souvient de rien"... Il ne dit rien non plus du procès de Rouen et garde un silence complet sur l'ignoble marché par lequel Jean de Luxembourg, son héros, livra Jeanne aux Anglais.
Nous lui devons des renseignements précieux sur la création de l'ordre de la Toison d'or (en 1429) et sur la vie et les fastes de la cour de Bourgogne.
Par l'exactitude et la variété de ses informations, par les détails précis qu'il donne, par les relations personnelles qu'il a eues avec plusieurs des acteurs principaux de ces temps, sa Chronique est une source précieuse pour l'histoire de la première moitié du quinzième siècle, bien qu'elle soit souvent critiquée pour sa partialité, car il était bourguignon de coeur.
Les restes de Monstrelet, retrouvés en 1959 dans la chapelle des Récollets à Cambrai, furent réinhumés en 1962 près du portail.

Jean de LUXEMBOURG, (1392-1441)

Il fut comte de Guise de 1425 à 1441 et de Ligny-en-Barrois de 1430 à 1441. Il était fils de Jean de Luxembourg (1370 † 1397), seigneur de Beauvoir, et de Marguerite d'Enghien, comtesse de Brienne et de Conversano, et petit-fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny, et de Mahaut de Châtillon, comtesse de Saint-Pol.
Au début de sa carrière, il se mit au service de Philippe le Bon duc de Bourgogne, qui le nomma gouverneur d'Arras en 1414. En 1418, il délivra Senlis assiégé par les Armagnacs, puis fut gouverneur de Paris de 1418 à 1420. Puis il se tourna vers la terre de Guise. Il se fit confirmer ses droits par le duc de Bedford, régent de France au nom de son neveu Henri VI, et prit le château en 1425.
En 1430, il défendait Compiègne que Jeanne d'Arc tentait de prendre. Au cours d'une sortie, un de ses vassaux la fit prisonnière et la livra aux Anglais.
En 1435, il refusa de signer le traité d'Arras, qui mettait fin au conflit franco-bourguignon. Charles VII était sur le point de monter une opération pour le mettre au pas, quand il mourut en 1441. Le roi de France confisqua alors ses possessions, mais finit par les rendre à titre viager au neveu et héritier de Jean de Luxembourg.
Il avait épousé en 1418 Jeanne de Béthune, fille de Robert VIII de Béthune, vicomte de Meaux, et de Jeanne de Barbançon, mais n'avait pas eu d'enfant.

Villard de HONNECOURT

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Cet homme du XIIIème siècle, maître d'œuvre et dessinateur, nous a laissé un carnet exceptionnel composé de notes et de croquis. La précision des schémas, la qualité des esquisses, l'exactitude des plans sont remarquables. Le Carnet ne traite pas seulement de la construction des cathédrales mais plus généralement des techniques de construction de l'époque ; on y trouve les plans de la tour de Laon, l'élévation intérieure des chapelles absidales de la cathédrale de Reims ainsi que des motifs décoratifs, tels une rose rappelant celle de Chartres ou un pavage vu en Hongrie. Les connaissances techniques se cachent souvent derrière des figures énigmatiques, cavaliers, visages humains ou figures animales.

Guillaume DUFAY (1400-1474)

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Il reçoit sa formation musicale à Cambrai, ville alors renommée pour la musique sacrée et qui fournit des musiciens au Vatican. En 1419, alors qu’il fait partie de la suite de l’évêque Pierre d’Ailly au concile de Constance (Allemagne), il rencontre le Prince Carlo Malatesta, qui le prend à la cour de Rimini. Il y compose ses premiers motets, est chantre à la chapelle papale en 1428 et est ordonné prêtre. Il sert la famille d'Este et séjourne à la cour de Savoie entre 1425 et 1428 puis à Rome jusqu'à 1433 avant de partir pour Chambéry, Florence(où il compose en 1436 le motet « Nuper rosarum flores » pour l’inauguration du nouveau dôme), Ferrare, Genève, Lausanne (dont il devint chanoine de la cathédrale en 1431), enfin il retourne à Cambrai en 1439, où il dirige une maîtrise d’enfants. Il s'y retire définitivement en 1458 en servant à la cathédrale.
En 1437, une lettre du pape mentionne qu'il est bachelier en droit.
Musicien le plus célèbre d'Europe au XVe siècle, estimé des monarques — notamment de Charles VII et Louis XI — Dufay a marqué le début de l'école franco-flamande, dont le rayonnement perdura jusqu'à la fin du XVIe siècle. En combinant avec brio l'Ars nova de Guillaume de Machaut, l'harmonie anglaise de John Dunstable et la mélodie italienne, sa musique a annoncé le madrigalisme et la musique de la Renaissance.
Ses oeuvres Dufay acquit une grande renommée par la qualité de ses rondeaux, tels "Donnez l'assaut à la forteresse" ou "La plus mignonne de mon cœur". Précurseur d'Ockeghem ou Josquin Desprez, il utilisa des thèmes profanes pour certaines de ses messes, telle la célèbre "L'Homme armé". Il fut le premier à composer un Requiem, dont la partition est hélas perdue, ainsi que des cycles complets pour l'Ordinaire de la messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus. Il composa 83 ballades, chansons polyphoniques, virelais et rondeaux, 76 motets, neuf messes et un Requiem.

François de SALIGNAC de LA MOTHE FÉNELON (1651-1715)

Fénelon

Né au château de Fénelon, en Périgord. Précepteur du Dauphin, le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, en 1689, il fut nommé archevêque de Cambrai en 1695. Il est le premier archevêque de France.
Lorsqu’il se présente à l’Académie Française, il n’a composé qu’un ouvrage "de l’Éducation des Filles"; il est élu le 7 mars 1693 au fauteuil 34.
Ami de Bossuet, il eut avec lui une controverse qui dura trois ans et au bout de laquelle il tomba sous l’accusation de "quiétisme". Condamné en 1699 par la cour de Rome, il fut prié par Louis XIV de ne plus quitter son diocèse. En exil à Cambrai, il n'en demeura pas moins un observateur politique éminent, mais surtout un prélat attentif à tout ce qui se passait dans son diocèse, dans lequel le recrutement sacerdotal était alors pléthorique (il y avait 1,75 curé pour 1.000 habitants). Il intervint à de nombreuses reprises auprès de l'intendant, sur des sujets divers, notamment économiques et fiscaux, veilla aux bonnes moeurs, à la borne tenue et à la discipline des maisons monastiques et collégiales, réclama rigueur contre les prêtres ignorants. Il s'occupa des pauvres, visita les hôpitaux, et, après le rigoureux hiver de 1709, et la sanglante bataille de Malplaquet, il offrit même sa propre vaisselle d'argent pour soulager la misère et les malheurs du Royaume.
Fénelon prêcha à quinze ans, fut un écrivain religieux et un philosophe chrétien mystique. Il a laissé cinquante-cinq ouvrages, dont deux au moins le placent au premier rang de nos gloires littéraires, le Traité de l’existence de Dieu et Télémaque.
En 1715, malade de la commotion ressentie dans un accident de voiture, il en mourut six jours après à Cambrai.

Guillaume DUBOIS (1656-1723)

Guillaume Dubois

Né à Brive (Limousin), fils d’un apothicaire, il devient sous-précepteur du duc de Chartres, futur duc d’Orléans et régent, dont il encourage les goûts libertins.
Il est membre du Conseil de Régence, ambassadeur à La Haye, il oriente la France vers l'alliance britannique, aidé en cela des renseignements de sa maîtresse en titre, Madame de Tencin, qui, par son fameux salon littéraire et politique, était au fait des dessous de cartes de la politique anglaise. Il conclut la Triple alliance de la France, de l’Angleterre et de la Hollande contre l’Espagne, avec Georges Ier, en 1717. Il est nommé ministre des Affaires étrangères en 1718, archevêque de Cambrai et cardinal en 1719, premier ministre en 1722. Il préside l’assemblée générale du clergé en 1723.
L’année précédente, il avait fait dire aux membres de l’Académie française qu’il «ne rougirait pas d’être leur confrère», il fut nommé, le 26 novembre 1722, en remplacement d’André Dacier au fauteuil 28. Il fut reçu le 3 décembre de la même année par Fontenelle, et exigea de celui-ci, comme de tous les autres académiciens, l’appellation de « Monseigneur » disant qu’elle s’adressait au cardinal non au ministre.
Il fit également partie de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Inscriptions.
Doté de sept abbayes, il amasse une honnête fortune (dix millions de livres) et tente de promouvoir sa famille. On lui prête une vie dissipée.
Il meurt le 10 août 1723 et laisse des Mémoires et une Correspondance.

Adolphe Edouard Casimir Joseph MORTIER (1768-1835)

Mortier

Né à Cateau-Cambrésis (Nord) le 13 février 1768, il est le fils d'Antoine-Charles-Joseph Mortier, député aux États généraux, et de Anne-Josèphe Bonnaire.
Il est sous-lieutenant des carabiniers en 1791, puis capitaine dans le 1er bataillon des volontaires du Nord, adjudant général en 1793, général de division en 1799. Il s’empare du Hanovre et est nommé maréchal de France en 1804 et mis à la tête d’un corps d’armée en 1805 où il se couvre de gloire près de Léoben. Il assiste à Friedland, et à la paix de Tilsitt en 1807.
Il est nommé gouverneur général de la Silésie, reçoit une dotation de 100.000 francs de rente avec le titre de duc de Trévise. En 1808, il prend le commandement du 5e corps en Espagne, si distingue au siège de Saragosse, bat 60.0000 espagnols à Ocana en 1809 avec des troupes deux fois moins nombreuses.
En 1812, lors de la campagne de Russie, Napoléon lui confie le commandement de la jeune garde, le nomme ensuite gouverneur du Kremlin. Lors de la terrible retraite, il est attaqué à la Bérézina et sauve les débris de la grande armée avec le maréchal Ney.
Il prend part à la campagne de 1813, se bat à Lutzen, Bautzen, Dresde, et Leipzig. En 1814, il lutte vaillament pendant la campagne de France contre les alliés près de Langres, puis autour de Paris. Après l’abdication de l’Empereur, il se rallie à Louis XVIII, qui le fait chevalier de Saint-Louis et pair de France.
Il reprend du service aux Cent-Jours mais doit quitter la campagne pour des raisons de santé avant la bataille de Waterloo.
Membre du Conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, il se déclare incompétent.
Plus tard, il fut ministre de la guerre de Louis-Philippe.
Il périt dans l’explosion de la machine de Fieschi, sur le boulevard du Temple à Paris le 28 juillet 1835.

Henri Émile Benoît MATISSE (1869-1954)

Matisse

Considéré comme un des plus grands peintres français du XXème siècle, il est né le dernier jour de l’année 1869, à Cateau-Cambrésis dans le Nord de la France.
Il ne montre dans sa jeunesse guère d’intérêt pour les arts, mais monte à Paris en 1887 pour des études de droit. En 1890, pendant sa convalescence après un opération de l’appendicite, il passe le temps, en s’essayant à la peinture avec des couleurs à huile achetées par sa mère. Fasciné, il commence en 1891 à étudier les arts avec le peintre et pédagogue Adolphe Bouguereau à l’Académie Julian, qu'il quitte pour un artiste plus flexible, Gustave Moreau, qui a aussi Georges Rouault comme élève. Matisse excelle comme copiste, mais quand il découvre les toiles de Pissarro, Cézanne, Monet, Van Gogh et Gauguin, la vie facile de copiste perd tout intérêt pour lui. Il commençe à expérimenter, avec les contributions révolutionnaires de l’impressionnisme et du pointillisme, et à développer une approche radicalement nouvelle de la couleur.
Ses peintures, avec leurs larges surfaces de couleurs plates et pures, irritent la critiques. Malgré cela, il trouve à l’étranger des acheteurs pour ses tableaux.
Dans la sensationelle "Armory Show" de 1913 à New York qui introduit l’art moderne européen aux Etats-Unis, Matisse est représenté par treize peintures. Le chef-d’oeuvre de cette première période est une séries de grandes toiles intitulées "La Danse" (1910).
Matisse cesse ses relations avec les fauvistes vers 1907 et n'appartiendra plus jamais à aucune école ni mouvement, étant convaincu qu’un artiste ne doit pas devenir prisonnier d’un style ou de sa réputation.

Nu bleu (1952)

Il prouve une étonnante versatilité, passant d’un style austère et géométrique qu’il adopta sous l’influence du cubisme ("Les Marocains" en 1916, "La Leçon de Piano" en 1917), à des peintures opulentes et décoratives. Il voyage beaucoup : au Maroc ("Odalisques" et arabesques), en Corse, en Italie, en Espagne, à Tahiti, et chaque fois il ramene de nouvelles couleurs, de nouvelles formes, souvent exotiques, de nouvelles images qu’il ajoute à son langage.
Matisse se marie en 1898 et s’établit avec sa famille dans la banlieue de Paris. En 1941, à la suite d’une opération intestinale, il reste à demi paralysé, il s’établit définitivement à Nice, continuant de peindre et surtout de réaliser à partir de 1944, quand il est souvent cloué au lit, des "découpes"(collages sur support blanc à partir de papiers de couleurs intenses). Ces oeuvres constituent l’accomplissement de sa démarche pour libérer les couleurs de leur fonction traditionnelle et pour en faire le fondement d’un nouvel art décoratif d’une exceptionnelle originalité.
Il meurt à Nice, le 3 novembre 1954, ayant joui pendant de longues années d’une popularité internationale, de la faveur des collectionneurs, des critiques d’art et des jeunes générations d’artistes. Il laisse derrière lui une oeuvre immense dans tous les domaines des arts, la peinture, la sculpture ("La Serpentine" en 1909), la gravure, la lithographie. Il réalise aussi des dessins pour des tapisseries, des décors pour plusieurs ballets de Sergei Diaghilev et des illustrations pour des livres, notamment les "Poésies" de Stéphane Mallarmé en 1932. Son ultime chef-d’oeuvre est la décoration complète : vitraux, meubles et peintures murales pour la Chapelle des Dominicains à Vence, où il a possédé une villa de 1943 à 1948.

Louis BLERIOT (1872-1936)

Blériot

Constructeur de lanternes d'automobiles, d'avions et de motocyclettes et pilote français né à Cambrai. Ingénieur de l'École Centrale (promotion 1895), il vole pour la première fois en 1907 dans un avion de sa conception. Il est titulaire du premier brevet de pilote, délivré en France en 1910.
Louis Blériot fabrique de nombreux modèles d'avions : Blériot V, construit en 1907, (monoplan à aile de canard), Blériot VI en juin 1907 (monoplan à ailes tandem, surnommé la Libellule qui réussit quelques vols), Blériot VII en septembre 1907 (monoplan entraîné avec un moteur Antoinette de 50 CV, hélice à quatre pales), Blériot VIII, construit entre février et juin 1908 avec le Blériot VII, il est proche par sa forme du Blériot XI, mais les ailerons de bord de fuite sont remplacés par des parties pivotantes, il est détruit le 24 novembre 1908.
Il est le premier à traverser la Manche, le 25 juillet 1909, en décollant au lever du soleil, condition exigée par le Daily Mail, journal britannique à l'origine du défi, qui lui remet à l'arrivée la somme de 25 000 francs-or mise en jeu. La traversée s'effectue en 37 minutes, reliant Les Barraques près de Calais, à Douvres, aux commandes du Blériot XI, conçu en collaboration avec Raymond Saulnier, équipé d'un moteur à soupapes passives à 3 cylindres en éventail développant 25 chevaux, fabriqué par Alessandro Anzani.
Le village Les Baraques, faisant parti de la commune de Sangatte, s'appellera plus tard Blériot-Plage en son honneur.

Moto

En 1910, il construit l'Aérobus qui inaugure l'ère du transport de passagers. Son pilote d'essai Léon Lemartin bat le record du monde avec 7 passagers.
Il rachète les usines SPAD en 1914, et produit beaucoup d'avions pendant la Première Guerre mondiale (environ 10 000), animés par des moteurs Gnome.
Ses succès en aéronautique lui amènent des commandes militaires pour la guerre de 1914-1918, il s'agrandit pour produire davantage mais l'Armistice annule de nombreuses commandes. Il développe son activité moto, avec un succès très mitigé et produit, de 1920 à 1923, une 500 cm³ bicylindre attelable à un side-car, avec 3 vitesses, soupapes latérales, transmission par courroie et roues pleines.

Auguste HERBIN (1882-1960)

Herbin

Il est né le 29 avril 1882 à Quiévy. Fils d’un tisseur. En 1883 sa famille s'installe au Cateau-Cambrésis (Nord) où il passe toute sa jeunesse.
Des 1886, il obtient une médaille d'or au cours de dessin à l'école communale du Cateau-Cambrésis et l'année suivante une médaille de vermeil. En 1899, l'obtention d'une bourse lui permet de s'inscrire à l'école des Beaux-Arts de Lille (atelier de Pharaon de Winter). Un premier voyage à Bruges avec l'école des Beaux-Arts en 1901, puis il rejoint l'école des Impressionnistes à Paris, puis celle des Fauves (natures mortes). Il habite rue Beauregard non loin de la Butte Montmartre.
Il commence à peindre dans la manière impressionniste.
Il entreprend de fréquents voyages à Meaux (1909), à Bruges (1905,1908), en Corse (1907), en Hollande (1908). Il fait des séjours plus ou moins prolongés au Cateau-Cambrésis (1909,1910,1917,1921), à Créteil (1909,1911), à Hardricourt (1911), à Céret (1913,1920), à Condé-sur-Aisne (1914), à Sisteron (1924) et à Vaison-la-Romaine (1924,1925).

Pape 1948

A partir de 1913, touché par le Cubisme, il donne aux formes une géométrie angulaire et produit ses premières oeuvres cubistes, mais il a une période figurative dans les années 1922-25. En 1915, Léonce Rosenberg le prend sous contrat après lui avoir acheté déja plusieurs toiles l'année précédente. En 1916, Herbin décore une chapelle au camp militaire de Mailly (Champagne) et effectue en 1917 des travaux de camouflage dans une usine de guerre de la région parisienne. Il finit par devenir abstrait à partir de 1918. En 1922, il se marie à la Mairie du XVIIIème arrondissement de Paris. En 1927, il découvre l’abstraction géométrique «pure», de tendance monumentale, qui sera désormais la sienne. En 1931 il est à l’origine avec Vantongerloo, de la création du groupe Abstraction-Création; depuis lors sa peinture en aplat de couleurs pures est totalement géométrique, formée de carrés, de cercles et autres figures. En 1946, il élabore son concept de "L'alphabet plastique" (juxtaposition de formes pures et géométriques empruntées aux caractères de l'alphabet ou sensées évoquer quelques sonorités musicales). Fin 1948, il publie un résumé de ses théorie : "L'Art non figuratif - non objectif". Celui-ci deviendra l'une des références majeures de la peinture abstraite de l'époque.
Malgré cela, ce n'est que très tard dans sa vie que Herbin pourra commencer à vivre confortablement de sa production. En outre, devenu hémiplégique en 1953, il se voit forcé de peindre exclusivement de sa main gauche.
Il meurt à Paris le 321 janvier 1960.

Wilfred OWEN

Owen

Ainé de quatre enfants, Owen est né à Plas Wilmot, près de Oswestry dans le Shropshire. Il était d'ascendance anglaise et écossaise. Il a été éduqué au "Birkenhead Institute" et à la "Shrewsbury Technical School" et a découvert sa vocation en 1903 ou 1904 durant un séjour de vacances dans le Cheshire. Owen a reçu une éducation anglicane à l'école évangélique. Il est d'abord influencé par John Keats et, comme beaucoup d'écrivains de cette époque, par la Bible.
En 1911, Owen entre à l'Université de Londres mais sans avoir pu obtenir de bourse. Avant le début de la guerre, il travaille comme répétiteur en anglais à l'école de langues Berlitz de Bordeaux. Le 21 octobre 1915, il s'enrôle pour défendre la liberté des peuples dans le régiment des Artists' Rifles, il a 22 ans. Il suit un entraînement de sept mois au camp de Hare Hall dans l'Essex. En janvier 1917, il reçoit le grade de sous-lieutenant au Manchester Regiment. Après quelques expériences traumatisantes, on diagnostique chez lui un syndrome commotionnel (shell shock) et il est envoyé en traitement à l'hôpital militaire de Craiglockhart à Edimbourg. C'est là qu'il rencontre le poète Siegfried Sassoon, qui eut une grande influence sur lui.
De retour au front, Owen emmène le 1er octobre 1918, des unités du Second Manchesters à l'assaut de positions ennemies près du village de Joncourt. Il est tué le 4 novembre 1918 à Ors près du Cateau-Cambrésis, une semaine presque à l'heure près avant l'armistice. Sa mère fut avertie de sa mort alors même que les cloches de la paroisse sonnaient pour l'Armistice. Il avait 25 ans.
La compagnie du 2ème Manchesters se reposait dans la maison forestière d'Ors. Simple répit... L'état-major voulait reprendre des positions sur la rive droite du canal Sambre-Oise. Il fallait assembler et lancer des passerelles sur le canal sous le feu des Allemands retranchés de l'autre côté. A 6 heures du matin, en profitant de l'obscurité et du brouillard, les gars du génie ont mis à l'eau leurs flotteurs de liége. C'est alors que tout à coup le brouillard s'est levé et que les Allemands ont mitraillé toutes la compagnie.
Il repose avec tous ses camarades d'armes du 2ème Manchesters près du Cateau-Cambrésis à Ors.

Henri de LUBAC (1896-1991)

Henri de Lubac

Théologien catholique et prélat français, né à Cambrai le 20 février 1896. Il entre dans la Compagnie de Jésus en 1913, à l'âge de 17 ans, et passe son noviciat sur l'île de Jersey, les congrégations étant bannies de France depuis 1905.
Il combat pendant la Première Guerre mondiale, où il est gravement blessé à la tête en 1917. L'expérience des tranchées le hantera toute sa vie. En 1927, il est ordonné prêtre. Après son cursus d'études, il devient en 1929 professeur de théologie fondamentale à la Faculté catholique de Lyon.
En 1938, il publie son premier livre "Catholicisme les aspects sociaux du dogme".
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance et participe à la création des Cahiers du Témoignage chrétien. En 1942, il fonde avec Jean Daniélou la collection de patrologie, Sources chrétiennes. En 1946 paraît "Surnaturel", études historiques, qui fait scandale. On le soupçonne de modernisme. L'encyclique Humani generis de 1950 semblant le viser directement, il est interdit d'enseignement par le général des Jésuites, et ses livres sont retirés des écoles et instituts de formation. Il quitte alors Lyon pour Paris et continue à écrire.
Ce n'est qu'en 1958 qu'il est autorisé à reprendre ses cours. Il s'intéresse à l'exégèse médiévale, en particulier à la théorie des quatre sens. En 1960, il est nommé par Jean XXIII consultant de la Commission théologique préparatoire à Vatican II. La véritable réhabilitation est sa nomination en tant qu'expert du concile. Il devient alors un théologien écouté et respecté, ce qui aboutit en 1983 à sa nomination au cardinalat par Jean-Paul II. Inquiet des dérives post-conciliaires, il explique sa vision du concile dans "Paradoxe et Mystère de l'Église" en 1967 et "Entretien autour de Vatican II. Souvenirs et réflexions" en 1985.
Malgré son grand âge, il continue à écrire, ne cédant que face à la maladie, la paralysie et la perte de la voix. Il meurt en 1991 à l'âge de 95 ans.

Édouard DEPREUX (1898-1981)

Depreux

Homme politique français, né le 31 octobre 1898 à Viesly (Nord) et décédé le 16 octobre 1981 à Paris. Il fut député et ministre sous la IVe République.
Il participe aux combats de la Première Guerre mondiale en 1917. Il est gazé et décoré de la Croix de guerre. Il adhère à la SFIO à l'âge de 20 ans. Après des études de philosophie, de droit et de lettres, il devient avocat. Socialiste influencé par Jean Jaurès et Jean Longuet, il devient conseiller municipal à Sceaux (1935) puis conseiller général de la Seine (de 1938 à 1941). Il entre dans la Résistance, siège au comité directeur clandestin de la SFIO et participe à la rédaction du Populaire clandestin.
À la Libération, il est maire de Sceaux, mandat qu'il occupe jusqu'en 1959, et membre de l'Assemblée consultative provisoire. Il est élu député en 1946 et siège au Parlement jusqu'en 1958.
Il est ministre de l’Intérieur de juin 1946 à novembre 1947, il rend public le complot d’extrême-droite dit du Plan Bleu visant à renverser la République, le 30 juin 1947.
Hostile à la CED et anticolonialiste, il prend ses distances avec la SFIO. Par deux fois, il préside le groupe parlementaire socialiste de l'Assemblée nationale. Il s'oppose à de Gaulle lors du vote d'investiture de 1958. Il participe à la création du Parti socialiste autonome (PSA) devenu Parti Socialiste Unifié (PSU) et en est le secrétaire national de 1960 à 1967.

Pierre NORD né André BROUILLARD (1900-1985)

Pierre Nord

Militaire, écrivain et scénariste français (policiers et espionnage) né le 15 avril 1900 au Cateau-Cambrésis (Nord).
Son destin de spécialiste de l'espionnage se révèle très tôt. Sa ville étant occupée par les troupes allemandes de 1914 à 1918, il se livre à la collecte de renseignements pour les alliés en observant les mouvements de trains allemands. Il est arrêté par l'occupant à Saint Quentin en 1916. Condamné à mort, il est grâcié en raison de son jeune âge et envoyé dans un Strafbataillon (bataillon disciplinaire).
La fin de la guerre lui permet de reprendre ses études. Elève à l'école militaire de Saint-Cyr de 1920 à 1922, il entame une carrière d'officier des chars. Admis à l'École Supérieure de Guerre de 1932 à 1934 et diplômé de l'École Libre de Sciences Politiques, il se distingue au Maroc où il est blessé.
Il entre au Deuxième Bureau (service militaire de contre-espionnage)et publie son premier roman en 1936, "Double crime sur la ligne Maginot". Son deuxième ouvrage, "Terre d'angoisse" en 1937. Ses deux livres auront un grand succès et seront immédiatement adaptés au cinéma.
Pierre Nord devient ensuite chef des services spéciaux des 9ème et 10ème armées lorsqu'il est fait prisonnier (à nouveau) par les troupes allemandes en 1940. Il s'évade et devient un des animateurs de l'armée secrète en dirigeant en 1943 le réseau Eleuthère.
À la Libération, il participe à un troisième film "Peloton d'exécution" tiré de son roman éponyme en 1944-45. Puis il quitte l'armée en 1945 pour se consacrer à la littérature.
Il publie de très nombreux romans policiers, d'aventure et surtout d'espionnage, sans atteindre toutefois la qualité littéraire de son alter-ego britannique Eric Ambler. Ses livres, sans doute trop datés, n'ont pas été réédités depuis plusieurs décennies.
Il est aussi l'auteur d'ouvrages historiques et de récits sur la guerre secrète : "Mes camarades sont morts" et "L'intoxication", explicitant notamment les manoeuvres des alliés pour tromper Adolf Hitler sur le projet de débarquement en Normandie.
Mais dans les années quatre-vingts, alors que la «guerre froide» est en train de se finir, Pierre Nord n’a plus la cote. Il dérange avec ses affaires d’espions et son regard parfois trop lucide sur l’actualité. Il s’éteint le 9 décembre 1985 à Monaco où il réside depuis de longues années.

René DUMONT (1904-2001)

Dumont

Figure emblématique de l’écologie politique française, il fût le premier candidat à l’élection présidentielle sous l’étiquette de l’écologie. L’homme à l’éternel pull rouge, est né le 13 mars 1904 à Cambrai (Nord) au 19, allée Saint-Roch. Son père était professeur en agriculture, son grand-père agriculteur et sa mère directrice du collège de jeunes filles d'Arras durant la première guerre mondiale.Il est diplômé ingénieur agronome de l'Institut national agronomique (INA).
Commençant sa carrière au Viêt Nam en 1929, il se révolte contre le colonialisme et revient à Paris pour occuper la chaire de professeur d'agriculture comparée de 1933 à 1974 à l'INA puis à l'Institut national agronomique Paris-Grignon. Il soutient le modèle agricole de l'époque, basé sur l'utilisation des fertilisants chimiques et sur le machinisme agricole. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il écrit des articles dans "La Terre française", hebdomadaire contrôlé, comme toute la presse française, par le gouvernement collaborationniste du Maréchal Pétain, prônant le corporatisme agricole. Toutefois, il a été un des premiers à dénoncer les dégâts issus de la Révolution verte et à lutter contre l'agriculture productiviste.
Il fut un expert aux Nations unies et à la FAO et est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages. Grand voyageur, il est spécialiste des problèmes du monde agricole dans les pays sous-développés. Frappé par la misère et la souffrance, lui, l’enfant élevé pendant la Première guerre mondiale, souhaite contribuer à mettre en place une organisation sociale soucieuse du bien-être des populations. Il soutient en particulier ; le contrôle démographique, les économies d'énergie, la coopération internationale envers les pays en voie de développement, la protection et la remédiation des sols. Il s’enthousiasme pour l’agriculture moderne mais bien plus encore pour les révolutions agraires.
Il se déclare lui-même socialiste, antibureaucratique et autogestionnaire, il devient l’un des plus fidèles partisans d’une écologie politique autonome. Il est le premier à utiliser les mots développement durable. En 1974, à l'initiative de divers groupes et personnalités, l’homme au pull-over rouge est choisi pour se présenter à l'élection présidentielle consécutive à la mort du Président Pompidou, en tant que premier candidat écologiste. Le faible résultat de 1,32% des votes importe peu, il s'agissait uniquement d'utiliser les média et particulièrement la télévision pour faire connaître la pensée écologiste en politique. Sa prestation est un succès car elle ouvre le chemin à l'écologie politique pour toute une génération de jeunes.
A la suite de sa campagne, en juin 1974, lors des Assises de Montargis (Loiret), où se réunissent les militants engagés dans celle-ci, la première organisation de l'Ecologie Politique d'envergure nationale "le Mouvement Ecologique" est fondée. Précurseur, prophète, porte-parole éclairé... Il demeure une figure incontournable de l’écologie politique en France. Il figure parmi les membres fondateurs d’ATTAC. Il est le père spirituel du parti des Verts. Les Verts, dont il soutint régulièrement les candidats à la présidentielle et qui après sa mort, fondèrent une fondation portant son nom. C'était sûrement un humaniste de gauche, mais surtout un mondialiste, et certainement un altermondialiste.
Il est mort le 18 Juin 2001.

Pierre MAUROY (1928- )

Mauroy

Né en 1928 d'un père instituteur, Pierre Mauroy est l'ainé d'une famille de sept enfants. Son père est installé à Haussy.
Il est élève des lycées de Cambrai et du Cateau puis élève-professeur-stagiaire de l'École Normale Nationale d'Apprentissage (ENNA) de Cachan.
Il s'engage dès l'âge de 16 ans à la SFIO dans les Jeunesses socialistes et en devient, en 1950, le secrétaire national. En 1951, il fonde la fédération nationale Léo-Lagrange, l'un des plus importants mouvements français d'éducation populaire. Il devient professeur d'enseignement technique à Colombes en 1952 -au total il n'enseignera que 18 mois dans sa vie- et obtient en 1955 le poste de secrétaire général du syndicat des collèges d'enseignement technique de la fédération de l'Éducation nationale. En 1966 il devient secrétaire général de la SFIO. Au Parti socialiste (qui remplace la SFIO), il gravit peu à peu tous les échelons et enchaîne les postes de responsabilité.
À l'appel d'Augustin Laurent, il entre en seconde position sur la liste électorale du Parti socialiste pour l'élection municipale de 1971 à Lille. Augustin Laurent réélu, confie deux ans plus tard à son premier adjoint les clefs du beffroi par sa démission le 8 janvier 1973. Pierre Mauroy devient alors maire de Lille, après les législatives. Puis le 11 mars 1973, il est élu député du département du Nord. Un an plus tard, il est élu président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais.
En tant que responsable de la puissante fédération socialiste du Nord, il apparaît aux côtés de François Mitterrand, comme numéro 2 du Parti Socialiste. A l'approche des éléctions législatives de 1977, Mitterrand prévoit de l'envoyer à Matignon en cas de cohabitation avec Valéry Giscard d'Estaing en attendant la présidentielle. Le scrutin perdu, ils œuvrent ensemble à réformer le parti et à rassembler les socialistes. Depuis le congrès de Metz en 1979, il anime l'un des courants minoritaires du parti socialiste. Soutien important de François Mitterrand dans le travail d'union de la gauche en 1981, ce dernier, une fois élu Président de la République, le nomme Premier ministre.
Son gouvernement comprend quatre ministres communistes. Il entame une politique très marquée à gauche pour appliquer les promesses du Président : 39 heures, cinquième semaine de congés payés, augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations, impôt sur la fortune, retraite à soixante ans, abolition de la peine de mort, remboursement de l'IVG (contre l'avis du président), réforme des médias, etc... Cependant son incapacité à résoudre les problèmes de l'inflation et du chômage(+1,5 millions de chomeurs), ainsi qu'une crise monétaire, le poussent à abandonner sa politique pour mettre en œuvre ce que l'on appelle la « politique de rigueur », incarnée par le ministre des Finances, Jacques Delors, afin de maîtriser les finances de l'état et les problèmes économiques. L'indexation des salaires sur les prix est abandonnée, la réforme de l'enseignement privé est repoussée. En juillet 1984, François Mitterrand décide de remplacer Pierre Mauroy par Laurent Fabius.
Pierre Mauroy retourne dans le Nord où il possède un poids politique important puis, en 1988, devient premier secrétaire du Parti socialiste avant de quitter son poste et d'être élu sénateur et président de l'Internationale socialiste, en 1992. En 2001, il passe le flambeau de la mairie de Lille à Martine Aubry qui était précédemment son premier adjoint.

Maurice GODELIER (1934- )

Godelier

Il est né le 28 février 1934 à Cambrai. Entré premier à l'Ecole normale supérieure de Saint Cloud, il est agrégé de philosophie, licencié en psychologie et licencié en lettres modernes. Il entre à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes en qualité de chef de travaux puis devient maître-assistant de Claude Levi-Strauss, alors professeur d'anthropologie au Collège de France. En 1975, il est nommé directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
Philosophe de formation, Maurice Godelier s'est très vite intéressé à l'économie. Dès 1966, il publie un ouvrage consacré à la notion de Rationalité et irrationalité en économie. Il est alors en France l'un des fondateurs de l'anthropologie économique.
Sa carrière de chercheur est profondément marquée par sa rencontre avec les Baruya, une société sans classes et sans état, découverte par les australiens en 1951 et caractérisée par une très forte inégalité entre les sexes et de nombreuses institutions au service de la domination masculine. Parallèlement, Maurice Godelier explore plusieurs domaines essentiels pour le développement des sciences sociales : Une réflexion sur les composantes "idéelles" des rapports sociaux, sur la distinction nécessaire entre l'imaginaire et le symbolique, sur la part du corps dans la constitution du sujet social et plus récemment sur la distinction entre les choses que l'on vend, les choses que l'on donne et celles qu'il ne faut ni vendre ni donner mais transmettre. Ces travaux donnent lieu à la publication d'une série d'ouvrages, traduits pour la plupart dans de nombreuses langues.
Il collabore, en tant que conseiller scientifique, à la réalisation de plusieurs films sur les Baruya. Il est également l'auteur, avec Jacques Kerchache, d'un cédérom : "Chefs d'œuvre et civilisations - Afrique, Asie, Océanie, Amériques" qui a reçu en 2000 le "Best of" des cédérom culture ainsi que l'Eurêka d'Or. Il a par ailleurs publié plus de deux cents articles dans différentes revues françaises et étrangères.
Outre son activité de chercheur, Maurice Godelier s'est toujours impliqué fortement dans la politique scientifique. En 1982, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche et de l'industrie, le charge d'une mission destinée à faire des propositions de réformes des sciences humaines et sociales en France. Ses propositions sont présentées dans un rapport de 600 pages. Il préconise la fin de la division entre humanités et sciences sociales et la création d'un unique département scientifique au CNRS : le département des Sciences de l'homme et de la société. Maurice Godelier en devient le directeur de 1982 à 1986.
En 1995, il crée le Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO) qu'il dirige jusqu'en 1999. De 1997 à 2000, il est directeur scientifique du Musée de l'Homme.
Il est Officier de la Légion d'Honneur, Lauréat du Prix de l'Académie française en 1982, et du Prix international Alexander von Humboldt en sciences sociales en 1990. Il reçoit la Médaille d'Or du CNRS pour l'ensemble de son œuvre en 2001.

Charles François DUMOURIEZ (1739-1823)

Dumouriez

Né en 1739 à Cambrai où subsiste sa maison natale, rue du Petit Séminaire. Charles-François du Périer dit Dumouriez devient officier.
Peu héroïque et impliqué dans des affaires douteuses, il séjournera quelques mois à la Bastille. Rentré dans le rang, il sera nommé maréchal de camps et ministre des relations extérieures. Après sa démission, il s'engage et prend le commandemant de l'armée du Nord, après la désertion de Lafayette. Son nom reste associé à la bataille de Valmy (en septembre 1792). Après sa victoire à la bataille de Jemmapes, son ambition est démesurée. Il envahit la Hollande et s'allie avec les Autrichiens et passe à l'ennemi avec son état major. Il se met à la disposition de l'Angleterre. Il conseille Wellington sur les tactiques contre l'armée napoléonienne et mourra en Angleterre en 1823 sans avoir revu la France.

Les Nerviens

César

Les Nerviens étaient l'une des tribus belges du nord-est de la Gaule. Ils vivaient à l'est de l'Escaut durant l'époque romaine.
Aidés par les Atrébates, les Viromanduens et de nombreuses autres tribus germaniques, ils réussirent presque à battre Jules César en -57 avec à leur tête Boduognat. Cette bataille se situa sur la rivière Sabina (Selle). Les Aduatiques, une autre tribu, étaient en marche pour les rejoindre mais ne purent atteindre la bataille à temps. La tactique astucieuse des Belges consistait à leurrer la dixième et neuvième légion de Labienus vers un faux camp belge. Là, les légionnaires commençaient à piller, selon l'habitude. Entretemps, la force principale des Nerviens attaquait le reste de l'armée de César qui était en train de bâtir un camp. L'armée romaine, surprise, se trouva très vite encerclée. La tactique échoua quand le général (légate) Labienus se rendit compte du danger, et décida de rejoindre César. Une heure de plus, et les Belges auraient été victorieux.
Après cette bataille, la plupart des tribus Belges se rendirent (selon César), sauf les Nerviens qui continuèrent à harasser les convois romains.
Jules César élabora un plan visant à exploiter l'absence de cavalerie chez les Nerviens, ce qui apparemment réussit. Ils furent décimés par les Romains et finirent par demander l'armistice.
On peut estimer que leur armée ne comptait pas plus de 15.000 hommes, soit 7% de la population totale. Les tribus auxiliaires belges devaient compter quelques 8.000 hommes en tout. La plupart des Belges étaient des miliciens mal armés. À la bataille de la Sabine, l'armée "belge" était sérieusement surpassée en nombre par l'armée romaine (± 40.000 hommes et tous professionnels). Le nombre de victimes nerviennes peut être estimé à 10%, soit 1.500 hommes. À cette époque, c'était un chiffre très classique quant aux victimes durant une bataille.
Il semble que Jules César, leur accorda la paix demandée et ordonna à leurs voisins de ne leur montrer aucune rancœur. De même, Il est probable qu'une parti des Nerviens vaincus ont rejoint plus tard les Eburons dans leur lutte contre César.

Otton III (980-1002)

Otton III

Il est roi de Germanie et empereur de décembre 983 à 1002. Lorsque son père (Otton le Roux) meurt en 983, il n'est encore qu'un enfant et est incapable de régner. Le prince Henri le Querelleur profite de cette faiblesse pour l'enlever et tenter de se faire attribuer sa tutelle. Mais l'archevêque de Mayence, soutenu par d'autres grands, condamne cette usurpation et impose la régence de sa mère la princesse byzantine Théophano. Après le décès de celle-ci, en 991, c'est Adélaïde, grand-mère de l'empereur, qui assure sa tutelle.
En 995, Otton est majeur et prend officiellement le pouvoir; il rêve de fonder un empire universel qui réunirait d'abord tous les peuples chrétiens d'Occident. Il intervient dans les affaires de l'Église en faisant placer son cousin Brunon von Kärnten (ou Brunon de Carinthie) sur le Saint-Siège. Il est pape du 3 mai 996 au 18 février 999 sous le nom de Grégoire V, c'est le premier pape d'origine germanique (il est enterré dans l'ancienne basilique Saint-Pierre de Rome).
Il le couronne empereur le 21 mai 996 et Otton installe sa cour à Rome.

Sylvestre II

Sous le pontificat (999-1003), et avec l'aide, de Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac), il se rapproche de la Pologne et fait parvenir à Étienne de Hongrie la première couronne royale de ce pays.
Dans un texte de janvier 1001, les rapports entre le pape Sylvestre II et l'empereur sont redéfinis. Otton III refuse de confirmer le Privilegium Ottonianum accordé par Otton Ier en 962. L'empereur accorde au souverain pontife huit comtés de la Pentapole. Otton III se voit comme « Esclave des Apôtres », le représentant direct de Pierre et le responsable de son patrimoine.Il se met donc sur le même plan que le pape et souhaite gouverner la chrétienté, présidant à ses côtés les synodes. Mais les deux hommes se trouvent bientôt chassés de la Ville éternelle par la population et la tentative d'unir le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel à Rome tourne court.
Otton meurt très jeune de maladie et son corps est ramené d'Italie en Allemagne par ses proches.

Les batailles de Cambrai

Cambrai

La première bataille se déroule du 20 novembre au 7 décembre 1917.
Cambrai est en 1917 un point clé pour le ravitaillement de la position Siegfried (ligne Hindenburg). Les Britanniques y utilisent pour la première fois en masse, des chars d'assaut Mark IV. Le plan de bataille est complexe, son élément essentiel est le percement de la ligne allemande par une attaque concentrée sur un front étroit d'environ 8 km entre le canal du Nord et le canal de Saint-Quentin, puis l'encerclement de Cambrai et la capture de la crête de Bourlon.

image flottante

Certaines tactiques mises au point récemment sont employées : l'interdiction aérienne et l'emploi de formations mixtes infanterie-chars d'assaut. La cavalerie fait aussi partie du plan et se déploye par un «couloir de cavalerie» vers la rivière Sensée. Pas de lourde préparation d'artillerie prévue, contrairement à l'habitude, pour ménager l'effet de surprise. L'assaut est confié aux 19 divisions de la troisième Armée britannique, dont pas moins de 14 ne sont pas encore remises du massacre de la troisième bataille d'Ypres.
Cette offensive, est une réussite cependant largement émoussée par la contre-offensive allemande.
Le nombre des victimes s'éleve à 45 000 de chaque côté. 11 000 Allemands et 9 000 Britanniques sont faits prisonniers. En termes de gains territoriaux les Allemands récupèrent un peu plus que ce ce qu'ils ont initialement perdu. Malgré ce résultat, la bataille apporte la preuve que les tranchées les mieux défendues ne peuvent résister à une attaque massive de tanks. Un régiment de l'armée indienne, le Hodson's Horse, participe à la bataille. Il existe toujours et fête encore le « Cambrai Day ».
Ernst Jünger, participe à cette bataille et décrit plus tard, dans "Orages d'acier" l'horreur et la fascination qu'elle lui a inspiré.

La seconde bataille de Cambrai se déroule du 8 octobre au 10 octobre 1918.
Elle oppose les troupes du Corps canadien, les première, troisième et quatrième armées britanniques, le Corps américain, et les forces de l'Empire allemand. Elle appartient à une longue série de batailles sur la ligne Hindenburg et se conclut par un succès éclatant.
Le 8 octobre, la 2ème Division Canadienne entre dans Cambrai en ne rencontrant que peu de résistance. Elle poursuit vers le nord, laissant le «nettoyage» de la ville à la 3ème Division Canadienne qui la suit de près. Quand cette unité entre dans la ville le 10 octobre elle la trouve déserte. Il y a au total moins de 20 morts.

La paix de Nimègue en 1678

Louis XIV

Louis XIV

Le traité de Nimègue est signé le 10 août 1678 à Nimègue (actuel Pays-Bas) entre les Provinces-Unies et la France.
Il met fin à la guerre de Hollande qui se déroule de 1672 à 1678. Elle oppose la France et ses alliés (Angleterre, Münster, Liège, Bavière, Suède) à la Quadruple-Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et l'Espagne.
L'Espagne fait la paix, le 17 septembre 1678, généralisée avec l'empereur le 5 février 1679, avec l'électeur de Brandebourg le 20 juin, avec le roi du Danemark le 2 septembre et avec la Suède le 26 novembre.
Le traité de Nimègue est le triomphe de Louis XIV : il est l'arbitre de l'Europe.

Reimbold CRETON

Dans la chanson d'Antioche, composée en alexandrins au XIIème siècle par le Père Richard, et seul récit revêtu du caractère historique par les souvenirs d'un témoin oculaire, il est noté :
"Les chrétiens venaient de livrer la fameuse bataille du pont d'Antioche où Reimbold avait signalé sa bravoure aux côtés de Godefroy de Bouillon et d'Enguerrand de Saint Pol. Ils mettaient tous leurs soins à ne laisser échapper aucun sarrasin qui fuyait à la nage dans les eaux qui baignent les murailles de la ville. Aucun des français n'osait traverser le cours d'eau rapide et profond, sachant que, du haut des remparts, une pluie de traits l'assaillirait. N'écoutant que son courage le chevalier Reimbold Creton sauta de son coursier, se débarrassa de son heaume, ne garda que son haubert, sa lance et son épée et se jeta à l'eau. Le courageux gagna le côté du pont opposé à celui où se reposaient les Turcs désarmés et les attaqua à l'improviste. A l'issue de ce fait d'armes, Reimbold fut accablé par les traits que les assiégés tiraient du haut des murs d'Antioche. des écuyers le ramenèrent sur le rivage et il reçut les soins des médecins sous la tente de Godefroy de Bouillon".

blason

A la suite de cette première croisade, Reimbold guéri, ne démentit pas la haute idée qu'il avait donnée de son courage lors de la bataille d'Antioche. Les historiens sont unanimes à faire son éloge lors de la conquête de Jérusalem, le 15 juillet 1099. Ils présentent le Seigneur Reimbold Creton comme l'héroïque soldat de la Croix, à la bannière de soie blanche qui, le premier monta à l'assaut des murailles pour repousser l'ennemi et entrer en ville sainte. Pour immortaliser cet exploit, Godefroy de Bouillon inscrivit sur l'étendard "Vaillant sur la crête". Pour reconnaitre et immortaliser la façon dont il l'avait vu monter le premier sur la crête de la ville, le roi offrit au vaillant chevalier un éclat de la vraie croix enchâssé dans un reliquaire d'argent. Cette sainte relique est conservée précieusement par ses descendants.
Reimbold revint dans son château d'Estourmel en 1105.
En 1536, Jean III d'Estourmel est un des défenseurs de Péronne, lors du siège de la ville. Une place porte encore aujourd'hui son nom. C'est lui qui a fait édifier le gisant de ses parents, Gilles et Elayne.
Les descendants de Reimbold Creton ont porté indifféremment les noms de Creton ou d'Estourmel jusqu'au XVIème siècle, mais depuis lors ce dernier a prévalu.

Godefroy de BOUILLON 1058-1100

Godefroy de bouillon

Godefroy de Bouillon né à Boulogne-sur-Mer, fut un chevalier français et le premier souverain chrétien de Jérusalem. Il refusa le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.
Fils cadet de Sainte de d'Ardenne, héritière des ducs de Basse-Lotharingie et d'Eustache II, comte de Boulogne du royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende.
Son éducation de chevalier est faite par son oncle Godefroy III le Bossu à Bouillon. À la mort de ce dernier, il hérite de ses terres. Toutefois, si l'empereur d'Allemagne lui concède l'office de marquis d'Anvers en 1076, il lui interdit, en tant que roi de Germanie, le titre de duc de Basse-Lotharingie comme le souhaitait son oncle dans son testament.
Godefroy se range néanmoins fidèlement au côté d'Henri IV dans la Lutte d'Investiture opposant l'empereur germanique et le pape Grégoire VII, et entre dans Rome les armes à la main. Pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services, l'empereur germanique le reconnaît finalement duc de Basse-Lotharingie en 1087.
Il règne donc désormais sur un duché s'étendant entre la France et le Rhin couvrant le Brabant, le Hainaut, le Limbourg, le Namurois, le Luxembourg et une partie de la Flandre.
Gravement malade après son expédition sur Rome, il fit vœu, pour réparer ses torts, d'aller défendre les Chrétiens en Orient. Il fut donc l'un des premiers à répondre à l'appel d'Urbain II, en 1095 et devient l'un des principaux chefs de la première croisade.
Il est au premier rang lors de la prise de Jérusalem en 1099. La couronne de roi de Jérusalem lui est proposée après la prise de la ville, mais il la refuse, arguant qu'il ne pouvait porter une couronne d'or où Jésus Christ devait porter une couronne d'épines. Il accepta le titre d'Avoué du Saint-Sépulcre et se contenta du titre de baron.
Il mourut le 18 juillet 1100, en revenant d'une expédition contre le sultan de Damas, qu'il avait battu devant Ascalon. On soupçonna qu'il avait été empoisonné après avoir mangé une pomme de cèdre que lui avait offert l'émir de Césarée.
Son frère Baudouin, qui avait aussi participé à la croisade, devient roi.

Clovis Ier, roi des Francs, 466-511

Clovis

Il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai, et de la reine Basine de Thuringe. Issu de la dynastie des Mérovingiens, du nom hypothétique de son grand-père, Mérovée, il est considéré anachroniquement comme le premier roi catholique officiel de France. C'est un roi cruel et ambitieux.
A la mort de son père en 481, il devient roi des Francs Salien, à l' âge de 15 ans, et hérite d'un royaume correspondant à la Belgique Seconde, petite province située entre la mer du Nord, l'Escaut et le Cambrésis, soit un territoire allant de Reims jusqu'à Amiens et Boulogne, à l'exception de la région de Soissons, qui était contrôlée par Syagrius.
Il portait les cheveux longs, privilèges des princes de race royale. Tout au long de sa vie il n'aura de cesse d'agrandir son royaume, sans hésiter à éliminer tous les obstacles se présentant sur sa route, faisant assassiner tous les chefs Francs Rhénans et Saliens, tels Ragnacaire ou Chararic ses cousins.
485, il se marie avec une princesse rhénane, fille de Chloderic prince de Cologne avec laquelle il a un fils, Thierry.
486, bataille de Soissons contre Syagrius. La victoire permet au royaume de Clovis d'embrasser tout le nord de la Gaule. Syagrius, le chef gallo-romain, finira discrètement égorgé. C'est lors de cette bataille, qu'eut lieu – selon Grégoire de Tours – l'épisode anecdotique du vase de Soissons.
493, pacte de non-agression avec les rois burgondes, concrétisé par une alliance matrimoniale, Clovis épouse en secondes noces la princesse burgonde Clotilde (fille du roi burgonde Chilpéric II et nièce du roi Gondebaud). Clotilde œuvrera avec l'évêque Remi de Reims à la conversion de Clovis au catholicisme.

clovis

496, bataille de Tolbiac, près de Cologne, contre les Alamans. Clovis aurait fait le vœu de se convertir au christianisme si «Jésus que sa femme Clotilde proclame fils de Dieu vivant» lui accordait la victoire. Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre jusqu'à la Haute-Rhénanie.
496, le jour de Noël le 24 décembre, Clovis est baptisé à Reims avec «plus de 3000 hommes de son armée» (selon Grégoire de Tours) par l'évêque Remi de Reims (futur saint Remi). 499, Clovis s'allie au roi burgonde de Genève, Godégisèle, qui veut s'emparer des territoires de son frère Gondebaud. 500, Clovis signe un pacte d'alliance avec les Armoricains (peuplades gauloises de la péninsule bretonne et du rivage de la Manche).
502, son fils Thierry épouse en premier, Eustère, fille d'Alaric II, roi des wisigoths dont il a Thibert 1er, Roi de Reims, puis en second, Swavegothe, fille de Sigismond, roi des Burgondes, dont il a une fille Theodechilde.
507, bataille de Vouillé, près de Poitiers, contre les Wisigoths. Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre en Aquitaine. Le roi des Wisigoths Alaric II est tué et les Wisigoths se replient en Espagne.
508, Clovis reçoit de l'empereur d'Orient, Anastase Ier, le titre de « Consul » et est salué comme «auguste» au cours d'une cérémonie à Tours. Paris devient sa résidence principale. La mythologie nationaliste française y voit, de façon anachronique, la première accession au statut de capitale de l'ancienne Lutèce, qui a pris le nom de ses habitants gaulois, les Parisii.
510, Clovis s'empare des royaumes francs de Sigebert, de Chararic et de Ragnacaire après les avoir fait assassiner, et étend ainsi son autorité au-delà du Rhin. Clovis est désormais le maître d'un unique royaume, correspondant à une portion occidentale de l'ancien empire romain, de la moyenne vallée du Rhin, jusqu'aux Pyrénées. Le royaume de Clovis ne comprend toutefois pas l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), ni les régions méditerranéennes.
Juillet 511, premier concile des Gaules à Orléans auquel prennent part trente-deux évêques, dont la moitié proviennent du «royaume des Francs». Clovis est désigné «Rex Gloriosissimus fils de la Sainte Église », par tous les évêques présents.
27 novembre 511, Clovis meurt, a 45 ans, le royaume est partagé entre ses 4 fils, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. Il est enterré dans la basilique des Saints-Apôtres à Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève.

Charles de HABSBOURG ou Charles QUINT 1500-1558

Charles quint

Né à Gand (actuelle Belgique). Il fut Empereur du Saint Empire germanique (1519-1555) sous le nom de Charles V d'Allemagne, roi d'Espagne et de l’Amérique espagnole sous le nom de Charles Ier d'Espagne (ou Carlos I), roi de Sicile sous le nom de Charles IV (1516-1558) et duc de Brabant sous le nom de Charles II de Brabant (1515-1558).
Charles Quint est le produit d'une série d'alliances entre de nombreuses familles régnantes d'Europe, ce qui le met à la tête du plus vaste ensemble territorial d’Europe par simples héritages.
Dernier empereur germanique à nourrir le rêve carolingien de la monarchie universelle, Charles Quint voit son ambition d'unité européenne se briser sur la longue résistance à l'hégémonie Habsbourg, opposée, entre autres, par les rois de France François Ier et Henri II, mais aussi sur la déchirure religieuse irrémédiable provoquée par la Réforme protestante à partir de 1517.
Découragé, il abdique ses différentes couronnes (1555-1556) et se retire en 1556 dans son palais-monastère résidentiel de Yuste près de Madrid en Espagne où il décède deux ans plus tard à l'âge de 58 ans, de la malaria. Il repose au Panthéon des Rois d'Espagne à 40 km de Madrid sur le site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial construit par son fils Philippe II d'Espagne pour lui et tous ses descendants.

Louis XI, dit le Prudent 1423-1483

louis XI

Né à Bourges, il fut roi de France de 1461 à 1483, sixième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Il a repoussé à tel point les limites du cynisme en politique qu'il fut aussi surnommé "l'universelle aragne".
Fils de Charles VII et de Marie d'Anjou. Il est élevé par Catherine de l'Isle-Bouchard.
Louis XI est d'une nature pieuse, multipliant les actes de dévotion et les pèlerinages. Il est aussi manipulateur, prodiguant des faveurs à ceux qu'il veut gagner, sait envelopper ses adversaires. Il est également autoritaire et parfois cruel, de mauvaise foi et sans scrupules.
Le 24 juin 1436, il épouse Marguerite d'Écosse, fille de Jacques Ier d'Écosse. Il a 13 ans, elle 11. Elle décède en 1445.
Le 2 février 1451, Louis épouse Charlotte de Savoie, fille du duc Louis Ier de Savoie, âgée de seulement 8 ans. Le 18 octobre 1458 naît Louis, son premier fils, à Genappe en Belgique. Il meurt en 1460. Le 15 juillet 1459, toujours au château de Genappe, son second fils Joachim nait, il meurt le 29 novembre de la même année. En 1460, une fille, Louise, meurt également en bas-âge.
Louis XI apprend la mort de son père au château de Genappe. Il cache mal sa joie de devenir roi. Les obsèques de Charles VII sont célébrées le 8 août 1461, il n'y assiste pas. Devenu roi, Louis XI congédie les conseillers de son père et s'entoure de ses fidèles. Il taxe davantage les nobles, augmente les impôts, remercie les collecteurs du Pape et contrôle les revenus ecclésiastiques.
En avril 1461 nait une fille, Anne. En 1464, un mois après la naissance de sa fille Jeanne, il apprend que l'enfant est boîteuse (elle est d'une laideur proverbiale, petite, contrefaite, malingre), il décide aussipôt de la marier à son lointain cousin Louis d'Orléans, fils du poète Charles d'Orléans, dans le but avoué que le mariage reste stérile et que s'éteigne cette branche capétienne rivale de la sienne mais celui-ci, lorsqu'il devient roi,Louis XII, obtient l'annulation de son mariage.
Louis XI met fin au Moyen-Age, rattache à la couronne de France la Bourgogne et la Picardie, l'Anjou, le Maine et le royaume de Provence. Il tient son royaume de main ferme.
Sentant sa fin approcher, il se retire dans son château de Plessis-lès-Tours et plonge dans une dévotion excessive. Il y meurt le 30 août 1483 d'une congestion cérébrale.

Henri IV 1553-1610

Né à Pau, Henri de Bourbon fut roi de Navarre (Henri III de Navarre, 1572-1610) puis roi de France (1589-1610), premier souverain français de la branche dite de Bourbon de la dynastie capétienne.
Il est le fils de Jeanne III, dite Jeanne d'Albret, reine de Navarre et d'Antoine de Bourbon, chef de la maison de Bourbon, descendant du roi Louis IX et premier prince de sang.
Le 18 août 1572, Henri est marié à Marguerite de France, sœur du roi Charles IX, aussi connue sous le nom de « reine Margot ». Ce mariage a été arrangé pour favoriser la réconciliation entre catholiques et protestants. Contrairement à l’habitude, l’échange des consentements ne se fait pas à l’intérieur de Notre-Dame de Paris, mais sur une estrade dressée sur le parvis à cette occasion. Devant une foule immense, le cardinal de Bourbon les marie. Henri de Navarre conduit ensuite sa femme à l’intérieur de la cathédrale. Comme il en a été décidé, il n’assiste pas à la bénédiction et quitte les lieux. Le duc d’Anjou, frère du roi Charles IX et futur Henri III, conduit sa soeur à l’autel. Quelques heures plus tard, Henri de Navarre revient chercher son épouse. Trois jours après la fin des noces, l’orage éclate sur Paris.

Henri IV

À l’aube du 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, au signal du tocsin de Saint-Germain-l’Auxerrois (la paroisse royale), les assassins se répandent dans la ville et massacrent les protestants. Ils sont aussitôt suivis par la populace des pillards. Il y aura quelque trois mille morts.
Le 25 juillet 1593 à Saint-Denis Henri IV abjure sa foi protestante. Il se fait sacrer roi à Chartres le 24 février 1594 et entre dans Paris le 22 mars 1594.
La paix avec l’Espagne est obtenue par le traité de Vervin le 2 mai 1598 qui confirme celui de Cateau-Cambrésis.
L’édit de Nantes, signé le 13 avril 1598, réalise la pacification religieuse du royaume en autorisant, tout en la limitant, la liberté de culte pour les protestants et met ainsi un terme aux guerres de religion.
Henri IV restaure l’Etat et le pouvoir monarchique, et pense surtout à reconstruire la France, déchirée par plus de trente ans de guerre civile. Le duc de Sully, qui reste toujours protestant bien qu’ayant conseillé au roi de se convertir, est son principal ministre et ami ainsi que Villeroy, ancien ligueur, homme de robe, véritable ministre des Affaires étrangères.
Son union avec la Reine Margot étant restée stérile et, face aux frasques de la reine, Henri IV obtient l’annulation de leur mariage en 1599 par le pape Clément VIII. Il épouse Marie de Médicis le 17 décembre 1600, elle est couronnée et sacrée le 13 mai 1610 à Saint-Denis. De cette union naîtrons cinq enfants.
De nombreuses maîtresses se succèdent : Gabrielle d’Estrées, maîtresse officielle du roi, surnommée "la presque reine", lui donne trois enfants. Charlotte de Sauve dite «Circé», fait partie d’un groupe de femmes chargées par Marie de Médicis de retenir les ennemis du roi à la Cour. Françoise de Montmorency-Fosseux dite «la Belle Fosseuse», fille d’honneur de Marguerite de Valois. Diane d’Andoins comtesse de la Guiche dite «la Belle Corisande», est très certainement la seule à avoir obtenu l’estime d’Henri IV. Catherine Henriette Balzac d’Entragues, succède à Gabrielle d’Estrées et lui donne deux enfants. Jacqueline de Bueil, assure l'«intérim» lors des périodes de disgrâce d’Henriette d’Entragues, et lui donne un fils. Charlotte des Essarts, devient la maîtresse de Louis de Guise, épouse en seconde noces François du Hallier futur maréchal de l’Hôpital. Suite à ses intrigues contre Richelieu elle est exilée. Elle donne deux filles à Henri IV. Charlotte Marguerite de Montmorency, dernière maîtresse du roi, mariée sur ordre à Henri II de Bourbon, prince de condé, est la mère d’Henri II de Bourbon, duc d’Enghien, prince de Condé connu sous le nom du «Grand Condé».
Bien qu'aimé par une grande partie de la population, Henri IV est assassiné le 14 mai 1610 par un fanatique, Ravaillac.

Lothaire Ier (Dynastie des Carolingiens)

Empire carolingien

Fils aîné de Louis le Pieux et d'Ermengarde, il est roi de Bavière en 815. En 817, il est associé au trône. En 822, roi d'Italie et couronné empereur l'année suivante par le pape Pascal 1er.
En 817, son père Louis le pieux, souhaitant préparer sa succession partage son royaume entre ses trois fils mais l'année suivante c'est sa femme Ermangarde qui meurt. Il se remarie avec Judith de Bavière en 819 et de ce second mariage nait un fils Charles en 823. Il entreprend alors un second partage de l'empire carolingien, mais ses trois fils aînés se révoltent et ses troupes se retournent contre lui, Louis est déposé en 833.
A la suite de disputes entre les fils, Louis est rétabli sur le trône en 834.
Pépin meurt en 838, Louis le Pieux entreprend alors un troisième partage qui avantage Charles avant de mourir en 840.
A la mort de son père Lothaire reste seul empereur mais doit faire face à la rébellion de ses deux frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve, qui le battent à Fontenoy-en-Puisaye en 841 et lui impose le traité de Verdun en 843.
Le traité de Verdun assure aux trois frères le même nombre d'évêchés, de comtés et de domaines et tout ce qui s'y rattache (hommes, terres, droits et revenus). Lothaire ne règnera plus que sur une bande de terre allant de l'Italie à la mer du nord mais conservera le titre d'Empereur.
Il meurt en 855 mais auparavant il répartit son royaume entre ses 3 fils: Charles, la Provence; Lothaire II, la Lotharingie (pays entre Rhin et Meuse) et Louis II conserve le titre d'empereur d'Occident.
Charles meurt en 863, Lothaire II annexe son territoire et meurt à son tour en 869. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partageront son territoire.

Louis XIV 1638-1715

Nommé à sa naissance Louis-Dieudonné et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou encore Louis le Grand, il est, du 14 mai 1643 jusqu’à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne.

Louis XIV

Louis XIV enfant

Louis XIV, qui a régné pendant 72 ans, est le chef d'État qui a gouverné la France le plus longtemps, et le souverain qui est parvenu à l'âge le plus avancé. Il est aussi le monarque qui a régné le plus longtemps en Europe.
Il accède au trône quelques mois après son cinquième anniversaire. Sa mère, Anne d'Autriche, assure la régence. C'est le temps de la Fronde (1648-1653), la rébellion de la haute noblesse et du peuple de Paris. En 1660, Louis épouse l'infante d'Espagne Marie-Thérèse. L'année suivante, lorsque son parrain et premier ministre, le cardinal Mazarin, meurt, le souverain de 23 ans annonce qu'il gouvernera par lui-même.
Homme équilibré, réfléchi, maître de lui, Louis XIV est prudent et travaille de façon assidue ; mais il est orgueilleux, imbu de la nature divine de son pouvoir, persuadé d'être infaillible.
Il a affirme son indépendence à l'égard de la papauté et son autorité sur l'église de France. Il annule l'édit de Nantes, signé par Henri IV, parce qu'il n'accepte pas la division religieuse.
Les vingt premières années de son règne personnel sont les plus brillantes. Avec Colbert, il conduit la réorganisation administrative et financière du royaume, ainsi que le développement du commerce et des manufactures. Avec Louvois, il réforme l'armée et accumule les succès militaires. Enfin, il favorise l'extraordinaire épanouissement des arts et des sciences : le théâtre avec Molière et Racine, la musique avec Lully, l'architecture, la peinture, la sculpture et toutes les sciences au sein des académies royales.
Marie Mancini, Louise de la Vallière, Madame de Montespan... occupent le cœur du Roi. Pour les éblouir, il offre des fêtes extraordinaires qui parent de merveilleux le petit château de Louis XIII et ses premiers agrandissements. De ces liaisons naissent de nombreux enfants. Devenu veuf en 1683, il épouse secrètement Madame de Maintenon.
Louis XIV accroit le territoire de la France et sa puissance en Europe. Il mène la diplomatie et la guerre à son gré en combattant durant plusieurs séries de guerres européennes. Il fait fortifier les villes conquises par Vauban et entoure ainsi les nouvelles frontières de leur «ceinture de fer».

chambre Louis XIV

château

L'une des grandes œuvres du roi est aussi la mise en place d'un État centralisé et absolutiste. Il le dirige après 1682 depuis le vaste château de Versailles, dont il a ordonné la construction. Ce dernier, modèle architectural de nombreux palais européens par la suite, est le cadre d'une étiquette très élaborée à laquelle il soumet la noblesse de cour, qu'il tient étroitement en main auprès de lui. Habité de l'idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d'accomplir en permanence son "métier de roi", Louis XIV devient l'archétype du monarque absolu.
La fin de son long règne fut ternie par l'exode massif des protestants persécutés, par une série de revers militaires, par les famines très meurtrières de 1693 et de 1709, par la révolte engendrant la guerre des Camisards, et par de nombreux décès dans la famille royale. Mais la régence de son successeur Louis XV qui a alors cinq ans, se déroule sans heurts, ce qui témoigne de la stabilité du royaume établie par le monarque.
Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 à 8h15 du matin, la veille de ses 77 ans, d'une gangrène sénile à la jambe, entouré de ses courtisans, après avoir agonisé pendant deux ou trois jours. Il est enterré dans la basilique Saint-Denis. Sa disparition ne semble pas avoir soulevé beaucoup d'émotion parmi les courtisans ni parmi le peuple, lassés d'un long règne. Le Parlement de Paris cassa son testament dès le lendemain 2 septembre, ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funèbre de Louis XIV fut même hué sur la route de Saint-Denis.

Austrasie de 511 à 751

Durant la période mérovingienne, l'Austrasie désigne le royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu'aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale est d'abord Reims, puis Metz. Les habitants de l'Austrasie sont les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l'Austrasie disparaît avec le dernier roi mérovingien en 751, pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.
De 511 à 534 : Théodoric dit Thierry Ier. Fils ainé de Clovis Ier, il fixe sa capitale à Reims, puis se ravise et la fixe à Mettis (Metz), qui occupe une partie plus centrale. Il fait relever les remparts de la ville, établit sa cour dans un palais «la Cour d’Or», sur la colline de Sainte-Croix. Un «maire» est chargé de s’occuper du palais et de la haute intendance. On estime la population de la ville à 7000 habitants.
De 534 à 547 : Théodebert Ier dit Thibert. Considéré comme le plus brillant des rois d’Austrasie et des successeurs de Clovis Ier, il meurt tôt en 547.
De 547 à 555 : Théodebald Ier dit Thibaud.

clotaire Ier

sigebert Ier

De 555 à 561 : Chlothaire ou Clotaire Ier.
De 561 à 575 : Sighebert ou Sigebert Ier. fils de Clotaire Ier reçoit en héritage la partie orientale du royaume avec Reims pour capitale. Il tombe sous le coutelas des assassins guidés par Frédégonde, reine de Neustrie.
De 575 à 597 et de 597 à 612 : Brunehilde gère le pays en secondant son fils Childebert II, puis son petit fils, Théodebert II. Elle dirige avec une grande fermeté et combat sans merci sa rivale, Frédégonde, mais elle tombe aux mains des Neustriens et meurt en 613, attachée vivante, à la queue d’un cheval en furie.
De 613 à 622 : Clotaire II, roi de Neustrie, s’empare du pouvoir.
En 613 : Sigebert II et son frère Corbus sont exécutés : saignés et fracassés contre un rocher. Leur frère Mérovée ne doit son salut qu’au fait d’être tondu par son parrain (voir chapitre suivant), ce qui lui vaut la vie sauve.

Dagobert Ier

De 622 à 639 : Dagobert Ier, fils de Clotaire II à présent «roi des Francs», se voit confié l’Austrasie par son père. À la mort de son père, il part pour Paris, nouvelle capitale, pour y devenir le roi de tous les Francs.
Après le règne de Dagobert Ier, nous entrons dans l'ère dite des "Rois Fainéants". En effet, la fin de la dynastie, mérovingienne est marquée par des règnes très courts et des souverains souvent très jeunes. S'ensuit une période d'instabilité politique où le pouvoir est détourné par l'aristocratie, et notamment par les maires de Palais, comme Charles Martel et Pépin le Bref. Les rois fainéants commencent à Thierry III (673-691), qui se laisse gouverner d'abord par Ébroïn, puis par Pépin de Herstal. Le dernier, Childéric III, est détrôné par le maire du palais, Pépin le Bref.
De 634 à 656 : Sigebert III Dagobert Ier part donc devenir «roi des Francs» et laisse son fils Sigebert III, alors âgé de 2 ans, aux bons soins des leudes Austrasiens. En 642, Grimoald Ier se fait proclamer «maire du palais»... Bien fourni en terres, sa puissance est sans commune mesure avec Sigebert III, fils naturel, contesté, de Raintrude la concubine et de Dagobert ler. Dès lors, Grimoald Ier, l'ambitieux fils de Pépin de Landen, à la mort de son père en 643, gouverne de fait l'Austrasie, au nom de Sigebert III. Grimoald, audacieux et sans limites, essaie même de substituer sa descendance à celle des Mérovingiens en faisant adopter son propre fils Childebert par Sigebert III.
De 656 à 662 : Childebert l'Adopté Childebert devient donc «Childebert l'Adopté». Le coup de maître semble réussir, car Sigebert III est fort pieux et surtout attiré par la fondation de monastères et d’églises (abbaye de Stavelot, Saint-Martin devant Metz). Mais, Sigebert III, est marié avec Himenechilde (ou Emnechilde) qui lui donne, contre toute attente, un fils légitime vers 652 : Dagobert II. Lorsque Sigebert III décède en 656, Grimoald Ier, maire du palais, s'empare de Dagobert II, le fait tondre (ce qui lui enlève sa qualité royale, voir chapitre suivant), et l'exile dans un couvent irlandais. Les leudes Austrasiens n'acceptent pas cet état de fait, ils s'emparent de Grimoald Ier et le livrent à Clotaire III, roi des Francs de Neustrie, qui le fait jeter en prison en 657. Grimoald Ier meurt en 662, assassiné sur ordre de Clovis II, successeur de Clotaire III. Clovis II, qui régnait sur la Neustrie, mourut peu après, laissant trois fils dont deux régnèrent après lui : Clotaire III (657 à 675) en Neustrie et en Bourgogne, Childéric II (662 à 675) en Austrasie.
De 662 à 675 : Childéric II, fils de Clovis II En 673, Childéric II hérite de la Neustrie de son frère, mais il est rejeté par l’aristocratie d’Ile de France et assassiné avec sa femme en 675.
De 674 à 679 : Dagobert II, revient d'exil et reprend son trône (voir chapitre fin paragraphe suivant).
De 679 à 691 : Thierry III (roi de tout le royaume franc)
De 691 à 695 : Clovis IV
De 695 à 711 : Childebert III
De 711 à 715 : Dagobert III
De 715 à 717 : Chilpéric II
De 717 à 719 : Clotaire IV
De 719 à 721 : Chilpéric II (restauré)
De 721 à 737 : Thierry IV
De 737 à 743 : Interrègne
De 743 à 751 : Childéric III
L’histoire de l’Austrasie se termine, après c'est une autre histoire, celle des Pépinides et des Carolingiens. Les rois ne sont plus que de «pâles souverains» et les maires du palais sont les vrais maîtres du jeu politique. Ils mettent en place les ducs de leurs choix, de leur famille ou de leur clan. L’heure des abbés et des évêques va sonner : ce sont les prélats qui vont, dorénavant jouer les premiers rôles dans cette région, asseyant ainsi l'autorité de l'Église sur les populations, autorité avec laquelle devra composer la royauté jusqu'à la Révolution française.

Les Mérovingiens 447-750

La dynastie trouve son nom dans Mérovée, qui d'après la légende est né de deux pères, le roi Clodion et "la bête de Neptune", et a hérité des pouvoirs magiques et surnaturels "le mund" qu'il transmet à sa descendance. Comme pour tracer la dynastie, les nouveaux-nés sont marqués d'une croix rouge sur le coeur et sur le dos, c'est ce symbole que l'on retrouve plus tard chez les Templiers.
Les rois mérovingiens ou rois chevelus détiennent donc "le mund", leur chevelure étant le symbole de ce pouvoir magique. Ils sont cruels, fourbes et polygames. Leurs crânes sont trépanés après la mort pour permettre à l'âme de quitter le corps.
C'est sous le règne du premier roi mérovingien, Childéric Ier, fils de Mérovée, que les territoires des Francs commencent à s'étendre. Mais c'est Clovis (voir chapitre ci-dessus) petit-fils de Mérovée, qui par ses campagnes militaires, agrandit vraiment le royaume des Francs à l'ensemble de la Gaule. A la suite de son règne, on fait du nom Mérovingien une ère historique : le peuple sous-jacent à cette appellation est le peuple des Francs, qui donne son nom à la «France». La tombe de Childéric fut retrouvée dans les Ardennes en 1653, elle contenait 300 abeilles d'or qui furent confiées à Léopold-Guillaume de Habsbourg puis récupérées par Napoléon Bonaparte qui en fit le principal ornement de ses habits.
Voir la généalogie de la dynastie mérovingienne bouton et pour plus de détails sur les "mystères" bouton
Le royaume est partagé à la mort de Clovis, en 511, entre les quatre fils de Clovis : la région de Metz à Thierry, Orléans à Clodomir, Paris à Childebert et Soissons à Clotaire. Le royaume est réunifié sous le règne de Clotaire Ier, puis divisé à nouveau entre les fils de ce dernier.

charlemagne

Cette coutume du partage du royaume pratiquée chez les peuples germaniques constitue une règle de dévolution du pouvoir qui est partagé à la mort du roi entre ses enfants de sexe mâle, le royaume étant considéré comme un patrimoine familial. S'en suivent, bien entendu, de nombreuses luttes fratricides, menées dans l'espoir de limiter l'éclatement du territoire conquis à l'origine par Clovis : assassinat des fils de Clodomir par leurs oncles, Childebert Ier et Clotaire Ier, querelle familiale entre les deux frères Sigebert Ier et Chilpéric, et leurs femmes respectives, Brunehilde et Frédégonde. Cette dernière fait assassiner Sigebert Ier en 575, tous les enfants illégitimes de son mari Chilpéric Ier (pour s'assurer que le royaume ne revienne qu'à son propre fils), son propre époux en 584, Childebert II fils de Sigebert Ier en 596, sa rivale Brunehilde .
Après cinquante années de troubles arrive une période de paix avec Clotaire II, fils de Chilpéric Ier, qui réussit à réunifier le royaume des Francs, l'Austrasie, la Neustrie et la Burgondie Parmi ses deux fils, Charibert et Dagobert, le premier meurt prématurément et le second fait assassiner son neveu pour assurer l'unité du territoire. Le court règne de Dagobert Ier marque alors une période d'apogée et de relative paix dans le royaume mérovingien.
En 750, les «rois fainéants», ont perdu tout pouvoir. On les montre au peuple, puis on les fait rentrer dans leur retraite.
Une nouvelle dynastie franque, issue de l'aristocratie austrasienne (voir chapitre ci-dessus), les Carolingiens, est née. Le premier roi couronné et sacré est Pépin III dit Pépin le Bref (voir chapitre suivant) à cause de sa petite taille.

Dagobert II 652-679

dagobert II

Fils de Sigebert III et de Himenechilde (ou Emnechilde) petit-fils de Dagobert Ier est né vers 652. Lorsque son père décède en 656 le maire du palais, Grimoald Ier, s'empare de lui, le fait tondre (perte de sa qualité royale), et l'exile dans un couvent irlandais avec sa mère.
En 666, Dagobert épouse Mathilde, princesse Celte, qui décède en 670.
En 671, il se remarie avec Gisèle de Rhedae à Rhedae (Rennes-le-Château), fille du Comte de Rhedae, de sang Wisigoth.
En 674, Les grands du royaume font revenir Dagobert d'exil. Il reprend son trône.
En 676, naissance de son fils Sigisbert IV, mais ce fait est contesté par les historiens pour absence de preuve.

Forêt de Woëvre

Le 23 décembre 679, Dagobert est assassiné d'un coup de lance dans l'oeil tandis qu'il se reposait près de la fontaine Arphays, après une chasse à cheval dans la Forêt de Woevre, non loin de Stenay capitale mérovingienne. Sa garde qui s'était éloignée le retrouve cloué à un arbre. Il a été assassiné par Ebroin, maire du Palais de Neustrie et de Burgondie, sur ordre de Pépin.
Son corps est ramené à Charmoy puis enterré dans la basilique Saint-Rémy de Stenay.
Sa sépulture y est découverte en 872. Son crâne est transféré chez les soeurs noires de Mons en Belgique. Il est cannonisé à Douzy le 10 septembre 872 par le concile métropolitain.

Le Comté de Razes

La dynastie mérovingienne s'éteint avec lui. La fabuleuse légende de la descendance mérovingienne est née. Mythe ou réalité ? Dagobert a-t-il eu un héritier ? celui-ci a-il survécu ?
selon l'histoire non, selon la légende... Le fils de Dagobert II, Sigisbert IV ("le rejeton ardent" ou en vieux-français "Plant-ard") présent sur les lieux au moment de l'assassinat de son père, aurait été enlevé par les fidèles du Roi et emporter dans une ville du sud de la France, Rhédae, capitale du Comté du Razès (aujourd'hui Rennes-le-Château)... Une autre version suppose que c'est la mère qui, consciente du fait qu'en devenant l'héritier sa vie est menacée, le met à l'abri chez elle, à Rhedae, fief des Wisigoths... Cette histoire est intimement mêlée à celles du mystère de Rennes-le-Château, de Béranger Saunière, de Pierre Plantard...

Pépin III dit Pépin le Bref

pépin le bref

Fils cadet de Charles Martel et de Rotrude de Trèves, il est Maire du palais de Neustrie, avec la Bourgogne et la Provence de 741 à 751, Maire du palais d'Austrasie de 747 à 751, Roi des Francs de 751 à 768 et père de l'empereur Charlemagne.
En 747, son frère Carloman choisit la vie monastique en Italie et cède la mairie d'Austrasie à son frère cadet. Pépin devient alors le seul dirigeant effectif de tout le royaume franc.
Dès lors, il cherche à se débarrasser de Childéric III, il sollicite du Pape Zacharie en 750, l'autorisation de mettre fin au règne décadent des Mérovingiens. Le pape accepte en déclarant que «celui qui exerce véritablement le pouvoir, porte le titre de roi». En novembre 751, Pépin dépose Childéric III, puis se fait élire roi des Francs, au champ de mai à Soissons. Il devient le premier représentant de la dynastie carolingienne. Après avoir été déposé, Childéric III est tonsuré et va finir ses jours enfermé au monastère de Saint-Bertin, près de Saint-Omer.
Mais si Pépin gagne le titre de roi des Francs par son pouvoir, il n'en a pas la légitimité. Cette rupture de la dynastie mérovingienne en appelle une nouvelle qui doit remplacer la succession naturelle de père en fils. Cette continuité est assurée par le sacre royal, continuité de l'onction symbolisant le baptême de Clovis Ier, premier roi franc mérovingien, et l'alliance particulière entre l'Église et le roi des Francs.
L'évêque Boniface, son conseiller diplomatique, le sacre au nom de la Sainte Église Catholique à Soissons. Le roi des Francs, est désormais investi par Dieu d'une mission de protection de l'Église. Pépin se fait sacrer une deuxième fois, en décembre de la même année, à Mayence pour l'Austrasie, toujours par Boniface.
Durant son règne, Pépin remet de l'ordre dans son royaume. Avec les grands seigneurs, il étend les rapports vassaliques par des serments de fidélité. Il travaille à chasser définitivement les arabes de la Septimanie, province au sud du royaume franc, tâche qu'il achève en 759, avec la prise de Narbonne. Il reprend l'Aquitaine après une longue série de campagnes contre le duc d'Aquitaine Waïfre de 761 à 768. Il lutte continuellement pour assoir son autorité aux frontières, notamment en Germanie, où depuis l'abdication de son frère Carloman, il est confronté à l'opposition de son demi-frère, Grifon, duc de Bavière et fils naturel de Charles Martel. Il lance une réforme monétaire, aboutissant à l'adoption du denier d'argent en 755, et à l'instauration de la dîme en 756. L'édit de Ver (Oise) est une première tentative d'uniformiser le poids et l'aspect du denier d'argent franc, mais la marque de l'autorité royale ne figure systématiquement sur la monnaie qu'avec Charlemagne à partir de 793.
Il meurt le 24 septembre 768 à l'abbaye de Saint-Denis, après avoir partagé le royaume, toujours suivant la vieille coutume franque, entre ses deux fils, Charles (futur Charlemagne) et Carloman Ier. Il fut inhumé la face contre terre en signe d'expiation de ses fautes à l'entrée de l'abbatiale de Saint-Denis, où il fut rejoint par son épouse Berthe en 783.

Stanislas LESZCZYNSKI (1677-1766)

Stanislas Leszczynski

Marie Leszczynska

Issu d'une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne, il est né à Lwów en Pologne. Il reçoit une éducation extrêmement soignée, solidement formé dans la littérature et les sciences il parle et écrit, outre le polonais, l'allemand, l'italien, le français et le latin et fait le tour des grandes capitales (Vienne, Rome, Paris...) pour compléter sa formation. À vingt et un ans, il épouse la fille d'un magnat polonais, Catherine Opalinska.
Il est roi de Pologne de 1704 à 1709 et de 1733 à 1736 sous le nom de Stanislas Ier. En 1725, sa fille, Marie Leszczynska, épouse Louis XV.
Stanislas et sa femme viennent s'installer à Strasbourg où, le 15 août, le mariage est célébré par procuration dans la cathédrale par le cardinal de Rohan, grand aumônier de France et évêque du diocèse.
Puis ils quittent Strasbourg pour le château de Bourron, près de Fontainebleau, où ils retrouvent leur fille. D'où ils repartent quelques jours plus tard pour Chambord où il a été décidé qu'il s'établiraient, plutôt qu'à Saint-Germain-en-Laye.
En 1737, il est nommé duc de Lorraine et de Bar et remplace François III. Il s'installe à Lunéville. Stanislas est fraîchement accueilli par la population lorraine, très attachée à la famille ducale, et son intendant Chaumont de la Galaizière est unanimement haï et demeure un personnage à l'image noire dans la mémoire des lorrains.

Place Stanislas

Château de Lunéville

Chaque automne, Stanislas et sa femme rendent visite à leur fille à Versailles. Trianon est mis à leur disposition pendant la durée de leur séjour, mais ils ne font qu'y dormir et passent le plus clair de leur temps au château.
A Nancy, il crée la Bibliothèque Royale publique en 1750, et la Société Royale des Sciences et Belles-lettres qui prit le nom d'Académie de Nancy. Il met en place des initiatives sociales en avance sur son temps : écoles, hôpitaux, bibliothèques publiques, greniers collectifs, secours aux plus démunis... Il dote sa capitale, Nancy, du magnifique ensemble édifié autour de l'actuelle place Stanislas par l'architecte Emmanuel Héré, une grande place oblongue, la «place neuve de la Carrière», réunit la vieille ville à la ville neuve. Inaugurée en novembre 1757, elle est entourée d'immeubles magnifiques et close de grilles dorées, chefs d'œuvre de ferronnerie de Jean Lamour. Le centre de la place est occupé depuis 1831 par une statue de Stanislas, qui a remplacé celle de Louis XV, enlevée sous la Révolution. Stanislas fait également édifier l'église Notre-Dame de Bonsecours, l’hôtel des Missions Royales, les places d’Alliance et de la Carrière et encore les portes Saint-Stanislas et Sainte-Catherine. Il installe plusieurs résidences royales (Châteaux de Commercy, La Malgrange, Jolivet et Einville) et fait transformer le château de Lunéville surnommé le Versailles lorrain ainsi qui le parc.
Stanislas, âgé de quatre vingt neuf ans, meurt à Lunéville le 23 février 1766 au terme d'une longue agonie, après s'être brûlé accidentellement devant la cheminée de sa chambre. Il est inhumé à l'église Notre-Dame de Bonsecours, à Nancy.

Les Traités de Ryswick signés en 1697

à Rijswijk, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, ils mettent fin à la Guerre de la ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance. La France signe un premier traité le 20 septembre avec les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis un second avec le Saint Empire romain germanique, le 30 octobre. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume III d'Orange- Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III. Il accepte, par ailleurs, de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d'Espagne. La Catalogne et Barcelone sont restituées. Les Provinces-Unies signent des accords commerciaux avec la France et obtiennent le droit d'entretenir des garnisons dans certaines forteresses des Pays-Bas espagnols. Les vrais perdants de Ryswick sont le duc de Lorraine et l'empereur Léopold. Louis XIV évacue la Lorraine qui doit rester neutre et annexe définitivement la Sarre. En Allemagne, il annexe définitivement les quatre-cinquième de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), alors que l'accord de Ratisbonne (1684) prévoit la rétrocession pour 1704. En outre, la France obtient une compensation financière pour ses droits sur le Palatinat. Enfin l'Espagne doit reconnaître à la France la possession de la partie ouest de Saint-Domingue, ce qui permet à la France d'être le premier producteur de sucre au XVIIIème siècle.

Louis XVI, 21 juin 1791, fuite et arrestation à Varenne

Marie Antoinette

Louis XVI

La fuite de la famille royale est minutieusement préparée par Hans Axel de Fersen. L'entourage de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche, avec au premier rang Axel de Fersen favori de la reine, tente d'organiser la fuite de la famille royale vers Montmédy, pour y rejoindre le marquis de Bouillé, général en chef des troupes de la Meuse, Sarre et Moselle, co-organisateur du plan d'évasion. La famille de Marie-Antoinette est issue de Lorraine, son père étant le dernier prince de Lorraine.
La berline qui les transporte est censée être celle de la baronne de Korff, chaque membre du convoi a une identité d'emprunt.
20 juin 1791
21h45
: Axel de Fersen arrête la berline, qu'il a fait construire spécialement, en haut du faubourg Saint-Martin, à l'entrée de la route de Metz. À la même heure, 180 dragons envoyés par le marquis de Bouillé cantonnent à Clermont-en-Argonne et 40 hussards à Sainte-Ménehould, ils doivent protéger la route que suivra la voiture royale pour se rendre à Montmédy, et éventuellement en Belgique (territoire autrichien).
22h30 : Les deux femmes de chambre de Marie-Antoinette, Madame Brunier et Madame Neuville, les premières dames de Madame et du Dauphin, quittent les Tuileries pour Claye-Souilly où elles doivent rejoindre la berline royale.

Hans Axel Von Fersen

22h50 : Axel de Fersen emmène des Tuileries le dauphin, sa sœur, Marie-Thérèse de France et leur gouvernante, Louise Elisabeth de Croÿ de Tourzel.
23h30 : Louis XVI et Marie-Antoinette font semblant de se coucher selon le cérémonial habituel.
21 juin 1791
00h10
: Louis XVI déguisé en valet de chambre, monte dans une "citadine" (voiture de ville) stationnée près des Tuileries, rue de l'échelle. Il y trouve sa sœur Élisabeth de France. Marie-Antoinette les rejoint à 00h35.
1h50 : La famille royale atteint la berline avec une heure et demie de retard sur l'horaire prévu : Marie-Antoinette s'était perdue dans les méandres des rues entourant le Louvre.
2h30 : Premier relais à Bondy. Axel de Fersen qui accompagne la famille royale la quitte.
04h00 : Un cabriolet avec les deux femmes de chambre rejoint la berline royale à Claye-Souilly.
07h00 : Le valet de chambre s'aperçoit que Louis XVI n'est pas dans sa chambre aux Tuileries. Le comte de Provence (futur Louis XVIII de France) quitte Paris au petit matin avec son ami d'Avaray et arrive sans la moindre difficulté, par Maubeuge et Avesnes, à Mons, en Belgique. De là, il gagne Marche où il apprend l'arrestation de son frère Louis XVI.
8h00 : La nouvelle du départ de Louis XVI se répand dans Paris. L'Assemblée constituante, après avoir hésité entre la fuite ou l'enlèvement, déclare qu'il a été "enlevé".
10h00 : 60 hussards arrivent à Varennes-en-Argonne.

Lafayette

11h00 : Les voitures royales s'arrêtent à Montmirail. Elles ont trois heures de retard sur l'horaire prévu. À Paris, La Fayette envoie des courriers dans toutes les directions pour arrêter la famille royale. À Sainte-Ménéhould et Clermont-en-Argonne, la population s'inquiète de l'arrivée des cavaliers, la garde nationale prend les armes.
16h00 : La berline royale arrive à Châlons-sur-Marne avec quatre heures de retard.
Les cavaliers, détachés à Pont Somme Vesle, las d'attendre le passage des voitures royales et menacés par les paysans, reçoivent l'ordre de leur jeune chef, le duc de Choiseul, de se replier à travers champs et de gagner Varennes en Argonne en évitant les routes.
19h55 : Le cabriolet suivi de la berline royale, s'arrête devant le relais de Sainte-Menehould. Le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet qui a séjourné à Versailles, et qui, selon la légende, compare le visage du "valet de chambre" à l'effigie royale d'un écu reconnaît le roi, mais ne réagit pas. Il ne se lance à la poursuite de la berline royale que lorsque la municipalité le mandate aprés délibération.
20h10 : Les deux voitures quittent le relais en direction de Clermont-en-Argonne où les attendent un détachement de dragons commandé par le colonel Damas. Ceux-ci, pactisant avec la population, refusent les ordres et laissent passer la berline.
21h00 : Jean-Baptiste Drouet et son ami Guillaume montent à cheval. Le premier des deux pique sur Clermont, le second coupe par la fôret d'Argonne au village des Islettes pour se diriger vers Varennes en Argonne, où ils pensent que se dirigent les voitures royales. À Sainte-Ménéhould, les dragons sont désarmés sans résistance par la population.
22h50 : La berline royale s'arrête à l'entrée de Varennes pendant qu'un postillon cherche le relais. Les voyageurs sont étonnés de ne trouver aucun des cavaliers qui devaient les escorter. Ils frappent à la maison de monsieur de Préfontaines qui dit tout ignorer d'un relais. En effet ne voyant rien venir le relais a été déplacé dans la ville basse, de l'autre coté du pont enjambant la rivière l'Aire.
22h55 : Jean-Baptiste Drouet et Guillaume arrivent à Varennes, passent devant la berline arrêtée et avertissent le procureur-syndic, l'épicier Jean-Baptiste Sauce, que les voitures de la famille royale en fuite sont arrêtées en haut de la ville. Ils décident de barricader le pont de l'Aire, passage obligé. La garde nationale de Varennes se mobilise et son commandant, le futur général Radet, fait mettre deux canons en batterie près de pont.
23h10 : Les deux voitures de la famille royale sont immobilisées bien avant la barricade, sous la voûte de l'église Saint-Gégoult qui enjambe la rue, Jean-Baptiste Sauce, sous la pression des patriotes qui se trouvent à l'estaminet "du Bras d'or", oblige les voyageurs à descendre et les fait entrer dans sa maison à quelques pas. Le tocsin sonne, la garde nationale est mise en alerte.
22 juin 1791
00h30
: Le juge Destez qui a vécu à Versailles et que Jean-Baptiste Sauce est allé chercher reconnaît formellement le roi. Les hussards, qui n'ont pas été rassemblés par leurs officiers (dont le lieutenant Bouillé, fils du marquis de Bouillé), pactisent avec la foule. Le chirurgien Mangin monte à cheval pour porter la nouvelle à Paris. Le tocsin sonne et de plus en plus de paysans, de gardes nationaux arrivent à Varennes.
07h45 : Les patriotes de Varennes, avec les envoyés de l'Assemblée législative, Bayon et Romeuf, officiers de la Garde Nationale de Paris, arrivés vers 7 heures, décident de renvoyer la famille royale à Paris. Alertée par le tocsin qui sonne partout une foule énorme vient border la route suivie par le cortège des "prisonniers", encadré par la Garde Nationale varennoise et les dragons ralliés aux patriotes.

Jérôme Pétion de Villeneuve

22h00 : À Paris, l'Assemblée constituante prévenue par Mangin de l'arrestation de la famille royale nomme trois commissaires Antoine Barnave, Jérôme Pétion de Villeneuve et Charles César de Fay de La Tour-Maubourg, pour ramener la famille royale à Paris.
23h00 : La famille arrive à Châlons-sur-Marne, où elle couche.
23 juin 1791
09h00
: Le cortège royal quitte Châlons-sur-Marne.
13h00 : Les trois députés de l'Assemblée constituante, accompagnés du colonel Mathieu Dumas rejoignent la famille royale à Boursault, entre Épernay et Dormans. Ils couchent à Dormans. À Paris, le club des Cordeliers demande l'établissement de la République.
24 juin 1791
06h00
: Le cortège part pour Paris et s'arrête pour la nuit à Meaux. À Paris, une pétition, signée de 30 000 noms, réclame la République.
25 juin 1791
07h00
: La famille royale quitte Meaux. À Paris, dés l'aube, une foule immense prend la direction de Meaux. La ville est inondée de pamphlets violents, injurieux pour le roi et la reine.
14h00 : Les premiers Parisiens rencontrent la famille à Villeparisis. L'Assemblée nationale décrète la suspension de Louis XVI.

Retour de Varennes 1791

18h00 : Le cortège royal arrive sur les "nouveaux boulevards" (actuels boulevards de La Chapelle, Rochechouart, Clichy...). Pour éviter de trop violentes manifestations, la municipalité a décidé que les fugitifs feraient le tour de Paris et rentreraient aux Tuileries par les Champs-Elysées et la place de la Concorde. La Garde nationale forme la haie, mais la crosse en l'air, comme pour un enterrement. Le silence a été ordonné : "Quiconque applaudira le roi sera bâtonné, quiconque l'insultera sera pendu". Il est 22 heures.
19h00 : Les trois gardes du corps (Malden, Moustier et Valory) ont les mains liées derrière le dos. La foule est immense, mais silencieuse, ou presque, on entend quelques cris de "Vive Drouet ! Vive la Nation ! Vive la brave garde nationale !".
22h00 : Lorsque la voiture royale arrive aux Tuileries, la fureur de la foule éclate. Il s'en faut de peu que Marie-Antoinette ne soit écharpée. Le duc d'Aiguillon et Louis-Marie de Noailles la sauvent de justesse.
Le retour aux Tuileries va, dans les faits, sceller le destin tragique de la famille royale. Le ralliement de Louis XVI à la Constitution, et son serment de fidélité, ayant peu de poids face à de supposées trahisons, dont la tentative de fuite constitue un symbole éclatant.

Isabelle de Lorraine (1400-1453)

Fille de Charles II, duc de Lorraine, et de Marguerite de Wittelsbach. Elle épouse à Nancy le 24 octobre 1420, René d'Anjou (1409-1480), alors comte de Guise et héritier du duc de Bar, qui devient plus tard, roi de Naples, comte de Provence et duc d'Anjou. Par le traité de Foug signé en 1419, il est convenu que si les deux duchés partage le même souverain, chacun conserve ses propres institutions. A sa mort René Ier abdique la couronne de Lorraine en faveur de leur fils aîné, Jean, mais pas celle de Bar qu'il tient de droit.
Le couple a 9 enfants : Isabelle, morte jeune, Jean II de Lorraine (1425-1470), duc de Lorraine, Louis, marquis de Pont-à-Mousson (1427-1445), Nicolas (1428-1430), Yolande (1428-1483), mariée à Ferry II de Lorraine, comte de Vaudémont, Marguerite (1429-1482), mariée à Henri VI, roi d'Angleterre, Charles (1431-1432), Louise (1436-1438) et Anne (1437-1450).
Isabelle de Lorraine meurt à Angers le 28 février 1453.

Versailles

Traité de Versailles 1919

Il annonce la création de la Société des Nations et détermine les conditions de la paix entre l'Allemagne et les Alliés de la Première Guerre mondiale. Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité est signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. L'Allemagne, qui n'est pas représentée au cours de la conférence, se voit privée de ses colonies et d'une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes sanctions économiques. L'original du traité est confisqué par les nazis en 1940 et emporté en 1945 à Moscou, d'où il n'est jamais revenu.

Jeanne d'ARC (1412-1431)

Domrémy

Domrémy

Jeanne d'Arc est née à Domrémy le 5 ou le 6 janvier 1412. Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, elle faisait partie d'une famille de cinq enfants: Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre. Elle était très pieuse, et aimait se rendre, chaque samedi, à l'église de Bermont, près de Greux, pour prier.
Surnommée la Pucelle d'Orléans, c'est une figure emblématique de l'histoire de France.
Elle mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le Dauphin Charles VII de France au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent ans. Elle est finalement capturée par les Bourguignons à Compiègne, vendue aux Anglais et mise au bûcher après un procès en hérésie.
Entaché de nombreuses et graves irrégularités, ce procès est cassé par le Pape Calixte III en 1456, un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l'élève au rang de martyr. Elle est béatifiée en 1909 et canonisée en 1920. Elle est l'une des trois saintes patronnes de la France.
Ses réponses lors de son procès, dont les minutes ont été précieusement conservées, révèlent une jeune femme dotée de courage, de franchise et d'un esprit de repartie saillant, ce qui explique sans doute comment elle a su galvaniser ses troupes.

Nicolas Charles Marie OUDINOT 1767-1847

Fils d'un artisan-brasseur, né le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc, est maréchal d'Empire en 1809. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire, 24 blessures au total.

Maréchal Oudinot

En 1791, il est nommé chef du 3ème bataillon des volontaires de la Meuse et se distingue en septembre 1792 par une belle défense d'une attaque prussienne du château de Bitche où il reçoit la première blessure de sa carrière. Il obtient le régiment de Picardie, puis il est promu Colonel en mai 1794, puis général de brigade en juin. Passé à l'armée de Moselle, attaqué de nuit, à la bataille de Neckerau en 1796, il est blessé de cinq coups de sabre, pris et envoyé en Allemagne, pour être échangé cinq mois après. L'affaire du pont de Manheim, la bataille de Feldkirch et la prise de Constance, que défendait le prince de Condé, lui valurent le grade de général divisionnaire.
Il sert sous Hoche, Pichegru et Moreau, puis en 1799 dans l'armée d'Helvétie sous Masséna, dont il est le chef d'état-major. Conservé par Brune dans les fonctions de chef d'état-major de l'armée d'Italie, il est chargé de porter à Paris la nouvelle de la paix bientôt signée à Trévise.
Après la bataille de Monzambano, Napoléon lui octroie un sabre d'honneur puis la croix de la légion d'honneur.
Il est élu en 1803 député de la Meuse.
Nommé comte d'Empire en 1808, il concourre à la victoire de Wagram et est nommé maréchal le 12 juillet 1809 et duc de Reggio en 1810. Il concourt, avec les maréchaux Ney, Mortier et Victor, à assurer aux débris de l'armée française le passage de la Bérésina. Il prend part aux combats de Brienne et de Champaubert, ainsi qu'aux revers de Bar-le-Duc et de La Ferté-sur-Aube. A la bataille d'Arcis-sur-Aube, sa plaque de Grand Aigle de la légion d'honneur arrête une balle qui aurait dû être mortelle.
Après la capitulation de Paris et la déchéance de Napoléon, il se voue tout entier au service de Louis XVIII, qui le nomme colonel général des grenadiers et chasseurs royaux, et gouverneur de Metz. Après la seconde Restauration, il est nommé commandant en chef de la garde nationale parisienne, major-général de la garde royale, Pair de France, ministre d'État, grand-croix de l'ordre royal de Saint-Louis, et enfin chevalier du Saint-Esprit.
En 1837, il accepte le poste de grand chancelier de la Légion d'Honneur.
Le maréchal Oudinot est mort dans l'exercice de ces dernières fonctions le 13 septembre 1847, à six heures du soir. Il avait quatre-vingts ans. Des onze enfants d’Oudinot, quatre sont des garçons. Tous seront militaires.

Le Kronprinz, Guillaume de Prusse 1882-1951

Abdication du Kronprinz en 1918 à Spa

Guillaume de Hohenzollern dit le Kronprinz. Prince héritier de l'empire d'Allemagne. Fils de Guillaume II d'Allemagne et de Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderburg-Augustenbourg. En 1905, il épousa Cécile de Meklembourg-Schwerin, fille de Friedrich Franz III von Mecklenburg- Schwerin).
Lors de la Première Guerre mondiale, il fut commandant des hussards de la mort. Comme son père, il abdiqua en 1918 et fut exilé sur l'île de Zuiderzee aux Pays-Bas.
En 1923, il revêtit de nouveau son uniforme des hussards de la mort. Dans les années 1930, il fréquenta beaucoup les nazis et assura la jonction des corps-francs allemands et des anciens combattants de la Grande Guerre avec le parti national-socialiste.
Après la Seconde Guerre mondiale, il résida dans un de ses châteaux en Allemagne.

Anne Gédéon de La Fite, marquis de Pelleport 1754-1807

Né à Stenay et décédé à Liège en 1807, pamphlétaire et aventurier français.
Il était originaire d'une vieille famille de Stenay, pauvre, mais bien établie à Paris : son père -Gabriel-René de La Fite, marquis de Pellepore- était écuyer et gentilhomme ordinaire de la maison du comte d'Artois qui prit pour première épouse Melle Chabrignac de Condé.
Brissot devait en donner un portrait très détaillé dans ses Mémoires : «Homme d’esprit mais sans fixité dans les principes, aimant les plaisirs quoique dénué de la fortune qui les procure, avait de l’esprit, l’apparence de la bravoure, un goût effréné pour le plaisir, un mépris profond pour toute espèce de moralité. C’était une sorte d’Alcibiade qui se prêtait à tous les rôles qu’on voulait lui faire jouer.»

Bernardin de Saint-Pierre

L'une de ses filles, Marguerite-Charlotte-Désirée, épousera Bernardin de Saint-Pierre puis le littérateur Louis-Aimé Martin.
Suspecté d'être l'auteur de pamphlets contre la Cour de France, il se trouve impliqué dans une opération de police dirigée par l'inspecteur Receveur et l'ancien libelliste Charles Théveneau de Morande, tous deux chargés de racheter les libelles français et d'en punir les auteurs. Pelleport tente de soudoyer ces deux personnages sans succès. Pour se venger, il rédige en 1783 un pamphlet dirigé contre Morande et la police de Paris. Embastillé pour ses travaux de plume du 11 juillet 1786 au mois d'octobre 1788, il est le voisin du Marquis de Sade.
Lorsque le 14 juillet 1789, le peuple parisien s'empara de la forteresse, il risqua sa vie en vain pour sauver celles du major M. de Losme et de l'ancien gouverneur.
Pendant la Révolution, ses connaissances de l'Angleterre le porte à être employé, en 1792, comme agent et espion à Londres. Le 7 février 1792, l'un de ses parents, Claude-Agapite de Pelleport, paraissant suspect à la municipalité de Stenay, est arrêté. A la séance de l'Assemblée législative du 17 février suivant, le Comité diplomatique fit savoir «que les frères Pelleport étaient réellement chargés d'une mission de la part du gouvernement, qu'ils avaient des passeports en règle» et que c'était à tort qu'ils avaient été arrêtés arbitrairement par les municipalités de Stenay et de Neuville. L'Assemblée décréta que «MM. Pelleport et Lemblay seront élargis sur le champ, et le scellé mis sur les effets de M. de Pelleport sera levé».
Envoyé à Chimay à la fin de l'année 1793, se faisant passer pour émigré, il aurait été dénoncé par Verteuil et Gabriel de Cussy, puis arrêté sur ordre du prince de Cobourg. Pelleport fut décrété d’accusation et déclaré émigré. Passé ouvertement du côté autrichien, on le retrouve en juin 1795 à Steinstadt, au sein de l'armée de Condé dont il fait office de poète.
Un acte notarié prouve qu'il résidait toujours à Stenay (Cervisy) le 24 juillet 1798.
Il aurait été arrêté en 1802 par la police consulaire. Mort à Paris en 1810 ou à Liège en 1807, la date et le lieu du décès ne sont pas établis avec exactitude.

"Paul et Virginie" écrit en 1787

roman de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre.
Deux enfants dans l'île de France (future Île Maurice), issus de deux familles différentes, Paul et Virgine, sont élevés en commun comme deux frère et sœur, dans la splendeur naturelle des paysages tropicaux. Mais à l'adolescence, des sentiments amoureux naissent entre eux. La mère de Virginie décide alors de l'éloigner de Paul en envoyant sa fille étudier en France, laissant Paul à son chagrin. Plusieurs années après, Virginie annonce son retour dans l'île, mais le navire qui la ramène de France se fracasse durant une tempête sur les rochers sous les yeux de Paul. Celui-ci ne tarde pas à succomber à la douleur de sa perte. Ce roman décrit avec force les sentiments amoureux et la nostalgie du paradis perdu. Au-delà du cadre exotique et de la description d'une société idyllique, Bernardin de Saint-Pierre expose dans ce roman sa vision pessimiste de l'existence.

Anne Pierre Nicolas de Lapisse 1773-1850

né le 23 mars 1773 à Rocroy (Ardennes) est un militaire français.
Officier du génie avant la Révolution française, il est aide-de-camp du général Bouchet durant les campagnes de 1792 et 1793. Il est mis en arrestation sur les ordres du Comité de salut public, puis libéré après les événements du 9 thermidor.
Nommé capitaine en 1795, chef de bataillon en 1801, légionnaire à la création de l'Ordre en 1804, colonel directeur des fortifications à Mayence le 7 octobre 1810. Bloqué dans cette place pendant les campagnes de 1813 et 1814, il est commandant en chef de son arme. A la paix en 1814, il est fait officier de la Légion d'honneur et de Saint-Louis. En 1827 il reçoit la décoration de commandeur de la Légion d'honneur. Nommé maréchal de camp en 1831, il est mandé à Paris comme inspecteur du génie et membre du Comité des fortifications, puis chargé en 1832 et 1833 de l'inspection générale des divisions du Nord et de l'Est.
Retraité en 1835, le général de Lapisse se retire en son château de Laneuville (Meuse), où il meurt le 24 février 1850, à l'âge de 77 ans.
Vers 1840, un de ses descendants, le Colonel Charles Alexandre de Lapisse achète le château de Cervisy.

Armand Jean du PLESSIS de RICHELIEU (1585-1642)

Richelieu

Cardinal, duc et pair de France, ministre de Louis XIII est né à Paris le 9 septembre 1585.
Il était le cinquième d'une famille de six enfants et le deuxième de trois garçons. Sa famille, d'ancienne noblesse du Poitou mais pauvre, possédait un certain éclat : son père, François du Plessis, seigneur de Richelieu, était un soldat et un courtisan qui tint la charge de Grand Prévôt de France; sa mère, Suzanne de la Porte, était la fille d'un juriste fameux.
Quand il n’avait que cinq ans, son père, capitaine des gardes d'Henri IV, mourut au combat dans les Guerres de Religion, laissant une famille endettée; la générosité royale permit cependant à la famille de ne pas connaître de difficultés financières. À l'âge de neuf ans, le jeune Richelieu fut envoyé à Paris, au Collège de Navarre, pour étudier la philosophie. Ensuite, il reçut une formation pour suivre une carrière militaire et marcher sur les traces de son père.
Il entre en politique et devient secrétaire d’État en 1616 puis cardinal en 1622 et principal ministre de Louis XIII en 1624. Il resta en fonction jusqu'à sa mort, en 1642.
Son action comme premier ministre, englobe aussi bien des dimensions culturelles et religieuses qu'administratives, coloniales, politiques et diplomatiques. Réputé pour son habileté, souvent critiqué pour son intransigeance, il fit du concept moderne de raison d'État la clé de voûte de ses méthodes de gouvernement et de sa vision diplomatique et politique. En lutte à l'intérieur contre la noblesse et les protestants, et à l'extérieur contre les Habsbourg, réprimant sévèrement aussi bien les duels meurtriers ou les conspirations nobiliaires que les révoltes antifiscales paysannes, il est considéré comme un fondateur essentiel de l'État moderne en France.
Ses grandes réformes le rendirent tellement impopulaire que, à l'annonce de sa mort le 4 décembre 1642, le peuple alluma des feux de joie pour fêter l'événement. En mourant, il recommanda au roi son successeur Mazarin. Il possédait, à son décès, 20 millions de livres (une des fortunes les plus importantes de l'époque et, dit-on, la plus importante de tous les temps en France, après celle de Mazarin), et en légua un million et demi au roi, qui mourut quelques mois après lui.

Napoléon Ier (1769-1821)

Bonaparte

Napoléon

Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio en Corse, le 15 août 1769, sous le nom de baptême Napoléone Buonaparte. Issu d’une famille de la noblesse de robe corse dont la présence sur l'île est attestée depuis le XVIIème siècle, il est le quatrième enfant (second des enfants survivants) de Carlo Maria Buonaparte, avocat au Conseil supérieur de l'île, et de Maria Letizia Ramolino.
Il fut général, Premier consul, puis Empereur des Français.
Général de la Révolution française à 24 ans, il accumule les victoires spectaculaires en Italie et pendant la campagne d'Égypte, puis prend le pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Il dirige la France à partir de la fin de l’année 1799, en étant d'abord Premier consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815.
Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec près de 130 départements, transformant Rome, Hambourg ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français.
Il est président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, médiateur de la Confédération Suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813.
Il conquiert et gouverne la majeure partie de l’Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, Jérôme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples.
Il crée un grand-duché de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet à son influence des puissances vaincues telles que la Prusse et l'Autriche.
Napoléon tenta de mettre un terme à son profit à la série de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande Armée, dont ses fidèles «grognards», du Nil et de l'Andalousie jusqu'à la ville de Moscou. Malgré de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni en 1801), l’épopée impériale prend fin en 1815 avec la défaite de Waterloo.
Napoléon s’est marié deux fois : Le 9 mars 1796, avec Joséphine de Beauharnais qui sera couronnée impératrice. Ce mariage restant sans enfants, il se terminera par un divorce, le 16 décembre 1809.
Le 11 mars 1810 (par procuration) avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui lui donnera un fils : Napoléon François Joseph Charles Bonaparte (1811-1832), roi de Rome, duc de Reichstadt, connu également sous le nom de Napoléon II, bien qu’il n’ait régné en théorie que 15 jours, entre la deuxième abdication de Napoléon et la Seconde Restauration. Le surnom de l’Aiglon lui vient de poèmes de Victor Hugo écrits en 1852.
Il a eu également au moins deux enfants illégitimes : Charles, comte Léon (1806-1881), fils de Catherine Éléonore Denuelle de la Plaigne (1787-1868) et Alexandre, comte Walewski, (1810-1868), fils de la comtesse Walewska (1789-1817).
Et selon des sources plus contestées : Émilie Louise Marie Françoise Joséphine Pellapra, fille de Françoise-Marie Leroy; Karl Eugin von Mühlfeld, fils de Victoria Kraus; Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805-1895) dont la mère reste inconnue et Marie Caroline Julie Élisabeth Joséphine Napoléone de Montholon, fille de la comtesse Albine de Montholon (née à Sainte-Hélène en 1818-1819).
Peu d'hommes ont suscité autant de passions contradictoires que Napoléon Bonaparte. Prophète des temps modernes, Prométhée moderne... il a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire et politique mais ses incessantes campagnes sont souvent coûteuses et se soldent par de graves défaites finales en Russie et à Waterloo.
Il meurt en exil sur l'île de Sainte-Hélène sous la garde des Anglais.

Aliénor d'Aquitaine ou Éléonore de Guyenne (1122-1204)

Aliénor

Elle est la fille aînée de Guillaume X, duc d’Aquitaine (lui-même fils de Guillaume IX le Troubadour) et d’Aénor de Châtellerault (fille de Aymeric Ier de Châtellerault) un des vassaux de Guillaume X. Le souvenir d'Aliénor d'Aquitaine est encore vivace à Nieul-sur-Autise (notamment à l'abbaye Saint-Vincent) qui la vit naître en 1122.
Elle reçoit une éducation soignée, celle d’une femme noble de son époque, soit à la cour d’Aquitaine, l’une des plus raffinées du XIIème siècle, entre les différentes résidences des ducs d’Aquitaine: Poitiers, Bordeaux, le château de Belin où elle serait née, soit encore dans un monastère féminin. Elle apprend à lire et à écrire le latin, la musique et la littérature de l’époque, mais aussi à monter à cheval et à chasser.
Elle devient l’héritière du domaine aquitain à la mort de son frère Guillaume Aigret, en 1130. Lors de son quatorzième anniversaire, les seigneurs d’Aquitaine lui jurent fidélité. Son père meurt à 38 ans, le Vendredi saint lors d’un pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle.

Louis VII

Elle épouse alors l’héritier du roi de France Louis VI, le futur Louis VII, en 1137 à Bordeaux. Ils sont couronnés ducs d’Aquitaine à la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers. Ils apprennent la mort de Louis VI pendant le voyage vers Paris. Aliénor est couronnée reine de France à Noël 1137 à Bourges (son époux déjà sacré du vivant de son père, à l’âge de neuf ans, est recouronné).
Très belle, d’esprit libre et enjoué, Aliénor déplaît à la cour de France, plus froide et réservée. Elle est critiquée pour sa conduite et ses tenues indécentes, tout comme ses suivantes et tout comme une autre reine de France venue du Midi un siècle plus tôt, Constance d’Arles. Ses goûts luxueux (des ateliers de tapisserie sont créés, elle achète beaucoup de bijoux et de robes) étonnent. Les troubadours qu’elle fait venir ne plaisent pas toujours.
Elle pousse Louis VII à participer à la deuxième croisade et l'accompagne, comme c’était habituel, la croisade étant un pèlerinage. La découverte de l’Orient, avec ses fastes et ses mystères, fascine Aliénor et rebute Louis. En chemin, la croisade s’arrête dix jours à Antioche : elle y est accueillie par Raymond de Poitiers, l’oncle d’Aliénor, prince d’Antioche. Il est certain qu’Aliénor et Raymond de Poitiers s’entendent à merveille et passent beaucoup de temps ensemble. Des soupçons naissent sur la nature de leurs relations et une dispute éclate entre Louis VII et Aliénor. Ils font le retour séparément, en bateau jusqu’en Italie.
Le mariage est annulé en 1152 par le synode de Beaugency pour motif de consanguinité (le divorce n'existe pas à l'époque). Deux filles sont nées de ce mariage : Marie (1145-1198) et Alix (1150-1195).

Henri II

Elle échange quelques courriers avec Henri d’Anjou, futur roi d’Angleterre et le 18 mai 1152, six semaines après l'annulation de son premier mariage, elle l'épouse. Celui-ci est de onze ans son cadet et a le même degré de parenté que Louis VII avec elle. Dans les treize années qui suivent, elle lui donne cinq fils et trois filles : Guillaume Plantagenêt (1153-1156), Henry dit Henri le Jeune (1155-1183), Mathilde (1156-1189), Richard (1157-1199), qui devient roi d'Angleterre sous le nom de Richard Cœur de Lion, voir chapitre suivant, Geoffroy II de Bretagne (1158-1186), Aliénor (1161-1214), qui épouse Alphonse VIII de Castille (1155-1214), mariage dont est issue Blanche de Castille ; Jeanne (1165-1199), Jean (1166-1216), dit Jean sans Terre, roi d'Angleterre (1199-1216). Durant les deux premières années de ce mariage, Aliénor affirme son autorité. Mais rapidement, c’est Henri II qui prend les décisions.

Fontevraud

La cour Plantagenêt protège les artistes, et l’époque connaît une importante floraison littéraire.
En 1162, à sa demande, les travaux d’une nouvelle cathédrale à Poitiers commencent.
En 1173, elle trame un complot qui soulève ses fils Richard, Geoffroy et Henri le Jeune contre leur père. Cette révolte est soutenue par Louis VII, le roi d’Écosse Guillaume Ier, ainsi que les plus puissants barons anglais. Aliénor espère ainsi lui reprendre le pouvoir mais, lors d'un voyage, elle est capturée et Richard finit par rallier son père. Aliénor est emprisonnée pendant presque quinze années, d’abord à Chinon, puis à Salisbury, et dans divers autres châteaux d’Angleterre.
En 1189, après la mort d'Henri II, elle est libérée sur ordre du nouveau roi, Richard Cœur de Lion. Elle parcourt alors l’Angleterre, y libère les prisonniers d’Henri II et fait prêter serment de fidélité au nouveau roi. Elle y gouverne en son nom jusqu’au début de 1191.
Aliénor se retire en 1200 à l'abbaye de Fontevraud. Malade, elle ramène néanmoins en février 1201 le puissant vicomte Aimery VII de Thouars à l’obéissance, alors qu’il s’était révolté. Elle meurt à Poitiers, à l'âge de 82 ans, le 31 mars 1204, quelques semaines après la prise de Château-Gaillard par Philippe Auguste. Elle est inhumée à Fontevraud et l'on peut toujours voir son superbe et célèbre gisant qui voisine avec ceux de son second mari Henri II Plantagenêt, de son second fils arrivé à l'âge adulte Richard Cœur de Lion et d'Isabelle d'Angoulême, la femme de Jean sans Terre.

Richard Coeur de Lion (1157-1199)

Richard Ier

Richard Ier Cœur de Lion, roi d'Angleterre de 1189 à 1199, duc d’Aquitaine, comte du Maine, comte d’Anjou, né au palais de Beaumont à Oxford (Angleterre), mort lors du siège de Châlus (France). Fils de Henri II d'Angleterre, ou Plantagenêt, et d'Aliénor d'Aquitaine (voir paragraphe précédent). Il parcourut la Vendée, notamment à Talmont-Saint-Hilaire où il aimait chasser et se reposer.
Richard est élevé en France à la cour de sa mère, dont il devient l'héritier à l’âge de onze ans. Après la mort de son frère aîné, il devient aussi l'héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, la Normandie, le Maine. Pendant son règne, il ne passera que quelques mois dans le royaume d'Angleterre et utilisera toutes ses ressources pour partir en croisade, puis défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père.

Château Gaillard

Richard était très éduqué, capable de composer de la poésie en français et en occitan. Il était également doté d'un physique exceptionnel, mesurant plus d'un mètre quatre-vingt-dix, et excellait dans les activités militaires. Dès son jeune âge, il paraissait également doué pour les activités politiques, et fut remarqué pour son courage et son tempérament chevaleresque.
L'amitié entre Philippe Auguste et Richard est souvent assimilée à une relation homosexuelle. L'historien Jean Verdon souligne qu'à défaut de pouvoir affirmer qu'il fut homosexuel, il est possible de conclure qu'il fut bisexuel. Selon Jean Flori, c'était un «paillard polyvalent», car, attiré par les garçons, il aimait aussi le beau sexe.
En 1190, il part pour la troisième croisade avec Philippe Auguste depuis le port de Marseille. Sa promise, Bérangère de Navarre, première-née du roi Sanche VI de Navarre, le enfin rejoint sur sa route vers la Terre sainte. Leur mariage est célébré à Limassol, le 12 mai 1191. Le mariage ne produit pas d'héritier, et les opinions divergent sur l'entente entre les époux.
Le duc Léopold V de Babenberg capture Richard sur son chemin de retour, près de Vienne, à l’automne 1192. Richard l’a en effet publiquement insulté durant la croisade. Emprisonné à Dürnstein, il est livré à l’empereur Henri VI qui réclame une rançon pour sa libération. L’empereur le libère en février 1194 contre un premier versement prélevé sur le trésor anglais, ce qui laisse le royaume exsangue.
Durant plusieurs années de guerre, il parvient à redresser la situation et à défendre efficacement la Normandie. Il fait construire à cet effet une série de châteaux dont le célèbre Château-Gaillard près des Andelys sur la rive droite de la Seine, mais aussi la forteresse d'Arques-la-Bataille, ainsi que les châteaux de Radepont dans la vallée de l'Andelle, Montfort-sur-Risle dans la vallée de la Risle, Orival sur la Roche Fouet surplombant la Seine en amont de Rouen au-dessus d'Elbeuf et fait améliorer le château de Moulineaux surplombant la Seine en aval de Rouen.
Richard meurt le 6 avril 1199 des conséquences d'un carreau reçu durant le siège de Châlus en France, château de son vassal. Il est enterré près de ses parents en l’abbaye de Fontevraud près de Chinon, mais ses entrailles sont à Châlus, où elles sont toujours conservées. Son cœur repose à Rouen, capitale de la Normandie.
Philippe de Cognac est le fils bâtard de Richard Cœur de Lion et d'une femme inconnue du duché d'Aquitaine. Son père lui fit épouser l'héritière de la seigneurie de Cognac. Il est le seul enfant connu de Richard Cœur de Lion.

Gilles de MONTMORENCY-LAVAL, baron de RAIS (1404-1440)

dit Gilles de Rais (ou Gilles de Retz, ou Gilles de Rays) aussi surnommé Barbe-Bleue, Maréchal de France, comte de Brienne, seigneur de Rais, d’Ingrandes et de Champtocé-sur-Loire. Ses immenses revenus, ses alliances avec de grandes familles nobles, sa parenté avec la famille royale de France et la dynastie ducale de Bretagne, firent de lui un des seigneurs les plus en vue de son époque.

Gilles de Rais

Né en 1404 au château de Machecoul et décédé en 1440 à Nantes, petit-neveu du connétable Bertrand Du Guesclin, Gilles de Rais entreprend une carrière militaire, qui se révéle brillante. Lors de la guerre de Cent Ans, dont il sera un des héros, on le trouve notamment aux côtés de Jeanne d'Arc. En 1429, il fut un des principaux capitaines qui aidèrent Jeanne d'Arc à faire entrer des vivres dans Orléans. Il est nommé maréchal de France par Charles VII en 1429 en guise de récompense pour ses valeureux services. Il était conseiller et chambellan du roi. Son échec, avec Jeanne d'Arc, lors du siège de Paris entraîne son discrédit auprès de la Cour et l'incite à se retirer sur ses terres dans son Château de Tiffauges en Vendée.
Héritier à vingt ans d'un patrimoine considérable, il fut marié à Catherine de Thouars qui lui apporta en dot de nombreuses terres en Poitou. Il devint en 1432 l'un des plus riches seigneurs du royaume après la mort de son aïeul maternel, Jean de Craon, seigneur de la Suze, de Champtocé, et d'Ingrande.

Château de Tiffauges

Il en eut bientôt dissipé la plus grande partie par ses prodigalités, son faste et ses débauches. Ses ressources ne lui suffisant pas, avait depuis longtemps cherché d'autres moyens pour s'en procurer. Assez instruit pour son siècle, il eut recours à l'alchimie et à la magie. On dit qu'il promettait tout au diable, excepté son âme et sa vie. Il semble que ce fut à cette époque qu'il commença d'immoler des enfants, soit pour mettre plus de raffinement dans ses plaisirs abominables, soit pour employer leur sang, leur cœur ou quelques autres parties de leurs corps. Des parents, des amis semblent même avoir été les complices de ses horribles débauches.
En 1440, Gilles de Rais tombe sous la juridiction de l'Église, et permet à celle-ci de lancer une procédure pour enquêter sur les rumeurs qui courent à son encontre. En septembre, il est accusé d'avoir violé, torturé et assassiné 140 enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, durant les huit années précédentes. Les chefs d'accusation sont les plus graves de l'époque : « sodomie, sorcellerie et assassinat ».
Manifestement convaincu qu'il est trop puissant pour craindre quoi que ce soit, il se laisse capturer. Il est emprisonné dans le château de Nantes. Le procès s'ouvre en octobre 1440. Les témoignages à charge commencent à affluer. Ses valets et complices, également arrêtés, se mettent à l'accabler. Il comprend alors qu'il ne pourra résister longtemps face à ces accusations. Il s'emporte et se révolte, il est excommunié par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l’effraie et il se résout à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience, horrifie l'assistance.
Le jugement est prononcé le 25 octobre par le tribunal présidé par le procureur et sénéchal de Bretagne, Pierre de l'Hôpital. Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus puis brûlés. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs: le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé puis inhumé. Le lendemain matin, 26 octobre 1440, après une messe à la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes, l'exécution est accomplie dans les prairies de l'île de La Biesse. Tandis que ses valets sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré et son corps est enseveli dans l'église du monastère des Carmes, à Nantes. Ce monastère et le monument funéraire dédié à sa mémoire furent détruits durant la Révolution française.
Dans les souterrains du château de La Suze-sur-Sarthe, lequel lui a appartenu, il a été ultérieurement découvert quelques 49 crânes humains. Il est aujourd'hui difficile de se prononcer ni sur la réalité ni sur le nombre exact des victimes. L'accusation lui a reproché 140 meurtres à l'époque. Ce procès est l'un des tout premiers procès des barons du royaume, qui jusque là étaient maîtres en leur baronnie, et ne relevaient de la justice de personne.
Les salles basses du donjon de Tiffauges ont, dit-on, servi de théâtre à ces turpitudes.

Les guerres de Vendée et leurs chefs

Guerre civile qui opposa partisans et adversaires du mouvement révolutionnaire, entre l'An I et l'An IV (1793 et 1796) au cours de la Révolution française, et plus particulièrement pendant la Première République. Comme partout en France, la Vendée a connu des manifestations paysannes, entre 1789 et 1792. Mais c'est au moment de la levée en masse, et plus particulièrement le 12 mars 1793, que la révolte vendéenne, aussi appelée l’insurrection vendéenne, s'est déclenchée dans un premier temps comme une jacquerie paysanne classique, avant de prendre la forme d'un mouvement contre-révolutionnaire. La conscription, à Saint Florent le Vieil met le feu aux poudres. Le jour du tirage au sort, toute la foule est là pour refuser la conscription, elle se fâche et lynche les patriotes qui s'enfuient. Leurs munitions sont dérobées. Saint Florent entre en guerre. Plusieurs patriotes ont été tués, la guerre est alors irrémédiable. Elle ne s'arrête qu'au début de 1796, après bien des combats, bien des morts et bien des destructions. L'affrontement des "Blancs" et des "Bleus" pendant ces trois années terribles marquera la Vendée durant longtemps, tant les atrocités y furent nombreuses, comme en témoigne le mémorial de Vendée érigé aux Lucs-sur-Boulogne, où furent massacrées plusieurs centaines de femmes et d'enfants.

Plusieurs chefs de guerre marquèrent cette période :

François Athanase Charette (1763-1796)

François Athanase Charette

Logis de la Chabotterie

est de tous les grands chefs Vendéen, le plus connu. Né en 1763 au manoir de La Contrie à Couffé (près d'Ancenis), issu d'une famille de la petite bourgeoisie, son père a embrassé la carrière militaire. Son parrain, Louis Charette de la Gascherie, doyen du parlement de Bretagne, lui permet de suivre des études à Angers chez les Oratoriens avant de l'orienter vers la marine. Il intègre la marine nationale en 1779.
De 1780 à 1790, il parcourt les mers. Entré comme aspirant garde, il atteint le grade de lieutenant de vaisseau et parcourt le monde, effectuant plusieurs campagnes américaines. En 1790, il quitte la marine, rentre au pays et se marie en 1790 avec Marie-Angélique Josnet de la Doussetière, veuve de 14 ans son aînée, dotée d'une solide fortune et d'une fille de 14 ans.
Ce personnage controversé était très différent de ses acolytes vendéens. Il aimait la fête et les femmes, se montrait parfois d'une grande cruauté. Traité avec dédain par les grands généraux angevins, il mène son combat dans les marais seul, mais pourtant avec un succès certain. Il fut surnommé "Le Roi de la Vendée", et Napoléon Ier écrira de lui "Il laisse percer du génie". Il est l'un des derniers à avoir résisté aux républicains. Il est capturé par le général Travot le 23 mars 1796 dans les bois de la Chabotterie (commune de Saint-Sulpice-le-Verdon). Blessé, il est transporté et allongé sur la grande table de la cuisine où il est soigné avant d'être conduit à Nantes. Condamné à mort, il y est fusillé six jours plus tard sur la place Viarmes. Il refusa le bandeau et ordonna lui-même de faire feu. Sa devise était "Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais".

Charles Melchior Artus de Bonchamps (1760-1793)

Bonchamps

Né au manoir du Crucifix en Anjou dans une famille aristocrate de longue lignée. Il a six ans lorsque sa mère meurt. Son père se remarie un an plus tard avec une jeune femme de 18 ans. Toute la famille, ainsi que Charles et ses trois soeurs, s'installe alors dans la demeure familiale des Bonchamps : la Baronnière, à Saint Florent le Vieil.
Il s'engage à 16 ans dans le régiment d'Aquitaine où il démarre en bas de l'échelle comme cadet noble. En 1789, il épouse Marie-Renée Marguerite de Scépeaux, qui n'est autre que la nièce d'Autichamp (voir chapitre suivant). Il sert avec distinction dans la guerre d'Amérique et devient capitaine au régiment d'Aquitaine, lorsque la Révolution française, qu'il désapprouve, lui fait quitter cette place. Il se retire près de Saint-Florent où les insurgés de la Vendée viennent le chercher pour le mettre à leur tête au tout début de l'insurrection. Militaire aguerri, il joue un rôle essentiel pendant les premiers mois du conflit.
Il fut choisi en 1793 avec Maurice-Louis-Joseph Gigot d'Elbée comme général de l'armée catholique et royale de Vendée.
La bataille de Cholet, le 17 octobre 1793 sonne le glas de Bonchamps et de d'Elbée. Les combats sont violents et, pendant la bataille, ils sont grièvement blessés. Bonchamps mourant est évacué à la Meilleraie, en face de St Florent où il reçoit le saint viatique. Avant de mourir il effectue un geste qui restera dans l'histoire: il ordonne à Autichamp la grâce des 5000 républicains enfermés dans l'église qui vont être éxécutés. Il dira avant de s'éteindre: "J'ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J'ai su pardonner." Il est inhumé à 23h00 dans le cimetière de Varades à la lumière des torches.

Charles-Marie-Auguste-Joseph de Beaumont, comte d'Autichamps (1770-1859)>

Né au château d'Angers, il fait très jeune ses premiers pas dans l'armée. A 17 ans, il est capitaine au Royal-Dragon et à 21, adjudant-major de la garde du Roi. Le 10 août 1792, il est présent au côté du Roi lors de la prise des Tuileries. En 1793, quand la guerre éclate, Autichamp devient un des principaux officiers de l'armée de Bonchamps, son cousin (voir chapitre précédent).
Il est l'un des rares officiers de l'armée Catholique et Royale à avoir survécu à la guerre de Vendée. Fait prisonnier par les Républicains en décembre 1793, il doit son salut à un cousin républicain qui l'enrôle dans les hussards pour le cacher. Éloigné de la Vendée pendant un an, il y revient en 1795. A la mort de Stofflet, il reprend le commandement de l'armée, mais se soumet rapidement aux républicains.
En 1815, il se bat à nouveau pour la Vendée, cette fois au côté de Louis de la Rochejaquelein, le frère d'Henri. En 1832, il récidive, mais cette fois pour la comtesse de Berry. Il est condamné à mort par contumace. Il s'enfuie en exil. En 1838, il tente de rentrer en France et est arrêté. Jugé, il est acquitté.
Il meurt en 1859 dans son château de la Rochefaton, près de Parthenay.

Maurice, Joseph, Louis Gigost d'Elbée (1752-1794)

Elbée

Né à Dresde (Allemagne) d'un père français. Bien que son extrait de naissance ne mentionne pas le nom de Gigost, on l'appellera souvent ainsi. Il faut remonter au XVIIème siècle pour en comprendre la signification : la famille Gigost qui fait alors partie de la petite bourgeoisie, s'adjoint le nom de d'Elbée. Son nom prend ainsi une tournure plus aristocrate, comme on aimait en avoir à l'époque.
Chez les d'Elbée, on est militaire de génération en génération. M. d'Elbée père, en 1752, est conseiller privé auprès du roi de Pologne à Dresde. Maurice suit tout naturellement la tradition familiale, et, à 16 ans, entre dans l'armée de Saxe. 4 ans plus tard, il vient en France. A 29 ans, il n'est que lieutenant et sa carrière piétine. En 1781, Il demande le commandement d'une compagnie, mais sa hiérarchie la lui refuse. Il décide donc de démissionner. Il possède une ferme dans les Mauges, qu'il a hérité de son grand-père. La maison n'est pas très luxueuse, mais eu-égard à son rang aristocratique, on l'appellera le domaine de la Loge Vaugirard. La ferme est située à St Martin, près de Beaupréau. En 1788, d'Elbée à 36 ans quand il se marie avec Marguerite-Charlotte de Hauterive, qui est de 2 ans son aînée.
En 1789, comme bon nombre de vendéens, d'Elbée se sent l'âme patriote.
Cet homme pieux, apprécié des paysans, succéde à Cathelineau au plus haut poste de l'armée vendéenne. Entouré de jeunes généraux fougueux et audacieux.
Le 20 juillet 1793, d'Elbée est élu généralissime en remplacement de Cathelineau. Blessé à Cholet le 17 octobre 1793, avec Bonchamps, les deux hommes sont évacués, Bonchamps à St Florent ou il décèdera le soir même et d'Elbée vers Noirmoutier. C'est Pierre, le frère de Jacques Cathelineau (voir chapitre suivant) qui sort d'Elbée du champ de bataille. Avec 1500 angevins il traverse la Vendée transportant d'Elbée sur un brancard vers l'île de Noirmoutier que détient Charette. Très grièvement blessé, on l'installe dans une maison avec son épouse. Le 2 janvier 1794, les républicains à la recherche de Charette attaquent l'île. D'Elbée ainsi que les autres chefs vendéens sont faits prisonniers, tandis que 1200 paysans, femmes et enfants sont arrêtés et regroupés dans l'église. Au prétexte de les faire comparaître devant la commission militaire, ils sont conduits 60 par 60 à l'extérieur de l'église et fusillés. Dans le même temps, les hommes de la convention interrogent d'Elbée, et le condamne à mort. Il est fusillé le 6 janvier. Il ne peut pas se lever à cause de ses blessures, aussi est-il exécuté dans son fauteuil. Son corps, jeté dans les douves, ne sera jamais retrouvé.

Jacques Cathelineau (1759-1793)

Cathelineau

Jacques Cathelineau est né au Pin-en-Mauges dans une famille roturière et très croyante , il est le second d'une famille de 5 enfants. Son père, Jean Cathelineau, tailleur de pierres, officie comme sacristain du prêtre de la commune. C'est dans cette atmosphère très chrétienne, entre sa maison et le presbytère que Jacques va grandir.
Le 4 février 1777, Jacques Cathelineau, encore mineur, épouse Louise Godin, de 9 ans son aînée. Ils auront 10 enfants dont 5 qui décèderont dans leur première année.
Il exerce le métier de maçon, comme son père. Très actif dans sa paroisse, il y est élu syndic, en 1787. Le 12 mars 1793, c'est le tirage aux sort des conscrits à St Florent le Vieil. La population y est très hostile. Les hommes célibataires n'ont pas l'intention d'aller se faire tuer aux frontières pour protéger une République qu'ils n'aiment pas. Jacques Cathelineau qui n'est pas concerné par la conscription, ne fait pas parti des émeutiers. Mais la guerre est là et il prend la tête d'un groupe d'hommes du Pin. Stofflet et lui sont les seuls roturiers à prendre la tête d'une armée.
Jusqu'en juillet 1793, il va combattre avec ses hommes, allant de victoires en victoires, n'essuyant que peu de défaites. En mai 1793, au côté des autres chefs Vendéens, il prend la tête de l'armée royale et marche sur Fontenay. Fontenay est une belle victoire pour les insurgés et il s'impose dès lors comme un leader incontournable de l'armée royale et catholique. Un bon chef, visionnaire et apprécié de ses hommes. Le 12 juin, à l'unanimité il est élu Généralissime (général des généraux). Le 29 juin, avec l'aide de Charette, venu en renfort, Bonchamps et Cathelineau attaquent Nantes. Ils se heurtent à des républicains bien préparés. Pendant la bataille, Jacques Cathelineau est blessé d'un balle à la poitrine. Il est ramené à l'arrière puis évacué à Saint Florent le Vieil. La gangrène s'installe.
Il meurt le 14 juillet 1793 et est enterré dans le cimetière de Saint Florent. Sa mort reste secrète, sans doute pour ne pas démoraliser ses hommes.

Nicolas Stofflet (1753-1795)

Stofflet

Stofflet a été un chef militaire de première importance bien qu'il n'ait pas réussi à s'imposer comme patron de l'armée catholique et royale. Ses hommes le craignaient plus qu'ils ne l'aimaient. Il était intelligent, bon militaire mais était aussi dur, froid et ambitieux. Après la mort des leaders, il chercha à devenir le nouveau généralissime. Mais la division des chefs ajoutée à son manque de qualités humaines ne lui permirent pas d'obtenir le poste tant convoité.
Le 22 février 1795, il rencontre à la Saugrenière (sur la commune de la Poitevinière) des insurgés bretons et normands pour mettre sur pied une entente entre les armées insurgées. La réunion est interrompue dans la nuit et remise au lendemain. Stofflet et ses hommes restent dormir sur place dans la métairie. Les bleus, avertis de la présence d'insurgés à la Saugrenière y envoient un détachement de 250 hommes. Au petit matin, ils déferlent dans la métairie et y capturent plusieurs insurgés, dont Stofflet. Il est conduit à Angers et traduit devant le conseil de guerre. Reconnu coupable d'avoir été pris les armes à la main, il est condamné à mort. La sentence est exécutée le jour même, à 10h sur le champ de mars. Face à ses bourreaux, Stofflet aurait refusé le bandeau en ces termes : Sachez qu'un général Vendéen n'a pas peur des balles. Et il aurait ajouté : "Vive la religion, vive le roi !". Sa tête tranchée au sabre est transportée tel un trophée à travers toute la ville.

Henri du Vergier, comte de La Rochejacquelein (1772-1794)

de La Rochejacquelein

né en 1772, à la Durbelière, près de Châtillon-sur-Sèvre (Poitou), fils du marquis de la Rochejaquelein. Il fit ses études à l'école militaire de Sorèze. La Révolution française l'ayant surpris dès l'âge de seize ans, il crut pouvoir défendre le trône dans la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI où il fut appelé en 1791.
Les généraux, n'ayant plus ni Bonchamps ni d'Elbée, sentirent la nécessité de se donner un commandant en chef qui eût la confiance générale. Lescure, blessé à mort, désigna la Rochejaquelein comme le seul capable de ranimer le courage des combattants de la Vendée. Tous les chefs le nommèrent, à l'unanimité, généralissime de l'armée vendéenne catholique et royale. Il avait à peine 21 ans.
Fidèle à ses convictions, il a toujours fait montre de courage et de dévouement. Il reste le plus jeune général vendéen, et sans doute le plus aimé. Le 28 janvier 1794 il est tué à bout portant d'une balle en plein front par un grenadier. Ses officiers accourent et le vengent en massacrant son meurtrier. Son corps est enseveli à la même place où il a été atteint. Afin que son cadavre ne soit pas identifié, son compagnon Nicolas Stofflet lui enleve ses vêtements et lui taillade le visage à coups de sabre en sanglotant: "j'ai perdu ce que j'avais de plus cher au monde".

Pierre GARCIE dit FERRANDE (1430-1520)

Garcie-Ferrande

Né et décédé à St Gilles Croix de Vie , il était d'origine ibérique. Les caboteurs ramenaient souvent de leurs voyages dans le sud des matelots espagnols ou portugais et ceux ci, se plaisant dans notre région, s'y installaient et y faisaient souche. Ce fut le cas d'un des ascendants de notre personnage. Comme son père il était marin.

Routier

A cette époque les cartes marines n'existaient pas et les connaissances des "pilotes" étaient entièrement empiriques. Chacun notait sur un carnet les données qu'il avait recueillies lui-même ou reçues de son Maître, de son Patron, de son père. Les carnets de pilotes se transmettaient de main en main et contenaient donc l'essentiel du savoir nautique de l'époque. Pierre Garcie Ferrande eut l'idée de réunir le maximum de ces connaissances dans un recueil des routes à suivre. Il destinait ce recueil à son filleul, Imbert, son élève en navigation. Le "Grad Routier" avait sans aucun doute beaucoup d'intérêt car il connut un succès considérable. D'abord diffusé, semble-t-il, sous forme manuscrite, il fut imprimé en 1502 pour la première fois et donna lieu à trente-deux éditions en français et huit en Anglais.
La boussole aurait été inventée en Chine par l’architecte, agronome, médecin et historien Shen Gua, vers le milieu du XIème siècle. Le savant avait découvert qu’une tige de magnétite, un métal ferreux, avait la propriété de s’orienter en direction du Nord magnétique de la Terre. Les marins chinois adoptèrent la boussole quelques années plus tard, vers la fin du XIème siècle, et la firent connaître à leurs homologues indiens et arabes, qui la transmirent à leur tour aux Européens. L’instrument européen, qu’on appelait alors marinette, consistait en une simple aiguille posée sur une tige de paille flottant sur l’eau. La boussole que nous connaissons aujourd’hui est l’œuvre de Pierre Garcie Ferrande. Elle date de 1483.

Nau

Jean-David NAU dit François l'Olonnois le cruel (1630-1669)

est considéré comme l'un des pirates les plus cruels et sanguinaires toutes époques confondues. D'origine française, né aux Sables d'Olonne en 1630, il commit ses principaux actes de piraterie en compagnie de Michel le Basque.
Exploité par un planteur antillais, l'Olonnois rejoint les boucaniers. Il pille les villes et pourchasse les navires espagnols, méritant le surnom de "Fléau des Espagnols". La ruse est la grande qualité de l'Olonnois. Elle le sauvera plusieurs fois: une tempête ayant drossé son navire sur la côte, il se barbouille de sang la poitrine et le visage et s'étend sur les cadavres de ses compagnons pour échapper aux sabres des Espagnols. Un soir, il remonte avec deux barques dans l'estuaire où une frégate espagnole a jeté l'ancre. A plat ventre dans les hautes herbes, il attend avec ses hommes le lever du jour : la frégate appareille et, lorsqu'elle passe devant eux, ils la prennent à l'abordage. Sa ruse ne sauve pourtant pas l'Olonnois d'une mort atroce. Son navire s'étant ensablé sur la côte de Darién, au Panamá, il décide de construire une grande barque. Il est capturé puis est hâché, rôti et mangé par des Indiens cannibales.

Georges Benjamin CLEMENCEAU (1841-1929)

Clémenceau

est un journaliste et un homme politique français. Né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds, petite bourgade vendéenne. Quelques décennies plus tard, dans ce même village naîtra un autre personnage illustre de l’histoire militaire française: Jean de Lattre de Tassigny (voir chapitre suivant).
Sa mère est d'une famille protestante. Son père, Benjamin Clemenceau, a une grande influence sur lui ; c'est un républicain engagé qui s’investit en 1830 dans la lutte contre Charles X et plus tard contre Louis-Philippe. Arrêté par Napoléon III après la tentative d’assassinat par Orsini, il est condamné à la déportation en Algérie, mais est libéré avant d’être embarqué à Marseille.
Georges Clemenceau, après des études au lycée de Nantes, obtient en 1858 un baccalauréat des lettres. Il choisit ensuite de se diriger, tout comme son père, vers des études de médecine. En 1861, il part poursuivre ses études à Paris. Il fonde avec des camarades en décembre de cette année un hebdomadaire "Le Travail". Le 23 février 1862, il est arrêté par la police pour avoir apposé des affiches convoquant une manifestation. Il passe 77 jours dans la prison de Mazas. Durant ses années d’études, il participe encore à la création de plusieurs revues et écrit de nombreux articles. Il devient docteur en médecine le 13 mai 1865.
Le 25 juillet, il s’embarque pour l'Angleterre puis les États-Unis. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford et s’éprend d’une de ses élèves, Mary Plummer, qu’il épouse le 20 juin 1869.
Il revient en France la même année et entreprend une carrière politique dans le camp des opposants à Napoléon III.
Il devient successivement :
- Maire du XVIIIème arrondissement de Paris, composé pour l'essentiel de l'ancienne commune de Montmartre, (1870 à 1871),
- Député à l'Assemblée nationale (1871-1893),
- Président du conseil municipal de Paris (1875),
- Sénateur (1902-1920),
- Ministre de l'Intérieur (1906), surnommé le Tigre,
- Président du Conseil (1906-1909 et 1917-1920), surnommé le Père la Victoire,
- Membre de l'Académie française, élu en 1918 .
Il signa au nom de la France le traité de Versailles, qui sanctionna la défaite de l'Allemagne.
En Vendée, tout parle de Clémenceau : du château familial de l'Aubraie à sa tombe de Mouchamps, en passant par la "bicoque" de Saint-Vincent-sur-Jard transformée en musée. Son domicile parisien a également fait l'objet d'une transformation en musée.

Jean-Marie de LATTRE de TASSIGNY (1889-1952)

Maréchal de France est né à Mouilleron-en-Pareds en Vendée comme Georges Clemenceau, d'une vieille famille aristocratique des Flandres françaises. Il reçoit une éducation de qualité au collège Saint Joseph de Poitiers. De 1898 à 1904, il prépare l'École navale et Saint-Cyr où il est reçu en 1908. Il effectue ses classes au 29ème Dragons à Provins. Il est élève de Saint-Cyr de 1909 à 1911. Il entre en 1911 à l'école de cavalerie de Saumur. En 1912 il est affecté au 12e Dragons à Pont-à-Mousson puis sur le front. Capitaine du 93e Régiment d'Infanterie, il termine la guerre avec 4 blessures et 8 citations.
De 1919 à 1921, il est au 49e Régiment d'Infanterie à Bayonne. En 1921 à 1926, il est envoyé au Maroc. De 1927 à 1929, il suit les cours de l'école de guerre.

De Lattre de Tassigny

De Lattre de Tassigny

Il se marie avec Simone Calary de Lamazière en 1927, et ils auront un fils, Bernard, en 1928. En 1929 il devient chef de bataillon au 5e Régiment d'Infanterie à Coulommiers. En 1932 il est promu à l'état-major de l'armée puis à celui du général Maxime Weygand, vice-président du Conseil Supérieur de la Guerre, au grade de lieutenant-colonel. En 1935 il devient colonel, commandant le 151e Régiment d'Infanterie à Metz. Entre 1937 et 1938, il suit des cours au centre des hautes études militaires et devient en 1938 chef d'état-major du gouverneur de Strasbourg. Promu général de brigade en 1939, il est chef d'état-major de la Ve armée. Le 1er janvier 1940, il prend le commandement de la 14e Division d'Infanterie. De juillet 1940 à septembre 1941, il est adjoint au général commandant la 13e région militaire à Clermont-Ferrand puis devient général de division commandant des troupes de Tunisie jusqu'à la fin 1941. Par la suite, il commande la 16e Division à Montpellier et est promu général de corps d'armée.
Lorsque la zone libre est envahie par les troupes allemandes, il refuse l'ordre de ne pas combattre et est arrêté. Il est condamné à 10 ans de prison par le tribunal d'État de la section de Lyon le 9 janvier 1943. Il parvient à s'évader de la prison de Riom le 3 septembre 1943 et rejoint Londres puis Alger où il arrive le 20 décembre 1943 après avoir été promu au rang de général d'armée le 11 novembre 1943 par le général de Gaulle.
Il représente la France à la signature de l'armistice du 8 mai 1945 à Berlin au quartier général du Maréchal Joukov.
Entre décembre 1945 et mars 1947, il est inspecteur général et chef d’état-major général de l’armée. En mars 1947 il est inspecteur général de l’armée, puis inspecteur général des forces armées. D’octobre 1948 à décembre 1950, il est commandant en chef des armées de l’Europe occidentale à Fontainebleau. De 1950 à 1952, il est haut-commissaire et commandant en chef en Indochine, commandant en chef en Extrême-Orient et met sur pied une armée nationale vietnamienne.
Épuisé par le surmenage auquel il s'est astreint tout au long de sa carrière et que n'a pas arrangé sa blessure reçue en 1914, très affecté par la mort de son fils Bernard, tué au cours de la campagne d'Indochine, et atteint d'un cancer de la hanche, il meurt à Paris le 11 janvier 1952 des suites d'une opération. Il est élevé à la dignité de maréchal de France, à titre posthume, lors de ses funérailles le 15 janvier 1952. Il est inhumé dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds.

Rabelais

François RABELAIS (1494-1553)

est un médecin et écrivain français de la Renaissance mais aussi l'un des humanistes les plus connus de cette époque. Il est le fils d'Antoine Rabelais, sénéchal de Lerné et avocat, et serait né en 1494, au domaine de La Devinière, près de Chinon en Touraine.
Rabelais est novice, vers la fin de 1510, au monastère de Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers. Vers octobre 1520, il rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine. L'évêque Geoffroy d'Estissac l'accueille dans son abbaye de Maillezais, alors évêché, après quelques démêlés avec les Franciscains de Fontenay. C'est sans doute là qu'il imagina Thélème, et les personnages de Gargantua et Pantagruel.
Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prend l'habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités. Il commence ses études de médecine à Paris. Le 17 septembre 1530, il s'inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant.
Ecclésiastique, vivant en concubinage, Rabelais a deux enfants.

Georges Joseph Christian SIMENON (1903-1995)

Simenon

Simenon

est un écrivain belge de langue française, né à Liège, officiellement le 13 février 1903. Sa vie commence par un mystère, il serait né le vendredi 13 février, mais déclaré le 12 par superstition et mort à Lausanne le 4 septembre 1989.
Simenon était un romancier d’une fécondité exceptionnelle : on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques, de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom. Mais aussi 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes. Les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires. Georges Simenon est, selon l'Annuaire Statistique de l'UNESCO de 1989, le dix-huitième auteur toutes nationalités confondues, le quatrième auteur de langue française, et l'auteur belge le plus traduit dans le monde. Il a été choisi comme un des Cents Wallons du siècle, par l'Institut Jules Destrée, en 1995.
Lors d’une course en bateau, il débarque sur les quais de La Rochelle et va prendre un verre au café de la Paix qui va devenir, plus tard, son quartier général. En 1923, il se marie à Liège le 24 Mars avec Régine Renchon, surnommée Tigy. En 1925, au Théâtre des Champs-Elysées, il rencontre une jeune fille de Saint Louis (Missouri), alors totalement inconnue, qui danse dans la "Revue nègre". Elle a vingt ans et s'appelle Joséphine Baker. C'est le coup de foudre et le couple Simenon ne se déplace plus sans Joséphine, mais l'infortunée Tigy semble ignorer complètement cette liaison qui durera jusqu'au début de 1927.
De 1932 à 1936, il s’installe avec son épouse à La Richardière, une gentilhommière du XVIème siècle, sise à Marsilly, «ce bâtiment de pierre grise avec sa tour coiffée d’ardoises, autour duquel une allée de marronniers, un petit parc, puis, serré, touffu, humide, coincé entre de vieux murs, un bois en miniature, deux hectares de chênes, domaine des araignées et des serpents». En 1938, il loue la villa Agnès à La Rochelle, puis s'installe à Nieul-sur-Mer.
En 1939, naissance de son premier fils Marc Jean Chrétien.

Denyse Ouimet

Pendant toute la guerre, entre 1940 et 1945, Simenon écrit énormément, vingt romans dont trois Maigret.
Puis il s'installe au château de Terre-Neuve à Fontenay le Comte. En 1945, au sortir de la guerre, il part pour les aux États-Unis, d'abord en Californie, puis en Floride et dans l'Arizona, avant de s'installer à Lakeville dans le Connecticut, dans une propriété nommée "Shadow Rock Farm" dont la grande maison de 18 pièces comportant 8 chambres à coucher et 6 salles de bains. Il va parcourir pendant dix années en voiture cet immense continent, afin d’assouvir sa curiosité et son appétit de vivre. Il rencontre la canadienne Denyse Ouimet, plus jeune de 17 ans. Il va vivre avec elle une passion faite de sexe, de jalousie, de disputes et d’alcool. En 1949, naissance de son second fils, John Denis Chrétien. En 1950, il divorce d'avec Tigy et se remarie avec Denyse le lendemain.

Château de Terre Neuve Lakeville La Richardière Echanders Epalinges

En 1952, il est reçu à l’Académie Royale de Belgique. En 1953, naissance de sa fille, Marie Georges dite Marie-Jo.
En 1955, il revient définitivement en Europe. En 1957, il se fixe à Echandens en Suisse dans le canton de Vaud, près de Lausanne. En 1959, naissance de Pierre Nicolas Chrétien. En 1961, Teresa Sburelin entre au service de la famille comme femme de chambre de Denyse. Elle deviendra la compagne des dernières années de Simenon. Denyse connait des problèmes d'alcoolisme et de dépression nerveuse et en 1962 entre en cure de désintoxication dans une institution hospitalière. En 1963, Simenon se fait construire une grande maison en Suisse à Epalinges au nord de Lausanne. En 1971, il est élu membre de l'American Academy of Arts and Letters. En 1972, il renonce au roman et commence une longue autobiographie de 21 volumes. Il vend Épalinges et s'installe avec Teresa dans un grand appartement au huitième étage du 155 rue de la Cour à Lausanne. Un an plus tard, il achète la petite maison qu'il voit de son appartement. C'est une petite maison du XVIIIème siècle avec un énorme cèdre de 250 ans dans le jardin. Il l'appelle "notre petite maison rose" et y mène une existence très simple avec Thérésa.
En 1978, le suicide de sa fille Marie-Jo, qui se tue d'une balle en plein coeur à l'âge de 25 ans, endeuille ses dernières années. Il répand ses cendres au pied du cèdre.
1989, à 86 ans, Georges Simenon s'éteint à l'aube du 4 septembre. Son corps est incinéré le 6. Téresa jette ses cendres dans l'ombre du cèdre du Liban, les mêlant à celles de sa fille.

Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon (1949-)

De Villiers

plus connu sous le nom de Philippe de Villiers, est un homme politique français, né le 25 mars 1949 à Boulogne en Vendée. Philippe de Villiers est vicomte, issu d'une famille normande anoblie par lettres patentes en 1595. L'un de ses ancêtres directs, Léonor Le Jolis de Villiers, fut maire de Saint-Lô, puis député (conservateur) de la Manche sous la Restauration. Son père, Jacques de Villiers (1913-2000) est le fils de Louis Le Jolis de Villiers, capitaine « mort pour la France » le 10 septembre 1914. Né en Lorraine, il y est élevé par la famille de sa mère (les Saintignon, famille de maîtres de forge). Lui-même officier, il sert notamment au 151e régiment d'infanterie sous le commandement de Jean de Lattre de Tassigny, alors colonel de cette unité. Il est fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale et s'évade. Installé en Vendée après son mariage, Jacques de Villiers devient maire de Boulogne de 1947 à 1983 à la suite de plusieurs membres de la famille de son épouse. Il est également conseiller général des Essarts, vice-président du conseil général de la Vendée de 1973 à 1987, et conseiller régional des Pays de la Loire jusqu'en mars 1992.
Philippe de Villiers est :
- Conseiller général du canton de Montaigu (1987-1988)
- Président du Conseil général de Vendée (1988-1994/1994-1998/1998-2001/2001-)
- Député UDF de la Vendée à l'Assemblée nationale (1987-1988/1988-1996/1993-1994)
- Député non-inscrit de la Vendée (1997-2002/2002-2004 doit renoncer à son siège pour cumul de mandats)
- Député au Parlement européen (1994-1997 démission/juil. à déc. 1999 démission)
- Député européen (juin 2004)
- Secrétaire d'État chargé de la Communication auprès de François Léotard, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement Chirac (1986-1987).
En 1977, il est à l'origine du spectacle du Puy du Fou, sur le site du château du même nom, que le conseil général de Vendée achète au prix du terrain (800 000 francs pour 30 hectares). Il y met en scène une « cinescénie », qui devient rapidement un des plus grand spectacles son et lumière en France. Tous les vendredis et samedis soir d'été, des bénévoles retracent l'histoire de la Vendée et du château du Puy du Fou. On y voit notamment des scènes du conflit vendéen lors de la Révolution française. Le spectacle est un succès populaire. Il accueille 1 million de spectateurs par an et est doublé depuis 1989 d'un parc d'attractions «Le Grand Parc» doté de nouveautés chaque année. Voir le spot-vidéo du Puy du Fou bouton

René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757)

Réaumur

né à la Rochelle en 1683, sa famille possède des terres en Vendée, dans le canton de Pouzauges. Jean Ferchault, le grand-père de René-Antoine, receveur des douanes à Luçon, achète dans les années 1620, une partie de la seigneurie de Réaumur. Son père, René Ferchault, conseiller au présidial de La Rochelle, meurt le 20 août 1684, tandis que son frère, Jean-Antoine naît le 1er octobre de la même année.
René-Antoine étudie le droit à Poitiers et à Bourges avant de venir à Paris où il se consacre aux sciences. Ses travaux lui valent d’être élu en 1708 à l’Académie des sciences, qui le charge de la direction de la collection «Description des divers arts et métiers». Il y écrit de nombreux articles dont "L’Art de convertir le fer forgé en acier" en 1722, qui amène la France à fabriquer ce métal qu’elle importait jusqu’alors. Il démontre le premier que l’acier contient du carbone. Par ses découvertes, Réaumur est sans doute le fondateur de la sidérurgie scientifique.
Il étudie et fait progresser l’histoire naturelle, la biologie (il invente l’incubation artificielle des oeufs), la physique (le thermomètre à alcool) et s’intéresse à de nombreuses disciplines différentes (l’art du verrier, le fil d’araignée, la nacre, la porcelaine...). En 1724, il se lance dans la métallographie. Mais c’est surtout un grand entomologiste. De 1737 à 1748, il publie les douze tomes des Mémoires pour servir à l’histoire des insectes.
En 1752, il étudie l’influence du suc gastrique dans la digestion et permet des avancées dans ce domaine. Il est l’un des pionniers de la génétique avec ses recherches sur l’hybridation qui sont à la base des travaux que Mendel entreprendra près d’un siècle plus tard.
En 1757, il meurt à l’âge de soixante-quatorze ans, alors qu’il est encore en pleine activité.

Saint Philbert (616-685)

Eglise Saint-Philbert-de-Grand-Lieu

nom d'origine germanique signifiant le très brillant, est mort à l'Abbaye de Noirmoutier le 20 août 685.
Fils d’un évêque en Aquitaine, il est né à Eauze (Gers), capitale de l'Aquitaine, au temps du roi Dagobert Ier en 616, fils d'un haut fonctionnaire royal, Philibaub. Lequel devenu veuf, fut demandé comme évêque par les habitants de la capitale. Philbert est élevé à la cour du Roi et d'abord destiné à une carrière administrative.
Puis à 20 ans, attiré par la vie monastique, il devient moine et entre à l'abbaye de Rebais (Seine et Marne). En 650, à 34 ans, il est élu Abbé de Rebais et se met alors à voyager d'une abbaye à une autre, à travers la France, la Suisse, l'Italie par les voies romaines et le cours des rivières.
Après la chute de l'Empire romain et les invasions barbares, les abbayes deviennent des hauts-lieux de la recherche de Dieu, du travail intellectuel et manuel. Elles ont un fort impact sur les populations, qu'elles évangélisent, instruisent et soignent.
A son retour en 654, Philbert fonde une abbaye, dans une boucle de la Seine, Jumièges, capable, d'abriter vers la fin du VIIème siècle, jusqu'à 900 religieux et 1500 serviteurs. Il équipe des bateaux et envoient outre-mer ses religieux pour échanger les produits de l'abbaye contre des cargaisons d'esclaves qu'il rétablit et libère à leur arrivée.
Poursuivi par la haine du Maire du Palais, Ebroïn, Philbert est emprisonné à Rouen. Libéré après quelques semaines mais interdit de séjour à Jumièges, il trouve asile auprès de l'évêque de Poitiers, Ansoald, qui l'autorise à fonder un monastère aux confins de son diocèse dans l’île de Noirmoutier. Il existe déjà une communauté chrétienne au Vieil depuis Saint Hilaire, évêque de Poitiers, au IVème siècle et la Chapelle St Hilaire-du-Vieil.

Chapelle et chasse de saint Philibert, abbatiale de Tournus

Le moine Philbert est de la taille des grands conducteurs d'hommes. En dix années, il transforme cette île pauvre et faiblement peuplée. Il l'évangélise en l'aidant à mieux vivre. Avec les moines, les habitants défrichent les terres, les fertilisent en utilisant le goémon. Pour gagner des terres, pour développer la récolte de sel, il fait creuser des canaux à travers les marécages, protègeant la Côte Est par une série de digues, il trace des chemins, il construit des ponts, il aménage le port de Noirmoutier. Dans le même temps, sortent de terre les bâtiments monastiques. Au lieu donc ou s'élèvent aujourd'hui le château, l'église et toutes les maisons environnantes, l'Abbé donne le premier coup de pioche et pose la première pierre.Le plan de l'abbaye s'inspire de celui de Jumièges.
On lui doit aussi la fondation ou la réforme des abbayes de Luçon et de St Michel en l’Herm.
Il meurt le 20 Août 685, au milieu de ses moines et des habitants de Noirmoutier. Son corps est déposé au lieu actuel de la crypte jusqu'en 836 où, en raison des incursions de plus en plus fréquentes des Normands dans l’île, les moines de Noirmoutier transportent, dans leur église de St Philbert-de-Grand Lieu, le sarcophage contenant les restes de leur fondateur.
En 858, ils abandonnent le lourd sarcophage de deux tonnes de granit et transportent les reliques successivement à Messay (Vienne), à St Pourçain sur Sioule (Allier) et enfin à Tournus (Saône et Loire) où elles sont encore précieusement conservées. Noirmoutier ayant en garde une côte et une vertèbre.

Les seigneurs de La Garnache

Ruines du château de La Garnache

Environ 1 000 ans avant notre ère, le territoire de La Garnache était situé sur un promontoire dont Beauvoir-sur-Mer était le cap extrême, entouré des marais de Bouin au Nord et Sallertaine au Sud. Environ deux siècles avant JC, la tribu gauloise des Agnutes s'installe dans le pays de Retz, alors couvert d'immenses forêts. C'étaient des marins, des agriculteurs et des éleveurs. La civilisation romaine laisse des traces de constructions dans la région. Le territoire des Agnutes est rattachée à la civitas (circonscription administrative) des Pictons (capitale : Poitiers). Un monastère dépendant de La Garnache est fondé en 673 dans "l'Ile d'Hero" (Noirmoutier) par saint Philbert.
La dynastie des seigneurs de La Garnache débute vers 1045, avec Gauthier et Goscelin, et s'étend sur un vaste territoire (Beauvoir, Bois-de-Céné, îles d'Île d'Yeu et Noirmoutier, Sallertaine...). Le seigneur Pierre de la Garnache fonde et dote le monastère de La Lande en Beauchêne.
Jusqu'en 1214, six seigneurs édifient et fortifient ce puissant château.La ville et le château ne forment qu'une seule enceinte entourée d'eau. Trois faubourgs, ayant chacun une chapelle Saint-Nicolas, Saint-Thomas et Saint-Léonard, rayonnent autour de celle-ci.
Des personnages illustres marquent la mémoire de la Garnache : en 1584, le mathématicien François Victe se retire au château. En 1588, Henri IV, en route pour le siège de Beauvoir, y passe une nuit.
Le territoire est disputé pendant les guerres de religion entre calvinistes et catholiques. Cette période troublée s'achève à la promulgation de l'Édit de Nantes en 1598. En 1622, Louis XIII ordonne le démantèlement de la forteresse.
Terres et bâtiments passent successivement aux familles de Belleville, de Clisson et de Rohan-Soubise, puis sont vendus à la famille de Gondi à laquelle appartient le cardinal de Retz, célèbre frondeur avec Condé. En 1649, Pierre de Gondi, marquis de la Garnache, réunit la baronnie de Beauvoir au marquisat.
En 1793, La Garnache fournit à l'insurrection vendéenne l'un de ses chefs les plus connus, le chevalier François-Athanase Charette de la Contrie. Lire son histoire chapitre 61 et celle de Madame de la Garnache, Marie-Adélaïde de la Touche-Limouzinière, comtesse de La Rochefoucauld-Bayers... et reine de Legé, sur le site de la Société des historiens du Pays de Retz.
En 1813, Louis de la Rochejacquelein occupait la ville et y cachait des armes.

Sir Martinus Cornelis TROMP (1629-1691)

Sir Martinus Cornelis Tromp

né le 9 septembre 1629 à Rotterdam, deuxième fils de l'amiral Maarten Tromp et Dignom Cornelisdochter de Haes.
En 1642, il est envoyé à Harfleur en France pour apprendre la langue d'un prédicateur calviniste.
En 1643, il rejoint son père sur son navire amiral "l'Aemilia". En 1645, il est nommé lieutenant, en 1649 capitaine puis en 1653 commandant en chef de la marine néerlandaise et danoise, après le décès de son père.
Cornelis Tromp, à la barre du "De Halve Maan", jouera un rôle prépondérant dans la bataille de Livourne au nord de l'Italie, en 1653.
En 1665, il accède temporairement au commandement suprême de la flotte confédérale comme lieutenant amiral, mais doit renoncer à cette fonction, en faveur du lieutenant-colonel amiral Michel de Ruyter. Il combat aux côtés de ce dernier.
En 1667, il tente d'imiter le mode de vie de la noblesse en épousant une riche veuve âgée, Margaretha Van Raephorst. Ils n'auront pas d'enfants.
Il est étroitement impliqué dans l'assassinat de Johan et Cornelis De Witt en 1672.
En 1675, il est fait baronnet par Charles II d'Angleterre.
En 1676, il devient amiral général de la marine danoise et Chevalier de l'Ordre de l'Eléphant; et en 1679, lieutenant-colonel amiral général de la République.
Tromp a une très haute opinion de lui-même, estimant que, fils d'un père célèbre, il a un droit naturel au titre de héros de la marine.
Au cours de sa vie, il pose comme modèle, pour au moins 22 tableaux, un record pour le XVIIème siècle, pour de nombreux artistes tels que Ferdinand Bol.
Il a la réputation d'être un gros buveur. Un livre d'auberge de l'époque mentionne l'inscription suivante : "À l'amiral Tromp, le plus gros buveur que l'on connaisse comme il nous l'a souvent montré. Tous les vrais hommes ne se rassemblent ici qu'à même de remplir leur bouche avec de la bière."
Il meurt à Amsterdam en 1691, en grande souffrance morale, convaincu qu'il se rendra en enfer comme châtiment pour ses crimes, son esprit brisé par l'abus d'alcool et les remords, et toujours officiellement commandant de la flotte des Pays-Bas.

Louis IV Henri de BOURBON-CONDE (1692-1740)

Louis IV Henri de BOURBON-CONDE

né à Versailles le 18 août 1692 et mort à Chantilly le 27 janvier 1740, il est le fils de Louis III de Condé. 7ème prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien et duc de Guise, Pair de France, duc de Bellegarde et comte de Sancerre, on l'appelle «Monsieur le Duc», la maison de Condé ayant perdu le titre de «Monsieur le Prince».
En 1713, il épouse Marie Anne de Bourbon-Conti (1689-1720), fille du Grand Conti, ils n'ont pas d'enfant. En 1728 à Sarry, il épouse Caroline von Hessen-Rheinfels-Rotenburg (1714-1741), fille d'Ernest Léopold, ils ont entre autres enfants, Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), 8e prince de Condé.
Le 2 septembre 1715, après la mort du roi, il est donné lecture du testament de Louis XIV et de l'édit d'août 1714 relatif au droit de succession des bâtards. Le duc d'Orléans se fait proclamer régent par les gens du roi et réclame l'admission immédiate du duc de Bourbon au Conseil, avec le titre de chef. Le 2 décembre 1723, à la mort du duc d'Orléans, il lui succède comme premier ministre du Roi Louis XV.
Il passe pour «peu esprité», selon l'expression de l'époque, de caractère inconstant et emporté. Après deux ans d'excercice, il se trouve détesté de tous. Il reste nominalement au pouvoir jusqu'au 11 juin 1726, date à laquelle le roi l'exile à Chantilly, à la satisfaction de l'opinion publique.

Louis XIII, le juste (1601-1643)

Louis XIII

Louis XIII

Né le 27 septembre 1601 à Fontainebleau, il est le fils d’Henri IV et de Marie de Médicis. Roi de France de 1610 à 1643. Le jeune Louis est élevé en compagnie de ses frères et sœurs bâtards, que le roi avait eu avec Gabrielle d’Estrées et Henriette d’Entragues. Timide, sensible, bégayant légèrement, il est très attaché à son père, qui l’initie très jeune à son rôle de souverain. L’assassinat d’Henri IV par Ravaillac le 14 mai 1610 l'affecte fortement.
Le 17 octobre 1610, à neuf ans, il est sacré à Reims. Sa mère Marie de Médicis assure la Régence. Très pieux, renfermé et taciturne, il souffre du quasi-abandon de sa mère et de l’emprise qu’a sur elle, son favori, Concini. Il est déclaré majeur en 1614.

Marie de Médicis décide de marier son fils à Anne d’Autriche. Le mariage est célébré à Bordeaux le 28 novembre 1615, il a quatorze ans. Marie de Médicis et Concini, très impopulaires, sont les maîtres du royaume, et le roi leur voue une haine farouche. Aidé de son maître de fauconnerie, Charles d’Albert, duc de Luynes et de quelques fidèles, il fait arrêter Concini qui est abattu sur place, sa femme, qui est exécutée peu de temps après, et assigne sa mère à résidence à Blois.
Ce premier coup de force en 1617 marque le début de son règne. Le duc de Luynes, connétable, premier gentilhomme de la Chambre, couvert d’honneurs et de charges devient son confident. Il meurt en 1621 et Louis XIII reprend les rênes du pouvoir.
A Blois, Marie de Médicis intrigue contre lui et arrive à le convaincre de faire entrer au gouvernement l’évêque de Luçon, ancien ministre de Concini. Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu entre au Conseil en 1624. Bien qu’éprouvant peu de sympathie pour le personnage, Louis XIII reconnaît ses qualités d’homme d’état.

Le duc de Luynes

Concini

Le règne de Louis XIII voit ressurgir les affrontements catholiques-protestants. Les crises prennent fin au siège de la Rochelle, avec la reddition de la cité huguenote et l’édit de grâce d’Alés du 28 juin 1629, interdisant les assemblées politiques et supprimant les places de sûreté protestantes.
Louis XIII n’a jamais beaucoup apprécié la compagnie de son épouse, Anne d’Autriche, et l’absence de dauphin pose un problème sérieux, d’autant que Gaston d’Orléans le frère du roi complote pour la succession. En 1638, après 23 ans de mariage, naît Louis-Dieudonné, dauphin de France, futur Louis XIV.
Richelieu meurt le 4 décembre 1642 et Louis XIII poursuit sa politique en faisant entrer Mazarin au Conseil.
Sentant ses dernières heures venues, le roi institue en 1643 un Conseil de Régence et nomme Anne d’Autriche, régente, et Mazarin, chef du Conseil. Après six semaines de terribles coliques et vomissements, Louis XIII meurt le 14 mai 1643 (un 14 mai comme son père Henri IV) à Saint-Germain-en-Laye, à 42 ans, d'un mal aujourd'hui identifié comme la maladie de Crohn. Il est toutefois probable que cette maladie chronique ne fit que l'affaiblir et que le coup de grâce lui est donné par son médecin, Bouvard, qui laisse le bilan de trente-quatre saignées, mille deux cents lavements et deux cent cinquante purges pratiquées sur le roi dans les deux dernières années de sa vie. Son corps est porté à la basilique Saint-Denis sans aucune cérémonie, selon son propre désir : il ne voulut pas accabler son peuple par une dépense excessive et inutile.
C’est sous son règne que sont créés les instruments du pouvoir que Mazarin et Louis XIV utiliseront par la suite pour faire de la France la première puissance européenne de l’époque.

Antoine PARMENTIER (1737-1813)

Antoine Parmentier

Agronome, nutritionniste et hygiéniste français né à Montdidier (Somme) apprend la pharmacie chez un apothicaire de sa ville natale, puis à Paris. À l'âge de 20 ans, il est pharmacien aux armées pendant la guerre de Sept Ans, contre la Grande-Bretagne et la Prusse. Au cours de son incarcération en Allemagne, il découvre la qualité nutritive d’une plante de la famille des solanacées, la pomme de terre.
En 1771, il est apothicaire-major de l’Hôtel royal des Invalides. Son mémoire sur la pomme de terre le rend célèbre, il est récompensé par l’Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts, malgré une interdiction du Parlement, datant de 1748, de cultiver la pomme de terre.
En 1772, les membres de la Faculté de médecine de Paris planchent pendant de longues semaines sur le sujet et finissent par déclarer que la consommation de la pomme de terre ne présente pas de danger. Mais le terrain sur lequel il avait installé ses plantations près des Invalides appartenant à des religieuses, il dut bientôt renoncer à les cultiver. Ne baissant pas les bras pour autant, Parmentier, va promouvoir la pomme de terre en organisant des dîners où seront conviés des hôtes prestigieux tels que Benjamin Franklin ou Lavoisier.
Il essaie, avec l’appui du roi Louis XVI, de développer la culture de la pomme de terre en créant une plantation de ce tubercule dans la plaine des Sablons, à Neuilly, en 1785. En août 1786, il apporte même au roi un bouquet de fleurs de pomme de terre. Louis XVI en glisse une à sa boutonnière et une autre sur la perruque de Marie-Antoinette.
Il s'intéresse à beaucoup d'autres choses. Pour remédier à la pénurie de sucre de canne, il préconise l’emploi de sucres de raisins et d’autres végétaux sucrés. Il s’intéresse à la conservation des farines, du vin et des produits laitiers. Il travaille aussi sur le maïs, l’opium et l’ergot de seigle. Il préconise la conservation des viandes par le froid. Il travaille également sur l’amélioration de la technique des conserves alimentaires par ébullition, découverte par Nicolas Appert en 1810 (appertisation). En 1772, en compagnie de Cadet de Vaux (ancien pharmacien des Invalides), il tente d’améliorer la qualité du pain distribué dans les hôpitaux et les prisons en imaginant une nouvelle méthode de panification. Grâce à lui la première raffinerie de sucre de betterave, mise en service par Delessert, voit le jour en 1801.
Il entre à l’Académie des sciences en 1795 dans la section d’économie rurale. Inspecteur général du service de santé de 1796 à 1813, il fait adopter la vaccination antivariolique par l’armée et s’occupe des conditions d’hygiène sur les bateaux. Il est l’un des créateurs de l’École de boulangerie en France en 1800. Il est pharmacien en chef de l'Armée des Côtes de l'Océan en 1803. Il devient le premier président de la Société de pharmacie de Paris, dès sa fondation en 1803. Sous le Premier Empire, il est élu président du Conseil de salubrité de Paris en 1807.
Scientifique à l’œuvre remarquable par sa diversité, il participe, en outre, à la vie sociale en collaborant aux textes sur la réforme agraire proposés par l’Assemblée nationale.
Il est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau familial.

Jules MAZARIN (1602-1661)

Mazarin

Giulio Mazarini, né le 14 juillet 1602 à Pescina (alors sous domination espagnole), dans les Abruzzes, au sud-est de l'Italie. Ses parents habitaient à Rome où il passa son enfance. Son père, Pierre Mazzarini fut notaire, puis chambellan du Connétable Colonna, il épousa Hortensia Buffalini, la filleule du Connétable appartenant à une famille noble de Città di Castello en Ombrie. Ils eurent deux fils et quatre filles. Jules est l'aîné et naquit coiffé et avec deux dents.
Il fut un habile diplomate et homme politique, d'abord au service de la Papauté, puis des rois de France.
A partir de 1643, à la mort de Louis XIII et comme Louis XIV n'est encore qu'un enfant, la régente Anne d'Autriche nomme Mazarin Premier Ministre. Il remplace Richelieu.
Dés le début de son gouvernement, Mazarin s'enrichit énormément en confondant les caisses de l'État avec sa caisse personnelle. Il perçoit de nombreux «pots de vin» en échange de charges et profite de la faillite d'amis banquiers pour reconstituer à bon compte sa bibliothèque dispersée pendant la Fronde et enrichir sa collection d'œuvres de Titien, Caravage ou Raphaël, de statues, de médailles, de bijoux. Sa fortune est telle qu'il engage Jean-Baptiste Colbert pour la gérer au mieux.
Pour éviter que ne soit fait un inventaire de ses biens, et donc de ses agissements, il légua tous ses biens au roi, qui hésita trois jours avant de les accepter, puis, l'ayant fait, les laissa à ses héritiers, manœuvre classique en ces temps pour éviter les recherches de justice. Sa rapacité était telle qu'il songea même, lui qui ne fut jamais ordonné prêtre, à devenir archevêque d'un des riches territoires nouvellement conquis, mais le pape s'opposa à un zèle si intéréssé.
Mazarin meurt le 9 mars 1661 en laissant une Europe en paix.

Rémi de Reims (437-533)

Saint Rémi baptisant Clovis Ier

Il est né à Cerny-en-Laonnois, près de Laon, fils du comte Émile de Laon et de Sainte Céline, fille de l'évêque de Soissons. D'après la Légende dorée, sa naissance avait été prédite par un ermite aveugle, qui recouvra la vue après elle grâce au lait de Sainte Céline.
Il fit ses études théologiques à Reims et, bientôt devenu si noté pour son savoir et sa sainteté qui s’ajoutaient à son origine illustre, il fut élu évêque de Reims à seulement vingt-deux ans sans être encore entré dans les ordres, puis archevêque de Reims, apôtre des Francs.
Il est considéré comme le convertisseur officiel par baptême de la France au christianisme en baptisant collectivement Clovis Ier à Noël 496, ainsi que 3000 guerriers et nobles francs. Il fonda les sièges épiscopaux de Thérouanne, Laon et Arras.
Il fut enterré dans la cathédrale de Reims, d'où l'évêque Hincmar de Reims fit transférer ses reliques à Épernay pendant les invasions des Vikings, puis en 1099, à la demande du pape Léon IX, à l'abbaye Saint-Rémi de Reims.
Il est l'un des cinq patrons catholique de France, avec Saint Martin, Saint Denis, Sainte Jeanne d'Arc et Sainte Thérèse de Lisieux.

Caius Julius César(100 avant JC-44 avant JC)

Jules César

Général, homme politique et écrivain romain. Jules César, nait à Rome, il est le fils de Caius et de Aurelia Cotta, d’origine patricienne, descendant de la vieille famille des Julii, historiquement connus comme une famille patricienne d'importance mineure qui exerça quelques consulats mais ne faisait pas partie, au Ier siècle av. J.-C., de la cinquantaine de familles de la nobilitas qui fournissaient la plupart des consuls. Les Julii connurent des revers de fortune, et Jules César grandit dans une maison assez modeste du bas quartier de Subure, de mauvaise réputation.
Son destin exceptionnel marqua le monde romain : ambitieux et brillant, il s’appuya sur le courant réformateur et démagogue pour son ascension politique ; stratège et tacticien habile, il repoussa les frontières romaines jusqu’au Rhin et à l’océan Atlantique en conquérant la Gaule puis utilisa ses légions pour s’emparer du pouvoir. Il se fit nommer dictateur à vie en -44.

Mort de César
Les conjurés ont prévu leur attentat aux Ides de Mars, au début de la réunion du Sénat. Les rumeurs de complot parviennent à César, qui ne s’en soucie pas; quand on l'informe que Brutus complote, César rétorque en se pinçant «Il attendra bien la fin de cette carcasse !». César néglige les présages : avertissements des devins, mise en garde pour la période allant jusqu’aux Ides de Mars, cauchemar de son épouse Calpurnia la veille des ides...

Mort de Jules César

Seul César est visé, Marc Antoine, qui accompagne César, est attiré à l’écart, tandis que César est entouré par le groupe des conjurés. Métellus s’assure que César ne porte aucune protection, et tous l’assaillent : il tombe percé de 23 coups de poignard. Le coup ultime vient de Brutus. Les derniers mots de César auraient été pour ce dernier «Toi aussi, mon fils».

Un bûcher fut dressé sur le champ de Mars, près de la tombe de sa fille Julia. Le corps de César, couché sur un lit d’ivoire tendu de pourpre et d’or, fut déposé dans une chapelle dorée, édifiée sur le forum, devant la tribune aux harangues. À sa tête, sa toge ensanglantée était exposée sur un trophée. Comme le corps reposait, face vers le ciel, et ne pouvait être vu, on éleva au-dessus de lui une effigie de cire grandeur nature. Marc Antoine fit lire, en guise d’oraison funèbre, la liste des honneurs qui avaient été dévolus à César, ainsi que le serment qu’avaient prêté les sénateurs de défendre sa vie. On chanta des vers parmi lesquels revenaient une citation empruntée au Jugement des Armes de Pacuvius «Fallait-il les sauver pour qu’ils devinssent mes meurtriers ? ». Chavirée par l’habile et pathétique mise en scène, la foule en colère entassa autour du lit funèbre le bois arraché aux boutiques avoisinantes et tout ce qui lui tombait sous la main pour construire un bûcher d’apothéose, comme elle l’avait fait quelques années plus tôt pour les funérailles de Clodius. Les vétérans de ses légions y jetèrent leurs armes et certaines femmes les bijoux qu’elles portaient. Les Juifs, qui n’oubliaient pas que César leur avait permis de relever les murs de Jérusalem abattus par Pompée, se réunirent plusieurs nuits de suite autour de son tombeau pour le pleurer. On raconte que lorsque Caïus Matius organisa des jeux funéraires, une comète se mit à briller dans le ciel (apparition également attestée par les astronomes chinois) et l’Etna entra en éruption, faisant de sa mort un bouleversement cosmique. À l’emplacement où il fut incinéré, son petit-neveu et fils adoptif, le futur Auguste, fit ériger un temple.
De nos jours, on vient parfois de fort loin pour y déposer quelques fleurs, un poème, une bougie et perpétuer le souvenir de celui qui voulut être «le premier dans Rome »… La plaque commémorative apposée par la ville à l’intention des visiteurs, emprunte à Appien son récit de l’événement : « …et on le ramena sur le Forum, là où se trouvait l’ancien palais des rois de Rome ; les plébéiens rassemblèrent tous les objets de bois et tous les bancs dont regorgeait le Forum, et toutes sortes d’autres choses analogues, puis par-dessus mirent les ornements très abondants de la procession, plusieurs rapportèrent encore de chez eux quantité de couronnes et de décorations militaires : ensuite ils allumèrent le bûcher et passèrent la nuit en foule auprès de lui ; c’est là qu’un premier autel fut érigé, et que maintenant se trouve le temple de César, qui, juge-t-on, mérite d’être honoré comme un dieu… »
Il fut divinisé et son fils adoptif Octave, le futur empereur Auguste, vainqueur de Marc-Antoine, acheva la réforme de la République romaine, qui laissa place au principat et à l’Empire romain.

César et les femmes
Il séduit de nombreuses femmes tout au long de sa vie et plus particulièrement celles issues de la haute société romaine.
Il aurait ainsi séduit : Postumia, la femme de Servius Sulpicius,
Lollia, la femme d’Aulus Gabinius,
Tertulla, la femme de Marcus Crassus,
Mucia la femme de Pompée,
Eunoé, la femme de Bogud, roi de Mauritanie,
Servilia Caepionis, la mère de Brutus. L’amour de cette dernière pour César est publiquement connu à Rome.
Cependant, sa relation avec Cléopâtre VII est restée la plus célèbre. Suétone rapporte que César a remonté le Nil avec la reine égyptienne et l’a fait venir à Rome en la comblant d’honneurs et de présents. C’est aussi un bon moyen pour lui de tenir l’Égypte, où trois légions sont présentes, et dont le rôle dans l’approvisionnement en céréales de l’Italie commence à devenir prépondérant. Cléopâtre est présente à Rome au moment de l’assassinat de César et rentre rapidement dans son pays après le meurtre.

Syagrius (430-486)

Le domaine de Syagrius

Général romain qui régne en Gaule du Nord comme Roi des Romains. Fils d'Ægidius, maître des milices pour la Gaule, qui s'est rendu indépendant du pouvoir impérial en Gaule du nord et qui meurt en 464, Syagrius hérite de son père une partie de la Gaule. Son titre de Roi des Romains est reconnu par ses pairs, les rois des Francs, rois des Burgondes, et rois des Wisigoths. En 471, l'emperereur Anthémius lui confére le titre de Patrice. Il règne en partenariat avec Ambrosius Aurelianus, chef autonome des Bretons établis alors un peu partout en Gaule du Nord. La capitale de son État fut Soissons.
La fin de son règne est marquée par le conflit avec les Francs. Clovis Ier remporte sur lui la bataille de Soissons en 486. Il cherche alors refuge chez Alaric II qui l'emprisonne et le livre au roi franc l'année suivante. Selon Grégoire de Tours, Syagrius fut égorgé en secret. Syagrius est le dernier représentant attesté du pouvoir gallo-romain en Gaule du nord alors harcelée par les peuples germaniques.

Norbert De XANTEN (1080-1134)

Norbert de Xanten

Fils d'Héribert de Gennep, seigneur de Millen, famille noble de Cologne, il est confié tout jeune aux soins du chanoine écolâtre du chapitre de Xanten, en Rhénanie, pour le préparer au sacerdoce. Chapelain de la collégiale de Xanten, il fait partie de la Chapelle impériale d’Henri V et mène une vie mondaine.
En 1115, une vision l'amène à se convertir. Il choisit alors une existence itinérante de prédicateur. En 1118, il va voir le pape, Gélase II, qui l'invite à continuer de prêcher. Puis, il rencontre Hugues de Fosses, chapelain de l'évêque de Cambrai, qui l'accompagne ensuite dans tous ses voyages.
Encouragé par l’évêque de Laon, Barthélemy de Jur, il tente en vain de réformer les chanoines de l’abbaye Saint-Martin de Laon puis fonde en 1120, dans la forêt de Voas, l’actuelle forêt de Saint-Gobain (Aisne), une abbaye au lieu-dit Prémontré. L'année suivante, de passage à Namur, il reçoit de la comtesse Ermesinde (femme du comte Godefroy) une fondation richement dotée, Floreffe.
Il transforme le chapitre séculier de l'abbaye Saint-Michel d'Anvers en chapitre régulier en 1124. En 1126, il reçoit du pape, Honorius II, la bulle de confirmation Apostolicæ disciplinæ, qui approuve le choix de la règle de saint Augustin et confirme les possessions de Prémontré et des autres fondations de l'ordre. La même année, il est nommé archevêque de Magdebourg, en Saxe et Hugues de Fosses le remplace à Prémontré.
Il se bat aux côtés de saint Bernard de Clairvaux pour assurer le bon droit d’Innocent II contre l’antipape Anaclet. Il réforme le clergé de Magdebourg, suscitant le mécontentement parmi ses subordonnés qui vont jusqu’à tenter de l’assassiner. Il accompagne l’empereur Lothaire II à Rome en qualité d’archichancelier du Saint Empire.
Il meurt à Magdebourg le 6 juin 1134.

Hugues CAPET (vers 940-996)

Hugues Capet

Roi des Francs de 987 à 996 et fondateur de la dynastie capétienne. Il est le fils de Hugues le Grand, duc des Francs, et de Hedwige de Saxe, ou Avoia, fille d'Henri Ier de Saxe, dit Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie.
Il épouse Adélaïde d'Aquitaine, fille d'Adèle de Normandie et de Guillaume III Tête d'Étoupe, comte de Poitiers de 934 à 963, et duc d'Aquitaine de 928 à 963. Ils ont quatre enfants, Gisèle (969-1000) épouse d'Hugues Ier d'Abbeville, comte de Ponthieu; Edwige (970-1013) épouse de Régnier IV, comte de Hainaut puis de Hugues III, comte d'Asbourg; Robert II le Pieux (972-1031) qui lui succède; Adélaïde (973-1068).
En héritage de son père, il devient comte d'Orléans et abbé laïc de Saint-Martin de Tours, de Marmoutier, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis. En 960, le roi Lothaire consent à lui rendre les titres que détenait son père, duc des Francs et marquis de Neustrie.
Louis V, le roi carolingien meurt subitement en mai 987. L'archevêque Adalbéron, de Reims, plaide en faveur de la candidature d'Hugues, duc des Francs. Les aristocrates élisent Hugues qui est sacré quelques jours plus tard, le dimanche 3 juillet 987, dans la cathédrale de Noyon. Le «roi à la chape» (chape d'abbé) inaugure la dynastie des Capétiens qui règnera sur la France sans interruption pendant huit siècles, jusqu'au 10 août 1792, même si la lignée directe des Capétiens s'éteint en 1328.
Hugues Capet fait élire et sacrer son fils aîné Robert quelques mois après sa propre élection, le 25 décembre 987. Jusqu'à Philippe II, chaque roi de France fait sacrer son fils, évitant ainsi l'élection du roi par les aristocrates. Philippe II institue ensuite la règle de la primogéniture masculine.
Atteint de la variole, il meurt le samedi 24 octobre 996 à l’âge de 55 ans dans sa résidence appelée « Les Juifs », en Beauce, près de Prasville entre Chartres et Orléans. En 1987 (millénaire du couronnement) des recherches ont permis de localiser l'oppidum médiéval en plein champs, au lieu-dit Petit Teillay. Des clichés pris d'avion ont confirmé la présence sur ce site d'une ancienne motte féodale entourée d'un système de défense sophistiqué. Les chercheurs ont trouvé dans les labours d'importants restes prouvant que le site a été habité du Ier siècle au XIIIème siècle : un couteau, des fragments d'épées, un éperon du Xème siècle et un denier chartrain de 990 expertisé par la Bibliothèque Nationale. Une plaque commémorative a été placée en 1996.

Dynastie des Capétiens ou officiellement Maison de France

Les Capétiens, famille originaire des bords du Rhin, au sud de Mayence. Leur généalogie remonte à Robert († avant 764), comte de l'Oberrheingau et du Wormsgau, quadrisaïeul du roi des Francs Eudes Ier († 898). Les Capétiens forment la troisième dynastie française, après les Mérovingiens (voir chapitre 43) et les Carolingiens (voir chapitre 85).
Le nom vient du surnom du roi des Francs Hugues Ier, dit Hugues «Capet» (voir chapitre 83). Les ancêtres de ce roi sont appelés les Robertiens, d'après le prénom du bisaïeul d'Hugues Capet, Robert le Fort († 866), marquis de Neustrie.
Avant Hugues Capet, deux membres de sa famille (Eudes Ier et Robert Ier) ont été rois des Francs, avec des règnes intercalés entre ceux des Carolingiens. À partir de l'élection et du sacre d'Hugues, en juillet 987, la famille dirige la France sans interruption pendant huit siècles, jusqu'au 10 août 1792. Les Capétiens directs ont régné de 987 à 1328, la branche collatérale des Valois a régné de 1328 à 1589 et la branche des Bourbons de la dynastie capétienne (par Robert de France, seigneur de Bourbon, fils de Saint Louis) de 1589 à 1792.
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Dynastie des Carolingiens ou Carlovingiens

Dynastie de rois francs qui régnèrent sur l'Europe occidentale de 750 jusqu'au Xème siècle la généalogie remonte à saint Arnoul (vers 582–640). Les Carolingiens doivent leur nom à leur ancêtre direct, Charles Martel, maire du Palais d'Austrasie, dont la victoire à Poitiers interrompt la progession des Musulmans vers le Nord et lui donne une immense renommée dans l'Occident catholique. C'est à tort que l'on se réfère au nom de Charlemagne pour désigner la dynastie. La dynastie des Carolingiens trouve ses origines au sein de la famille des Pippinides, qui détint, pendant plusieurs générations, la charge de «maire du palais» sous le règne des souverains mérovingiens d'Austrasie. Au fur et à mesure de la désagrégation du pouvoir de la dynastie mérovingienne, durant la période dite des «rois fainéants», les maires du palais pépinides accrurent leur pouvoir : déjà Pépin de Herstal, puis Charles Martel dirigeaient de façon quasi autonome la politique du royaume, tels des suzerains, mais sans le titre; ainsi, ils nommaient les ducs et les comtes, négociaient les accords avec les pays voisins, dirigeaient l'armée, étendaient le territoire du royaume et allaient même jusqu'à choisir le roi mérovingien.
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La Neustrie

La Neustrie en 752

Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis Ier, en 511, et revint à Clotaire Ier, qui, au terme de son long règne de cinquante ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le deuxième grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l'océan Atlantique et la Bretagne à l'ouest, et la Champagne à l'est. Elle s'étendait jusqu'en Flandre au nord.
Après la mort de Clotaire III en 674, la Neustrie se voit imposer un roi, Thierry III, par les Austrasiens, l'Aquitaine ayant retrouvé auparavant son indépendance. Berchaire, maire du palais du roi Thierry III est vaincu en 687 à la bataille de Tertry, petit village de Picardie proche de Péronne, par Pépin de Herstal, maire du Palais d'Austrasie. Cette défaite ruine définitivement les prétentions hégémoniques de la Neustrie, qui n’est à partir de ce moment qu'un État vassal de l'Austrasie que dirigent les Arnulfiens. Cependant la distinction entre Neustrie, Austrasie et Bourgogne va subsister encore, bien que s'effaçant progressivement. Après le traité de Verdun en 843, le nom de Neustrie ne désigne plus que la partie ouest du royaume. Enfin celle-ci perd définitivement son nom pour prendre celui de Northmannie ou Normandie, lorsqu'elle est cédée au Viking Rollon selon le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911.

Edouard Ier d'Angleterre 1239-1307

Edouard Ier

Fils aîné d'Henri III Plantagenêt et d'Eléonore de Provence, il fut roi d'Angleterre de 1272 à 1307. Il est connu comme le conquérant du Pays de Galles et de l'Écosse. Il a plus d'habileté militaire et politique que son père. Guerrier indomptable, il écrase toute opposition à son règne, et part plusieurs fois en croisade.
En octobre 1254, Édouard épouse, au monastère de Las Huelgas près de Burgos (Espagne), Éléonore de Castille (1244–1290), fille de Ferdinand III, roi de Castille et de Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu, qui lui donne quinze enfants dont quatre atteindront l'âge adulte :
Jeanne d'Acre (1272–1307), qui épouse Gilbert puis Raoul de Gloucester,
Marguerite (1275–1318), qui épouse Jean II duc de Brabant,
Élisabeth (1282–1316), qui épouse Jean Ier, comte de Hollande, puis Humphrey de Bohun, duc de Gloucester,
Édouard (1284–1327), premier prince de Galles, futur Édouard II d'Angleterre.
Édouard Ier se remarie en 1299, en la cathédrale de Canterbury, avec Marguerite de France (1282-1318) fille de Philippe III le Hardi, roi de France, qui lui donne trois enfants :
Thomas de Brotherton (1300-1338), comte de Norfolk,
Edmond de Woodstock (1301-1330),comte de Kent qui meurt décapité à coups de hache sur ordre de la reine mère Isabelle de France,
Aliénor (1306-1311).

Henri III PLANTAGENET 1207-1272

Henri III

Fils aîné du roi Jean-sans-Terre et d'Isabelle d'Angoulême, il fut un roi d'Angleterre au règne long, agité et peu glorieux.
Il faut rappeler qu'à cette époque, Louis, fils de Philippe Auguste et futur Louis VIII le Lion, avait été appelé en Angleterre par les barons anglais, qui ne reconnaissaient plus l'autorité de Jean sans Terre. Quand ce dernier mourut, les Anglais se rallièrent au jeune Henri III.
Il fut couronné à Westminster en 1216 par les derniers fidèles des Plantagenêt, il était encore jeune et la régence échut au comte de Pembroke (1216-1231). En 1224, Louis VIII enleva à Henri III toutes ses possessions du continent, excepté Bordeaux et la Gascogne.
En 1241, la guerre éclata entre Anglais et Français : Saint Louis, roi de France, maria à Saumur son frère Alphonse avec Jeanne, fille du comte de Toulouse Raymond VII. Le roi de France décida aussi d'investir son frère du comté de Poitou et d'une partie de l’Auvergne, qu'il avait reçu en apanage par son père. Ils se rendirent ensuite à Poitiers, où le nouveau comte devait tenir sa cour et recevoir l’hommage de ses vassaux. L’un d’eux, Hugues X de Lusignan, refusa de rendre l’hommage. Excité par sa femme Isabelle d'Angoulême, la mère du roi d’Angleterre, il osa défier publiquement le comte, et brûla la maison dans laquelle ce dernier avait séjourné à Poitiers. Seul, Hugues X de Lusignan était peu dangereux, mais il attisa de vieilles rancœurs, et Henri III lui promit son appui, Raymond VII de Toulouse et les rois d’Aragon, de Castille et de Navarre décidèrent de se joindre au roi d’Angleterre.
Henri III débarqua alors en France, dans le bas Poitou, avec beaucoup d’argent mais peu d’hommes. Il rencontra Saint Louis près du pont de Taillebourg, sur la Charente. Les Français étaient sensiblement plus nombreux, mais les Anglais étaient maîtres du pont, et leurs adversaires ne pouvaient pas franchir la rivière, trop encaissé et trop rapide. Cependant, Saint Louis décida de faire charger ces hommes, qui enfoncèrent les lignes anglaises. Le roi dut alors se replier, vaincu.
Les Anglais réussirent à se réfugier à Saintes, mais les Français les y poursuivirent. Une nouvelle bataille eut alors lieu, et, vaincu une fois de plus, Henri III dut se retirer. Il se dirigea vers Bordeaux, en juillet 1242, abandonnant une grande partie de ses chevaux et de ses équipages. Il retourna en Angleterre, alors que la coalition était dissoute.
Saint Louis fut un roi magnanime et restitua le Limousin, le Périgord, l’Agenais, la Saintonge et une partie du Quercy. Henri III, en contre-partie, fit une renonciation officielle à toutes les provinces confisquées à Jean sans Terre. Les deux rois signèrent le traité de Paris (1259), faisant ainsi la paix.
Il mourut en 1272, laissant l'Angleterre à son fils cadet Edmond, comte de Lancastre, qui assuma la régence jusqu'au retour d'Édouard Ier d'Angleterre, son fils aîné qui combattait alors à la huitième croisade.

Louis II de BOURBON-CONDE dit le Grand Condé, Duc d'Enghien 1621-1686

le Grand-Condé

Premier prince du sang, connu sous le titre de duc d'Enghien, Prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, gouverneur du Berry, comte de Sancerre (1646-1686), comte de Charolais (à partir de 1684), Pair de France. Général français pendant la guerre de Trente Ans, il était le fils du prince Henri II de Bourbon-Condé et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, baronne de Châteaubriant et de Derval, maîtresse du roi de France Henri IV et marraine de Louis XIV.
Il fit de solides études chez les Jésuites, à Bourges et à l'âge de 17 ans, gouverna le duché de Bourgogne pour son père.
Il épousa le 11 février 1641 Claire-Clémence de Maillé-Brézé, nièce du cardinal de Richelieu, âgée de seulement 13 ans avec laquelle il eut deux fils, Henri-Jules de Bourbon (futur prince de Condé) et Louis.
Il montra dans la carrière militaire un génie précoce. Après de brillants débuts militaires, il reçut en 1643, à l'âge de 21 ans, le commandement de l'armée de Picardie, sous les ordres du maréchal de L'Hôpital. Cinq jours après la mort de Louis XIII, il remporta héroïquement l'éclatante victoire de la bataille de Rocroi contre les Espagnols . Il fut ensuite envoyé sur le Rhin, aux côtés du Vicomte de Turenne Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon. En 1644, il battit les Allemands à Fribourg et remporta en 1645 avec Turenne la bataille de Nördlingen contre Franz von Mercy (Guerre de Trente Ans). En 1646, à la mort de son père, il devint 4ème prince de Condé.
Pendant les troubles de la Fronde, il adopta une attitude ambiguë. Il avait d'abord défendu la cour de l'enfant roi Louis XIV régenté par sa mère Anne d'Autriche et par le Cardinal Premier Ministre Mazarin, puis pris ensuite parti contre Mazarin. Son soutien à la reine mère Anne d'Autriche permit la signature de la paix de Rueil. Néanmoins, en 1649, par rivalité avec Mazarin, il se tourna vers la Fronde.

Château de Chantilly

Le 18 janvier 1650, lui, son frère le Prince de Conti Armand de Bourbon et son beau-frère le duc de Longueville Henri II d'Orléans furent jetés en prison et subirent une détention de treize mois. Le 7 février 1651, devant l'union des Frondes, Mazarin s'enfuit et libéra les princes. Condé prit la tête de la Fronde des princes, malgré la majorité de son grand cousin, Louis XIV. Il négocia avec le roi Philippe IV d'Espagne et le Lord Protecteur Anglais Oliver Cromwell et levant des troupes, marcha sur Paris. Contre lui, Louis XIV, âgé de 14 ans, réussit à gagner le Vicomte de Turenne qui prit la tête des troupes royales et défit le prince à la Bataille de Bléneau le 7 avril 1652, à Étampes en mai puis au faubourg Saint-Antoine à Paris.
La duchesse de Montpensier Anne Marie Louise d'Orléans (la Grande Mademoiselle) fit tirer le canon sur les troupes royales pour permettre à son cousin de se réfugier dans Paris. Condé gagna ensuite le Comté de Flandre passa du côté espagnol et prit part en 1658 à la bataille des Dunes, où Turenne triompha.
Le traité des Pyrénées de 1659 lui assura le pardon royal, proclamé à Aix-en-Provence, peu avant le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Autriche.
En 1671, il reçoit durant trois jours Louis XIV alors âgé de 33 ans et les 3000 membres de la cours de Versailles dans son Château de Chantilly ou il fait donner une fête fastueuse et des banquets somptueux organisés par François Vatel pour se réconcilier et obtenir la grâce et les faveurs du roi, ce qu'il obtient car le roi à besoin de son soutien.
La guerre s'étant rallumée entre la France et l'Espagne, Condé retrouva un commandement dans les armées du roi et conquit le Comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté) aux Habsbourg d'Espagne en trois semaines en 1668, il combat à nouveau aux côtés des armées royales de Turenne lors de la guerre de Hollande, en 1672 ou il battit le prince d'Orange Guillaume III d'Angleterre à la Bataille de Seneffe en 1674, puis passa en Alsace pour défendre cette province contre Raimondo Montecuccoli, généralissime des armées de l'empire germanique après la mort de Turenne en 1675.
Il finit sa vie dans son château de Chantilly, entouré de musiciens et de poètes, cultivant les lettres et conversant avec Racine et Boileau. Son fils Henri Jules de Bourbon lui succéda comme 5ème prince de Condé.
Lire "Oraison funèbre de très haut et très puissant prince Louis de Bourbon" prononcé sur son cercueil par Jacques Bénigne Bossuet en l'église Notre-Dame de Paris le 2 mars 1687. bouton

Louis IX 1214-1270

Saint-Louis

Louis IX de France, plus connu sous le nom de Saint Louis, est né le 25 avril 1214 à Poissy, et mort le 25 août 1270 à Tunis. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs. Il est le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France, et de Blanche de Castille (1188-1252) et frère aîné de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d'Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.
Louis IX n'a que 12 ans quand il est sacré roi le 29 novembre 1226 à Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches. La régence est assurée par sa mère, Blanche de Castille, avec le titre de «baillistre». En 1234, elle organise le mariage de Louis IX avec Marguerite, la fille du comte Raimond Bérenger IV de Provence espérant ainsi agréger le comté de Provence au royaume de France, puisque le comte de Provence a quatre filles. Blanche de Castille garda assez longtemps une grande influence sur le pouvoir, au-delà de la majorité du roi. Louis IX prend effectivement le pouvoir à partir de 1241.
Le 27 mai 1234, il épousa Marguerite de Provence (1221-1295) en la cathédrale de Sens, fille de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie. Ils eurent onze enfants: Blanche (1240-1243), Isabelle (1242-1271) qui épousa en 1258 Thibaud de Champagne roi de Navarre, Louis (1244-1260), Philippe III le Hardi (1245-1285), Jean (1248-1248), Jean-Tristan (1250-1270) comte de Valois et de Nevers qui épousa en 1266 Yolande de Bourgogne, Pierre (1251-1284) comte d'Alençon et de Perche qui épousa en 1272 Jeanne de Châtillon, Blanche (1252-1320) qui épousa en 1269 Ferdinand de la Cerda, infant de Castille, Marguerite (1254-1271) qui épousa en 1270 Jean Ier duc de Brabant, Robert (1256-1317) comte de Clermont qui épousa en 1279 Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon et Agnès (1260-1327) qui épousa en 1279 Robert II duc de Bourgogne.
Réputé pour sa piété, Louis IX se taille, grâce aux croisades, une réputation de roi diplomate et juriste dans toute l'Europe. Les royaumes font appel à sa sagesse dans les affaires complexes. Louis IX ne ménagea pas sa peine dans les affaires intérieures, le temps qu'il ne passa pas en dehors du royaume. Il dépêcha des enquêteurs royaux pour l'instruire de l'état du pays en 1247, à charge pour eux de réprimer directement dans les domaines de la justice, de l'administration, de la fiscalité et de l'armée. Il reprend la "Quarantaine-le-roi" instituée par Philippe Auguste, une ordonnance qui préfigure les négociations diplomatiques avant les hostilités. L'ordonnance qu'il renouvelle en 1245 permet l'ouverture de négociations avant toute guerre privée, ordalie, duel judiciaire, jugement de Dieu et substitue à certaines coutumes médiévales des formes de justice plus modernes. Ainsi, les justiciables pouvaient dorénavant en appeler au roi dont les décisions judiciaires surpassaient celles de ses vassaux.
Très croyant, Louis IX veut faire de la France, la « fille aînée de l'Église » et de Paris un haut lieu de la chrétienté. Le 26 avril 1248, Louis IX y inaugure la Sainte-Chapelle dans l'île de la Cité. Pour conduire ses sujets au salut, le roi de France interdit les jeux, la prostitution et punit cruellement le blasphème. Il prend des mesures discriminatoires contre les juifs. En 1242, à la demande même de juifs convertis au christianisme, selon lesquels le Talmud contient un certain nombre d'invectives contre Jésus-Christ et contre la Sainte Vierge, une controverse sur le sujet se tient à Paris, sous la présidence de Blanche de Castille. Eudes de Châteauroux, proviseur de la Sorbonne, et l'abbé Nicolas Donin (ancien rabbin) établissent que le reproche est fondé. Le roi fait alors brûler des exemplaires du Talmud à Paris. En 1254, il bannit de France les juifs qui refusent de se convertir au catholicisme. Ce décret fut annulé quelques années plus tard en échange d'un versement d'argent au trésor royal. En 1269, en application d'une recommandation du IVème concile du Latran de 1215, il impose aux juifs de porter des signes vestimentaires distinctifs: pour les hommes, un rond d'étoffe jaune, la rouelle, sur la poitrine et un bonnet spécial pour les femmes. Ces signes permettent de les différencier du reste de la population et d'empêcher ainsi les mariages mixtes. Cependant, Louis IX garde l'espoir de les convertir et les protège donc de toute exaction.
En 1244, Louis IX tombe gravement malade (dysenterie) et fait le vœu de partir en croisade au cas où il guérirait. Rétabli, il prépare son départ vers les royaumes chrétiens d'Orient en difficulté qu'il veut soutenir. L'organisation de la croisade dure 4 années qui verront la construction du port d'Aigues-Mortes à l'initiative de Charles Ier de Sicile, frère du roi et futur roi de Naples et de Sicile. La ville ne se remettra jamais du coût exorbitant des aménagements requis pour cette croisade et poursuivra Charles d'Anjou en justice. Le 12 juin 1248, il se saisit de l'oriflamme capétienne en la basilique de Saint-Denis et part accompagné de son épouse la reine Marguerite de Provence, du comte Robert d'Artois et de Charles d'Anjou, ses frères. La septième croisade part du port d'Aigues-Mortes et se dirige vers l'Égypte. Les croisés font escale à Chypre avant de se diriger vers Damiette en mai 1249 avec 1800 navires. La ville est prise le 8 juin. L'armée des croisés se dirige ensuite vers Le Caire mais subit les attaques incessantes de l'émir Fakhr el-Din. De février à avril 1250, les croisés font le siège de la citadelle de Mansourah. Le scorbut et la dysenterie déciment les soldats et forcent le roi à battre en retraite. Un sergent félon fait alors courir le bruit que le roi s'est rendu. La plupart des soldats et Louis IX sont faits prisonniers le 7 avril 1250. Robert d'Artois, frère du Roi, y trouve la mort. Pendant sa captivité, le roi charge la reine Marguerite de Provence de la conduite de la croisade. Un mois plus tard, en mai 1250, le roi et l'ensemble des prisonniers sont libérés contre une forte rançon payée par l'Ordre du Temple. Louis IX décide de prolonger son séjour dans ce qui reste des États latins d'Orient. Il renvoie Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France pour épauler Blanche de Castille restée seule pour gouverner le royaume. De 1250 à 1253, il consolide les forteresses d'Acre, de Césarée, de Jaffa et de Sidon.
Au printemps 1253, Louis IX apprend le décès de sa mère, la reine Blanche de Castille, régente de France, les croisés rembarquent à Tyr le 24 avril 1254 pour le royaume de France. Lors de ce voyage, la personnalité du roi change et Louis IX devient peu à peu celui dont nous avons conservé le souvenir en tant que Saint-Louis.

Reliquaire de Saint-Louis

Pour la huitième croisade, Louis IX espère convertir le sultan de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais l'armée est victime de la peste. Louis IX en meurt le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis. Son corps est étendu sur un lit de cendres en signe d'humilité et les bras en croix à l'image du Christ. Cette défaite marque la fin des croisades, qui doit survivre à une saignée sévère dans la lignée royale. Isabelle d'Aragon, épouse de Philippe III, décède en Sicile sur le chemin du retour. Alphonse de Poitiers et son épouse Jeanne de Toulouse, décèdent à 3 jours d'intervalle en Italie. Une partie des restes du roi a été enterrée en Tunisie, où une tombe de Louis IX peut encore être visitée aujourd'hui. Une autre partie est placée dans une urne située dans la basilique de Monreale près de Palerme. Son corps est amené à la basilique de Saint-Denis mais il disparaît pendant les guerres de religion. Seul un doigt est sauvé et est conservé à Saint-Denis. Des reliques conservées en Sicile furent amenées en Tunisie lors de la consécration de la cathédrale Saint-Louis de Carthage à la fin du XIXème siècle, et finalement, lors de l'indépendance de la Tunisie, ramenées en France et déposées à la Sainte-Chapelle. Il fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII sous le nom de Saint-Louis de France.

Saint Martin de Tours ou Martin le Miséricordieux 316-397

Saint-Martin de Tours Saint-Martin de Tours

Il est l'un des saints de la Chrétienté et aussi l'un des Pères de l'Église, né dans la province romaine de Pannonie dans la cité de Sabaria, l’actuelle ville de Szombathely en Hongrie moderne, il serait mort à Candes en 397.
Son père était tribun militaire de l'Empire romain, c'est-à-dire un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée, et ce n’est probablement pas un hasard si le nom de Martin signifie «voué à Mars», Mars étant le dieu de la guerre à Rome.
On ne sait s’il est romain ou pannonien. Les Pannoniens sont des Illyriens qui parlent une langue apparentée à l'albanais moderne, mais en Pannonie vivent également des populations celtiques tout comme en Italie du nord et en Gaule. Il est donc possible que Martin ait pu être d'origine celtique ou qu’au moins, il parlait et comprenait la langue des Celtes et donc celle des Gaulois, ce qui expliquerait pourquoi sa vie fut toute entière liée à la Gaule.

Suivant son père au gré des affectations en villes de garnison, Martin passe son enfance à Pavie en Italie du nord. C'est l’époque du développement de la Chrétienté et l’enfant a été vraisemblablement en contact avec des chrétiens. Vers l’âge de 10 ans, il veut se convertir et il se sent attiré par le service de Dieu.
En tant que fils de magistrat militaire, Martin est pour ainsi dire héréditairement lié à la carrière de son père qui est tout entier dévoué au culte de l'empereur considéré traditionnellement comme un dieu vivant. Ce père est sans aucun doute irrité de voir son fils tourné vers une foi nouvelle : alors que l'âge légal de l’enrôlement est de 17 ans, il force son fils de 15 ans à entrer dans l’armée. Il est probable que Martin ne s’est laissé convaincre que pour ne pas nuire à la position sociale de ses parents. Il servit 25 années dans l’armée romaine ce qui est la durée légale. Ce n’est pas en simple soldat que Martin entre dans l’armée romaine : en tant que fils de vétéran, il a le grade de circitor avec une double solde ; son rôle consiste à mener la ronde de nuit et à inspecter les postes de garde et la surveillance de nuit de la garnison ; affecté en Gaule, peut-être pour sa connaissance du gaulois, c’est lors d’une de ces rondes de nuit qu’un soir d’hiver 338 à Amiens il partage son manteau avec un déshérité transi de froid car il n’a déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent. Il tranche son manteau ou tout du moins la doublure de sa pelisse et la nuit suivante le Christ lui apparaît en songe vêtu de ce même pan de manteau. Il a alors 18 ans. Le reste de son manteau, appelé "cape" sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l'origine du mot : chapelle (cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand). La cape de Saint Martin de Tours est aussi à l'origine du mot «Capet», nom de la dynastie des Rois de France : Francs Capétiens.

Saint-Martin de Tours

C’est le temps où les grandes invasions germaniques se préparent ; les Barbares sont aux portes de l’empire ; depuis longtemps déjà les milices auxiliaires des légions sont composées de mercenaires d’origine germanique. En mars 354, Martin participe à la campagne sur le Rhin contre les Alamans (ou allemands) à Rauracum dans l’actuelle Ruhr allemande ; ses convictions religieuses lui interdisent de verser le sang et il refuse de se battre. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la providence et à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il fut enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix.
L’année suivante il se fit baptiser à Pâques toujours en garnison à Amiens ; cette époque est un temps de transition, la fin d’un règne et le début d’un autre règne où tous, même les soldats, sont pénétrés par les idées nouvelles. Il devient membre du corps d’élite des Alæ Scolares, une unité d’élite de la garde impériale dont il fut membre pendant 20 années ; nul doute que cette promotion est due à la protection de son père. Il possède alors un esclave, mais selon ses hagiographes, il le traite comme son propre frère.
En 356, ayant pu quitter l’armée il se rend à Poitiers pour rejoindre Hilaire, évêque de la ville depuis 350. Il a rencontré Hilaire dans une de ses villes de garnison. Hilaire a le même âge que lui et appartient comme lui à l’aristocratie, mais il a embrassé la foi chrétienne tardivement, et est moins tourné vers la mortification et plus intellectuel ; l’homme lui a plu cependant et il a donc décidé de se joindre à lui. Son statut d’ancien homme de guerre l’empêche d’être prêtre et il refuse la fonction de diacre que lui propose l’évêque. Il devient donc exorciste ce qui lui permet d’être confronté aux réalités concrètes de terrain. Cette fonction d’exorciste laisse penser que Martin possédait des dons de guérisseur, peut-être acquis dans les armées où les soldats devaient savoir soigner de nombreux maux et blessures.
La Chrétienté est alors déchirée par des courants de pensées qui se combattent violemment et physiquement ; les ariens sont les disciples d’un prêtre, Arius qui nie que le Christ soit Dieu fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’église officielle ; à cette époque les ariens sont très influents auprès d’un pouvoir politique qui se cherche une foi nouvelle dans un empire décadent qui sent sa fin proche. Alors que Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux tombe en disgrâce et est exilé, Martin est averti « en songe » qu’il doit rejoindre ses parents en Illyrie afin de les convertir. Il réussit à convertir sa mère mais son père reste étranger à sa foi, cette position peut du reste n’être que tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié. En Illyrie c’est la foi arienne qui est la foi dominante et Martin qui est un fervent représentant de la foi trinitaire doit sans doute avoir de violentes disputes avec les ariens car il est publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugie à Milan mais là aussi les ariens dominent et Martin est à nouveau chassé. Il se retire avec des compagnons dans l’île déserte de Gallinara non loin du port d'Albenga et tous se nourrissent de racines et d’herbes sauvages pour exercer leur foi sur le modèle évident de saint Jean-Baptiste. Martin s’empoisonne avec de l’hellébore et il s’en faut de peu qu’il ne meure. Une hypothèse est qu'il aurait peut-être essayé sur lui-même un remède (l’hellébore ayant des vertus médicinales). En 360, les trinitaires regagnent définitivement leur influence politique et Hilaire retrouve son évêché. Martin en est informé et revient lui-même à Poitiers. Alors âgé de 44 ans, il s’installe sur un domaine gallo-romain qu'Hilaire lui a offert. Martin y crée un petit ermitage à 8 km de la ville, c’est Ligugé où il est rejoint par des disciples. Il crée ici la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère est le lieu de l’activité d’évangélisation de Saint Martin pendant dix ans. Il accomplit ses premiers miracles et se fait ainsi reconnaître par le petit peuple comme le saint homme qu’il a toujours désiré être.
En 370 à Tours, l’évêque en place vient de mourir ; les habitants veulent choisir Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à être évêque. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine (Un cas identique de contrainte face à un non-consentement se reproduira en 435 pour Eucher de Lyon). Les autres évêques ne l’aiment guère car il a un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’inflige, il porte des vêtements rustiques et grossiers, il est un exemple de sainteté et de christianisme véritable.

Saint-Martin de Tours

Désormais il est évêque mais il ne continue pas moins de vivre en saint homme. Il crée un nouvel ermitage à 3 km au nord-est des murs de la ville : c’est l’origine de Marmoutier qui signifie «grand monastère» avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines doivent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copient des manuscrits, pêchent dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s'isolent des moines ermites. Le monastère est construit en bois ; Martin vit dans une cabane dans laquelle il repousse les «apparitions diaboliques et converse avec les anges et les saints» : c’est une vie faite d’un courage viril et militaire que Martin impose à sa communauté. Tout ce monde voyage à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin est toujours escorté de ses moines et disciples, sans doute en grande partie pour des raisons de sécurité car il ne manque pas de voyager très loin de Tours.
Ailleurs l’autorité de l’évêque est limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sort des murs et pénètre profondément à l’intérieur des terres. Martin semble avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il n’a pas pu aller, il a envoyé ses moines.
À cette époque les campagnes sont païennes, il les parcourt donc faisant détruire temples et idoles. Il fait par exemple abattre un pin sacré ; s’il est reconnu comme gaulois, il est aussi le Gaulois qui a tué culturellement les restes de la civilisation gauloise subsistant encore à son époque ; On ignore s'il en était conscient. Il prêche avec efficacité les paysans, forcant le respect par l’exemple et sa répugnation à lutter par la force. C’est une époque de moines et de vierges, de «fous du Christ». Il dit d’une brebis tondue qu’elle accomplit le précepte de l’évangile basé sur le partage. Il prêche par la parole et par sa force, il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l'utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait. Il remplace les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donne les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne est encore essentiellement urbaine.
Marmoutier sert de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; c’est pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule. En 384, il plaide auprès de Maxime pour que Priscillien, hérétique que les évêques d’Espagne ont fait condamner par l'empereur pour pratique de la magie, soit gracié.
Martin avait-il des dons de guérisseur ? Sinon comment expliquer les miracles qu’on lui attribue : ses chroniqueurs ont rapporté qu’il a fait jaillir des sources, guéri des paralytiques, des possédés, des lépreux.. qu'il a ressuscité des enfants, fait parler les muets, qu'il pouvait même guérir à distance, ou par l’intermédiaire d’un objet qu’il a lui-même touché. Il savait calmer les animaux furieux et même la grêle...

Abbaye de Marmoutier

Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permettait à Martin de jouir d’une grande influence et de le faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il existe désormais une "complicité" entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique. Mais cela n'empêche pas Martin, à la table de l'empereur, de servir en premier le prêtre qui l'accompagne et d'expliquer que le sacerdoce est plus éminent que la pourpre impériale. Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l'évêque ; ce sont les martins-pêcheurs.
Au soir de sa vie, sa présence est requise pour réconcilier des clercs à Candes sur Loire, à l'ouest de Tours ; l'urgence de l'unité de l'Eglise fait que malgré sa vieillesse, il décide de s'y rendre. Son intervention est couronnée de succés, mais le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin meurt à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendre comme mouraient les saints hommes ; disputé entre Poitevins et Tourangeaux, son corps est subtilisé par ces derniers et rapidement reconduit par le fleuve jusqu'à Tours où il est enterré le 11 novembre. Sa légende veut que les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre, au passage de son corps sur la Loire entre Poitiers et Tours.. Ce phénomène étonnant donnera naissance à l'expression "été de la Saint Martin" !

Armand MESTRAL 1917-2000

Armand Mestral

De son vrai nom Armand Serge Zelikson, né et mort à Paris, était un acteur et un chanteur français. Il est le père de Marie-Claude Mestral qui fait également une carrière d’actrice et de Patrice Mestral, compositeur et chef d'orchestre. Parisien de cœur et d’esprit, il résida durant près de 50 ans dans le quartier du Montparnasse, rue Froidevaux (14e arrondissement de Paris). Ses cendres reposent à Grimaud (Var).
Né d’un père russe, sculpteur, il débute comme chanteur lyrique. Il est engagé au Théâtre de la Gaîté-Lyrique puis bifurque vers la musique légère en faisant du cabaret et de la scène. On le voit notamment dans des opérettes comme Le Pays du sourire (de Franz Lehár), Colorado et Chanson gitane (de Maurice Yvain) où il est remarqué pour son interprétation de Jalousie. Toujours dans la chanson, il enregistre plusieurs disques et ce sont ses versions françaises de Jézabel (Jezebel) et de Mississipi (Ol’ Man River) qui figureront parmi ses plus grand succès.
Il débute au cinéma après la seconde guerre mondiale, d’abord abonné aux rôles de garçons de mauvaise vie. On retiendra ses prestations dans "Gervaise" de René Clément (1956), "Les Amants de demain" de Marcel Blistène (1959), "Le Tracassin ou les plaisirs de la ville" d'Alex Joffé (1961), "Mandrin, bandit gentilhomme" de Jean-Paul Le Chanois (1962), "La Bande à Bonnot" de Philippe Fourastié, "Mon oncle Benjamin" d’Édouard Molinaro (1969) ainsi que dans le diptyque d'Alexandre Arcady, "Le Grand pardon" (1982) et "Le Grand pardon II" (1992). À la télévision, il participe fréquemment à des séries comme Les "Cinq Dernières Minutes", "Les Brigades du Tigre", "Les Enquêtes du Commissaire Maigret" (avec Jean Richard) et joue dans de nombreux téléfilms.

Histoire géologique du Vexin Français

Dinosaure

L'histoire de la région nous est connue depuis le Crétacé. Voir l'échelle des temps géologiques.
Au Cénomanien, la mer largement transgressive depuis les régions nordiques, inaugure une longue période de sédimentation crayeuse qui se prolongera jusqu'à la fin du Campanien. Pendant cette période, la sédimentation marine est continue, avec cependant quelques brèves interruptions de sédimentation marquées par des hard grounds (limite Turonien-Coniacien par exemple). L'anticlinal du Bray subit quelques légères sollicitations tectoniques se traduisant par des variations d'épaisseurs de certaines biozones ou de certains étages (Santonien).
A la fin du Campanien, la région émerge. Un soulèvement important de l'anticlinal du Bray se produit, suivi d'un aplanissement.
Au début du Tertiaire, la mer dano-montienne envahit probablement une partie impiortante du territoire, déposant des formations calcaires (Jaméricourt). Une hypothétique phase tectonique post-montienne pourait rendre compte de la rareté des gisements montiens conservés entre la craie et le Thanétien ou l'Yprésien.
La mer thanéenne, venue du Nord, atteint la région au Thanétien supérieur. Les déopôts sont essentiellement détritiques (sables de Bracheux) et remanient les produits du démantèlement de la craie (silex verdis). L'anticlinal du Bray ne semble pas marqué à cette époque. Il constitue au contraire une zone basse puisque la mer le recouvre entièrement et s'arrête sur sa bordure Sud, laissant émergée la région du Vexin qui deviendra plus tard une zone subsidente. A la fin du Thanétien, le Pays de Bray se soulève et la mer se retire en abandonnant des cordons littoraux constitués de galets de silex roulés (cailloutis de Villeneuve-les-Sablons). La régression est suivie d'un bref épisode continental détritique limité au pourtour du Pays de Bray et constitué par le dépôt des produits d'érosion de cet anticlinal (sables ligniteux de Bourguillemont).

Hippopotame Tapir

A l'Yprésien inférieur, l'ensemble du Bassin de Paris est noyé dans un système de lagunes où domine une sédimentation argileuse (argile plastique), dont les matériaux proviennent essentiellement des produis d'altération de la craie sur les marges du bassin. Un rejeu possible de l'anticlinal du Bray pourrait se situer à la fin du Sparnacien (galets avellanaires). Après l'épisode laguno-marin des Fausses glaises, la mer Cuisienne, à sédimentation sableuse, s'avance vers l'Est depuis la Manche, longeant la bordure Sud du Bray, et atteint très tôt les limites occidentales (Sables de Laon, équivalents de la formation de Varengeville, connus à Montjavoult et en d'autres points vers Gisors). A partir du Niveau d'Aizy, l'ouverture des communications entre la Manche et l'Atlantique permet aux premières Nummulites d'atteindre la région; la fin de l'Yprésien est marquée dans la région par un épisode marin localisé (niveau d'Hérouval). A la fin du Cuisien, la région émerge; une phase tectonique affecte les anticlinaux du Bray et de la Chapelle-en-Vexin/Vigny.
Au Lutétien, une transgression marine envahit la région et ouvre un nouvel épisode de sédimentation carbonatée. Les structures tectoniques, nées ou rajeunies à la fin du Cuisien, continuent à rejouer pendant le Lutétien: absence de Lutécien inférieur aux abords de l'anticlinal de la Chapelle-en-Vexin/Vigny, faciès les plus "profonds" à l'aplomb des zones synclinales au Lutétien moyen.
Au Lutétien supérieur, le bassin se confine mais la sédimentation carbonatée persiste, cette fois de type laguno-marin (Marnes et Caillasses); elle est entrecoupée par une dernière incursion marine comme à Montjavoult et peut-être sur le plateau de Chambors (biozone "biarritzienne").
Après une émersion accompagnée d'un nouveau soulèvement du Bray, l'Auversois débute par une sédimentation marine à l'Est (horizon de Mont-Saint-Martin) et laguno-lacustre à l'Ouest (calcaire de Montagny-en-Vexin). La régression fini-auversienne s'accompagne d'une émersion et de l'installation de sols de type podzol, aujourd'hui grésifiés (grès de Beauchamp), accompagnés de quelques petites étendues d'eau douce à sédimentation calcaire.
Au début du Marinésien s'établit une sédimentation lagunaire et laguno-lacustre (sables d'Ezanville et de Mortefontaine, calcaires de Ducy et de Saint-Ouen). Puis la mer des sables de Cresnes envahit le Vexin; cette transgression est aussitôt suivie d'une importante phase tectonique provoquant le soulèvement de la région Nord (Pays de Bray et Pays de Thelle). Ce basculement, accompagné de failles synsédimentaires, provoque un recul de la mer vers le Sud (mise en place du cordon des cailloutis de Lavilletertre) et l'érosion, d'une grande quantité de matériaux dans la zone soulevée. La sédimentation marine continuera sur les formations antérieures; le contenu palynologique de l'argile de Tumbrel témoigne de l'existence à cette époque, à proximité du bassin de sédimentation, d'une zone émergée à faible relief correspondant sans doute à la zone nouvellement soulevée (Pays de Thelle). La fin du Marinésien est marquée par la mise en place de sols de végétation (sables ligniteux de Neuville-Bosc, grès mamelonnées de la butte de Serans).

Fossile du Stampien

Au Ludien, la sédimentation laguno-continentale est de type chimique; il se dépose dans le Vexin des marno-calcaires avec lentilles de gypse.
Le Stampien débute par des influences laguno-marines (sannoisien, marnes à huîtres), suivies par la transgression marine des sables de Fontainebleau. Puis la mer se retire, le sommet des sables se grésifie en milieu continental (végétation de graminées). Un dépôt lacustre (meulières de Montmorency) termine le cycle stampien.

Fossile du Bassin de Paris du Lutécien

Au Néogène, la région reste émergée et son histoire nous est mal connue; elle est probablement soumise à l'altération et à l'érosion (dégagement probable des buttes-témoins à partir du Pliocène).
Au Quaternaire, des variations climatiques importantes interviennent. Les formations à silex se développent dans le Pays de Thelle tandis que les vallées se creusent. Pendant les périodes à climat périglaciaire se déposent les limons des plateaux, notamment sur les versants abrités des vallées dissymétriques.

Homo habilis

La tectonique est active pendant tout le Quaternaire; elle se manifeste par le soulèvement du Pays de Thelle (flanc Sud de l'anticlinal du Bray), dont l'une des conséquences est la mise en place du glacis des cailloutis de Gisors, probablement au début du Pléistocène. Ce soulèvement se poursuit à l'Holocène et provoque une érosion régressive aux têtes des vallées (formation de ravins de surcreusement).
L'activité tectonique s'est manifestée par un soulèvement différentiel du Pays de Thelle par rapport au Vexin, il s'est déroulé tout au long du Quaternaire et se poursuit encore actuellement. Des nivellements de haute précision effectués en 1884 et 1896 le long de kla voie ferrée Paris/Gisors ont montré un soulèvement de 87mm de Gisors par rapport à Paris pendant cette période, soit 7,25mm par an. Des séismes dont les épicentres jalonnent l'axe du Bray ont affecté la région pendant la période historique; l'un des plus importants a été celui de Noailles, le 26 avril 1910, les localités touchées ont été Noailles, Boncourt, Ponchon, Sainte Geneviève, Petit Fercourt, Fercourt ainsi que Laboissière-en-Thelle et Corbeil-Cerf. Ce séisme était centré sur la faille du Bray. Plusieurs séismes d'origine plus lointaine ont été ressentis à Marines (5 juillet 1841).
Sources : Bureau de recherches géologiques et minières du Service Géologie National, carte géologique de Méru XXII-12, 2ème édition

Charles III Le Simple (879-929)

Le simple ne signifiait pas sot, mais honnête. Monarque de la dynastie carolingienne. Il est le fils posthume de Louis II dit le Bègue et d'Adélaïde de Frioul.
Il fut roi des Francs de 893 à 922.
Trop jeune pour régner, il est exclu du pouvoir après la mort de son demi-frère Carloman II. Les Grands du royaume, ayant à leur tête Hugues l'Abbé, choisissent alors Charles III le Gros, empereur d’Occident en titre, afin d’assurer la régence du jeune Charles pendant sa minorité. Après la déposition de Charles III le Gros en 887, les Grands du royaume élisent le comte de Paris Eudes Ier comme roi de France. Néanmoins, Charles parvient à se faire sacrer roi le 28 janvier 893 en l’abbaye Saint-Remy de Reims par Foulques le Vénérable, archevêque de Reims et grand défenseur de la dynastie carolingienne. Partageant quelque temps le trône avec Eudes Ier, il reste seul roi à la mort de ce dernier le 1er janvier 898. Incapable de résister aux Normands, il se voit contraint, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte passé avec le chef Viking Rollon, de leur abandonner une partie de la Neustrie (Normandie) : la Normandie devient un duché donné aux Normands, contre la promesse de cesser les raids sur la Seine, de se faire baptiser et d'épouser Gisèle, une fille de Charles issue d'une liaison illégitime.
Il est cependant impuissant contre les dynasties féodales qui se constituent, à l'abri des nombreux donjons, et doit lutter contre les Grands du royaume, notamment Gislebert de Lotharingie, Raoul de Bourgogne et Robert de France (frère d'Eudes Ier et grand-père de Hugues Capet). À la mort du dernier Carolingien de Germanie, Charles revendique la Lorraine, dont il prend le titre de roi, en faisant valoir ses droits à l'Empire, mais il est battu par le germanique Henri l'Oiseleur.
À cause de la tyrannie exercée par Haganon le favori du roi, une révolte, avec à sa tête le duc Robert, frère du précédent roi Eudes Ier, éclate en 922. Les insurgés proclament la déchéance de Charles III et élisent roi Robert le 29 juin 922. Le lendemain 30 juin, Robert est sacré roi à Reims par Gautier, l’archevêque de Sens.
Charles III refuse la destitution et contre-attaque depuis la Lorraine. Robert Ier est tué lors de la bataille de Soissons le 15 juin 923, mais son fils Hugues le Grand, galvanise ses soldats en montrant le cadavre de son père, et finalement la bataille est perdue par Charles. Les grands vassaux refusent encore de le reconnaître comme roi, et lui préfèrent Raoul de Bourgogne. Charles, devenu un roi sans couronne, n'ayant plus aucun soutien, croit bon d'accepter le refuge que lui offre son vassal, Herbert II de Vermandois. Ce dernier, gendre de Robert 1er, le fait prisonnier d'une manière perfide le 17 juillet 923. Charles est dans un premier temps incarcéré à Château-Thierry puis, en 924 transféré dans une tour du château de Péronne (Somme). Après 6 années de captivité, il meurt le 7 octobre 929. Sa dépouille est inhumée en l’église Saint-Fursy de Péronne. Sous ce règne, les grands vassaux se rendent de plus en plus indépendants.
Son épouse Edwige de Wessex, fille du roi d'Angleterre Edouard Ier dit Édouard l'Ancien, s'enfuit trouver refuge en Angleterre avec son fils, le futur Louis IV d'Outremer.

Raoul Ier de GOUY (mort en 926)

Il fut de Vexin, d'Amiens et de Valois. Il est fils d'une Heilwis, ou Helvide, qui se remarie en secondes noces au comte Roger Ier de Laon.
Il épousa vers 910 Hildegarde, héritière des comtes Ermenfroi et Gozdert, et fille probable du premier. Ces deux comtes possédaient les comtés d'Amiens, de Valois et du Vexin. D'Hildegarde, il eut 2 enfants, Raoul II, tué en 943, comte de Vexin, d'Amiens et de Valois et probablement Gautier, qui deviendra également comte de Vexin, d'Amiens et de Valois. On a longtemps pensé que Gautier était fils de Raoul II pour des raisons chronologiques, mais il a été démontré que la veuve de Raoul II n'avait pas eu d'enfant, et l'on considère maintenant Gautier comme un frère très jeune de Raoul II.

Liste des comtes de Vexin - Maison de Valois-Vexin-Amiens
avant 895-919 : Ermenfroi d'Amiens, comte d'Amiens, de Vexin et de Valois
915-926 : Raoul Ier († 926), comte d'Amiens, de Vexin et de Valois marié à Hildegarde, probablement fille d'Ermenfroi
926-943 : Raoul II, comte d'Amiens, de Vexin et de Valois, fils du précédent marié à Lietgearde
943-après992 : Gautier Ier, comte d'Amiens, de Vexin et de Valois, frère du précédent marié à Adèle, probablement fille de Foulque II d'Anjou
avant 998-après 1017 : Gautier II, comte d'Amiens, de Vexin et de Valois, fils du précédent marié à Adèle
avant 1024-1035 : Dreux, comte d'Amiens et de Vexin, fils du précédent marié à Godfifu, fille d'Ethelred II de Wessex
1035-1063 : Gautier III, comte d'Amiens, de Vexin et du Maine, fils du précédent marié à Biota du Maine
1063-1074 : Raoul IV, comte de Valois, puis de Vexin et d'Amiens, cousin du précédent, fils de Raoul III (comte de Valois, fils de Gautier II) et d'Alix marié en premières noces à Adèle de Bar-sur-Aube, marié en secondes noces à Haquenez, marié en troisièmes noces à Anne de Kiev
1074-1077 : Simon († 1080), comte de Valois, puis de Vexin et d'Amiens, fils du précédent et d'Adèle de Bar-sur-Aube. En 1077, Simon se fait moine et ses possessions sont dispersées. Valois revient à son beau-frère Herbert IV de Vermandois, Amiens est réuni à la Couronne, et le Vexin est partagé entre le duc de Normandie et le roi de France
1092-1108 : Louis de France, fils de Philippe Ier, roi de France, est investi du comté de Vexin français avant de devenir roi de France sous le nom de Louis VI le Gros.

Louis VI le Gros (1081-1137)

Louis VI le gros

Surnommé le Gros ou Thibaut, il fut aussi appelé le Batailleur. Il était fils de Philippe Ier et de sa première épouse la reine Berthe de Hollande.
Né en 1081, il fut associé par son père au gouvernement en l'année 1100, et lui succéda au mois de juillet 1108. Il fut sacré à Orléans par Daimbert, archevêque de Sens.
Louis VI monta sur le trône n'ayant que des domaines peu considérables, séparés les uns des autres par des fiefs qui appartenaient à des seigneurs rivaux de leur roi. Son père, Philippe Ier, qui n'avait jamais eu d'affaires plus importantes que ses plaisirs, était mort généralement méprisé.
En 1104, Louis VI épouse en premières noces Lucienne de Rochefort(ou seulement se fiance), fille de Gui Ier de Rochefort, comte de Rochefort, et d'Élisabeth de Crécy. L'union (ou les fiançailles) du futur Louis VI et de Lucienne de Rochefort cessèrent en 1107, selon des modalités non connues (répudiation, annulation ?). La femme «délaissée» se remarie aussitôt avec Guichard III de Beaujeu.
Le 4 mai 1115, Louis VI épouse à Paris, en secondes noces, Adèlaïde de Savoie, fille d'Humbert II de Savoie, comte de Maurienne, et de Gisèle de Bourgogne, fille de Guillaume Ier de Bourgogne, surnommé le Grand ou Tête Hardie. De cette seconde union sont issus sept fils et deux filles : Philippe (1116-1131), à ne pas confondre avec son frère du même nom, mort des suites d'une chute de cheval; Louis VII le Jeune (1120-1180), roi de France; Henri (1121-1175), sans alliance ni postérité, évêque de Beauvais (1149-1161) puis archevêque-duc de Reims (1161-1175); Hugues (v. 1123, mort jeune); Robert Ier de Dreux (vers 1123-1188), dit Robert le Grand, comte de Dreux (1137-1184), comte du Perche; Pierre Ier de Courtenay (vers 1125-vers 1182), marié vers 1152 avec Élisabeth de Courtenay (vers 1135-1206), dame de Courtenay; Constance de France (vers 1124-1180), épouse en 1140 Eustache IV (1127-1153), dit Eustache de Blois, comte de Boulogne - sans postérité connue; épouse en secondes noces en 1154 Raymond V (1134-1194), comte de Toulouse; Philippe (vers 1132/1133-1161), à ne pas confondre avec son frère aîné du même nom (sans alliance ni postérité) nommé évêque de Paris, il refusa le poste et resta archidiacre; et une fille morte jeune, inhumée à Saint-Victor de Paris.
Avec une certaine maîtresse, prénommée Marie, fille de Renaud de Breuillet de Dourdan, Louis VI est le père d'une fille : Isabelle de France (vers 1101/1104-après 1175), dame de Liancourt-Saint-Pierre, qui épouse au printemps 1144, Guillaume 1er de Chaumont (en Vexin), fils de Osmond 1er de Chaumont, seigneur de Chaumont-Quitry.
Louis, en prenant les rênes du gouvernement, eut pour ennemis tous les seigneurs que par son courage il avait ramenés au devoir pendant l'excommunication de son père. Il poussa si rudement les révoltés qu'il les battit, les divisa, et devint en moins de deux ans plus puissant qu'aucun de ses prédécesseurs depuis Hugues Capet. Il les réduisit tous successivement, ce qui le rendit en même temps le restaurateur de l'autorité royale et le bienfaiteur de ses peuples.
La pureté de ses mœurs, l'amour qu'il conserva toujours envers Adélaïde de Savoie, sa femme, le soin qu'il mit à défendre le clergé de l'avarice et de la brutalité des nobles, le sauvèrent de toute discussion avec la cour de Rome.

Château de Béthisy Saint Pierre

En 1128, il fit couronner à Reims son fils aîné, Philippe; mais ce prince mourut d'une chute de cheval le 13 octobre 1131. Louis avait trop de vertus pour n'être pas un excellent père; et quoiqu'il eût beaucoup d'enfants, on n'en vit aucun dans ces temps de révoltes, prêter son nom aux rebelles. Il se montra fort sensible à la perte de son fils aîné; le pape Innocent II, qui était alors à Paris, l'abbé Suger et ses courtisans intimes lui firent sentir que l'intérêt du royaume exigeait qu'il ne mît aucun retard à désigner son successeur : il choisit Louis, son second fils, qui fut sacré à Reims par le pape Innocent, douze jours après la mort de Philippe.
La dernière expédition de Louis VI eut lieu en 1135, contre le seigneur de Saint-Brisson-sur-Loire, qui exerçait toutes sortes de brigandages dans les environs de son château. Le roi assiégea cette forteresse, et après l'avoir prise d'assaut, la réduisit en cendres. Les fatigues endurées, son obésité due à l'excès de bonne chère, lui causèrent une dysenterie qui le conduisit au tombeau. Après deux ans de souffrances, il trépasse au château royal de Béthisy-Saint-Pierre (Oise) le 1er août 1137. Son fils Louis, qui voulait être moine, lui succèdera.

Philippe Ier (1052-1108)

Sceau de Philippe Ier Philippe Ier

Philippe Ier de France fut roi des Francs de 1060 à 1108, quatrième de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils d'Henri Ier, roi de France, et d'Anne de Kiev. Philippe est sans doute le premier prince en Europe occidentale à recevoir ce prénom qui allait se perpétuer jusqu'à nos jours. Il le doit à sa mère, Anne de Kiev, dont l'arrière grand-père paternel Romain II, empereur de Constantinople, affirmait descendre des rois de Macédoine.
Couronné à Reims le 23 mai 1059 du vivant de son père, Philippe Ier ne règne seul qu’à partir de 1066, car son oncle, le comte de Flandre Baudouin V, assisté de l’archevêque de Reims Gervais de Belleme ainsi que, dans un premier temps, d'Anne de Kiev, exerce la régence de la mort d'Henri Ier de 1060 à 1066. Il sera couronné plusieurs fois dans son règne, par exemple le 25 décembre 1071, par l'évêque de Laon Élinand, en la cathédrale Notre-Dame de Laon, comme le voulait la coutume de son temps.
Sous son règne se dessinent les grandes lignes de la politique des souverains capétiens du XIIème siècle : assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine, et abaisser ou contenir les trop puissants vassaux. Pour agrandir le domaine royal, il s’empare d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1068), du Vexin français (1077), de la vicomté de Bourges et de la seigneurie de Dun-le-Roi (1101). Il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens.
Pendant la plus grande partie de son règne, Philippe Ier lutte pour réduire la puissance de son vassal le plus redoutable, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu roi d’Angleterre en 1066. Philippe trouve l’appui de Foulque IV le Réchin, comte d'Anjou et de Robert le Frison, comte de Flandre qui se sentent aussi menacés par ce trop puissant voisin. Afin de consolider son alliance avec la Flandre, il épouse Berthe de Hollande (vers 1055-1094), fille de Florent Ier comte de Hollande et de Gertrude de Saxe.
En 1076, Philippe inflige une grave défaite à Guillaume au pied de Dol, en Bretagne. L'année suivante, il s'empare du Vexin français, possession de Simon de Crépy (fils de Raoul de Crépy) qui se fait moine, avec les châtellenies de Mantes et de Pontoise. Guillaume le Conquérant renonce à la Bretagne et fait la paix avec lui.
En 1078, il prend parti pour Robert Courteheuse, le fils aîné de Guillaume, qui s'est révolté contre son père. Après avoir confié la garde du château de Gerberoy, à côté de Beauvais, à Robert, il semble que Philippe 1er se soit retourné contre ce dernier. On le retrouve en 1079, en train d'assiéger le château en compagnie de Guillaume qui est blessé au cours du siège. Peu après, Robert obtient le gouvernement de la Normandie. Le roi capétien reçoit en récompense la ville de Gisors située sur la rive droite de l’Epte.
Dans les années qui suivent la mort de Guillaume le Conquérant, le 9 septembre 1087, alors qu'il tentait de prendre au roi de France le Vexin français, Philippe aide Robert Courteheuse qui essaie de récupérer le trône d'Angleterre dont son frère, Guillaume II le Roux, a hérité. Ce dernier tente, en représailles, de lui prendre le Vexin dans les années 1097-1099, mais échoue au cours de trois campagnes successives.
Au printemps 1092, Philippe s'entiche de Bertrade de Montfort, l'épouse de Foulque IV le Réchin. Il répudie alors Berthe de Hollande et se remarie avec Bertrade de Montfort le 27 mai 1092. Le 16 octobre 1094, le concile d’Autun où sont réunis trente-deux évêques prononce l'excommunication du roi.
Venu en France pour répandre la réforme grégorienne et excommunier le roi à nouveau, le pape Urbain II, le 27 novembre 1095, prêche la première croisade au concile de Clermont. Frappé d'anathème, le roi ne participe pas à la croisade dont Hugues de Vermandois, son frère est l'un des principaux acteurs avec aussi, Raimond IV de Toulouse.
A partir de 1098, Philippe laisse le soin des opérations sur le terrain à son fils Louis VI qu'il a associé à la couronne.

Abbaye de St Benoit sur Loire

Après une controverse au sujet du dépositaire de l'évêché de Beauvais, entre 1100 et 1104, Philippe se réconcilie avec la papauté et est absous en 1104.
En 1107, le pape Pascal II se rend en France où il rencontre Philippe et le futur Louis VI à Saint-Denis. L'alliance entre le royaume de France et la papauté contre l'Empire est alors définitivement scellée pour un siècle.
Le 29 juillet 1108, Philippe Ier meurt au château royal de Melun après quarante-huit ans de règne (le troisième plus long règne de l'histoire de France après ceux de Louis XIV (1643-1715) et Louis XV (1715-1774) qui ont tous les deux règné plus de cinquante ans).
Ne voulant pas, en raison de ses fautes, être enterré à côté de ses ancêtres en la basilique de Saint-Denis, il a demandé à être inhumé dans l'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire.
Son fils Louis VI (voir paragraphe 96 précédent) que l'on surnommera le Gros, âgé de vingt-sept ans, lui succède.
Son épouse Bertrade de Montfort, à trente-huit ans, prend le voile à l'abbaye de Fontevraud.

Philippe-Auguste (1165-1223)

Philippe-Auguste

Philippe II dit Philippe Auguste, né à Gonesse, est le septième roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils héritier de Louis VII dit le Jeune et d'Adèle de Champagne. Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.
Il a 15 ans à la mort de son père et règne à partir de 1180. Il a dès le début de son règne, face à lui, une coalition des grands féodaux de Flandre, Champagne et Bourgogne.
Il ajouta au domaine royal en juillet 1185, par le Traité de Boves, les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et d'une bonne partie du Vermandois.

Croisés

Fin de l'été 1190, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion partent ensemble pour la troisième croisade, qui mobilise également la plupart des grands barons de France. Ils sont surpris par les tempêtes d'hiver en Méditerranée et doivent attendre plusieurs mois en Sicile, à Messine. Là, la rivalité entre les deux rois se ranime autour des projets de mariage de Richard, qui rompt ses fiançailles avec Alix (demi-sœur de Philippe) et s'engage avec Bérengère de Navarre. Philippe Auguste quitte Messine dès qu'il le peut, le 30 mars 1191.
Il arrive à Acre le 20 avril 1191 et participe au siège de la cité, contrôlée par les musulmans. Richard n'arrive qu'en juin, après un détour par Chypre : les renforts anglais sont les bienvenus mais les querelles reprennent immédiatement entre les deux rois. Pour aggraver la situation, ils sont tous deux touchés d'alopécie : plongés dans une forte fièvre, ils perdent cheveux et ongles. Philippe Auguste perd également l'usage d'un œil. Les opérations militaires avancent toutefois : les Français percent une première fois les murs d'Acre le 3 juillet, sans succès; puis ce sont les Anglais qui échouent. Affaiblis, les assiégés capitulent le 12 juillet 1191.
La croisade ne fait que commencer, pourtant Philippe décide de prendre le chemin du retour. La mort du comte de Flandre survenue le 1er juin lors du siège de Saint-Jean-d'Acre, n'y est sans doute pas étrangère : elle rouvre le dossier sensible de la succession flamande. Sur le chemin du retour, Philippe passe par Rome où le pape l'autorise à quitter la croisade. Le roi rentre à Paris le 27 décembre 1191.
En 1194, il s'empare de la Normandie, profitant de ce que Richard Coeur de Lion avait été arrêté et livré à l'empereur Henri VI. A la mort de celui-ci, Philippe Auguste continue la lutte contre le nouveau roi d'Angleterre, Jean Sans Terre.
Il envahit la Normandie en 1202 puis, dans les deux années qui suivent, s'empare de la Touraine, de l'Anjou, du Poitou. Il gagne la bataille de Bouvines en 1214 contre Jean Sans Peur qui avait mené une coalition contre lui avec le comte de Flandre, le comte de Bologne et l'empereur Otto de Brunswick.
Le roi a considérablement accru le domaine royal. Pendant son règne on constate un grand renforcement du contôle du royaume par la nomination des bailis et sénéchaux.
Il épouse d'abord Isabelle de Hainaut, puis après la mort de celle-ci en 1190 , il épouse Ingeburge de Danemark en 1193, mais il la répudie aussitôt et se remarie en 1196 avec Agnès de Méranie. Il est condamné par le pape Innocent III et l'interdit est jeté sur le royaume. Après la mort de sa troisième femme, en 1213, il consent à rappeler Ingeburge.

Plan de Paris sous Philippe-Auguste Muraille de Paris sous Philippe-Auguste

Son règne est une période de vives améliorations pour Paris. Si la cour est encore itinérante, Paris acquiert cependant un statut particulier dont les différents travaux accomplis témoignent. Un grand pas est effectué sous Philippe Auguste dans l'invention de la capitale. Quelques faits à retenir : 1180 : il transfère le marché des Champeaux (situé dans les faubourgs du nord de la ville, près de la léproserie Saint-Lazare) au centre de Paris, à l'emplacement même des futures Halles. Deux bâtiments couverts sont élevés pour assainir le nouveau marché en 1183. Très intéressé par le développement de ce marché central, il réglemente lui-même le commerce des denrées essentielles (viande, pain et vin).
1186 : Il fait paver les rues principales de Paris.
1187 : Le cimetière des Saints-Innocents est assaini, drainé, nivelé et muni d'un mur d'enceinte.
1190 : Avant de partir à la croisade, il fait débuter la construction d'un mur d'enceinte sur la rive droite.
1194 : Après la perte des archives royales lors de la bataille de Fréteval et la récupération de celles-ci par Richard Cœur de Lion, Philippe les fait reconstituer. À partir de cette date, un exemplaire de ces archives restera en permanence à Paris.
1200 : Naissance de la charte royale créant l'Université de Paris, un statut qui permet aux maîtres et écoliers parisiens de disposer d'une liberté et d'une sécurité importantes; désormais, ceux-ci relèvent en particulier de la juridiction ecclésiastique. Ces privilèges permettent un essor rapide des écoles parisiennes.
1202 : Achèvement de la construction de la tour neuve, à l'entrée ouest de la ville, le futur Louvre.
1209-1210 : travaux sur le Petit Châtelet, sur la rive gauche (nouvelles cheminées, portes, poternes, ajout d'une prison de trois étages).
1209-1212 : construction de la partie rive gauche de l'enceinte de Paris.
L'expansion de Paris ne se résume pas aux travaux menés par Philippe Auguste. C'est également sous son règne que sont créés :

Notre-Dame de Paris, détail du plan de Paris de Melchior Tavernier vers 1630 Grande rose de Notre-Dame de Paris

- L'hospice Sainte-Catherine (1185) cité dans "L'histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours" de J.A. Dulaure (1823) est situé rue Saint-Denis, au coin méridional de la rue des Lombards. Il porta d'abord le nom d'Hôpital des Pauvres de Sainte-Opportune, et fut administré par des frères hospitaliers. Une bulle du Pape Honoré III du 17 janvier 1222 met cet hôpital sous la protection de la Maison-Dieu-Sainte-Catherine. Aux frères hospitaliers se joignirent des soeurs au XIVème siècle.
- L'hôpital de la Trinité (1202) situé au coin de la rue Saint-Denis et de la rue Grénéta. Il servait de refuge aux voyageurs et aux pèlerins. On apprend dans le livre "Les hôpitaux et la Charité à Paris au XIIIème siècle" de D. Louis Mackay (1923) que "la Trinité après 1210" était desservie par quatre religieux.
- Les travaux de Notre-Dame de Paris, entamés en 1163, progressent aussi à bon rythme. En 1182, le chœur est achevé et le maître-autel est consacré le 19 mai. Puis, la façade ouest est décorée, la galerie des rois est achevée dans les années 1220, la grande rose est entamée dans la foulée, tandis que le parvis est agrandi à la même époque.
L'essor de Paris est confirmé par les estimations démographiques, qui estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants à 50 000 vers 1200, ce qui en fait la plus grande ville d'Europe, hors l'Italie.
Sur le testament de Philippe Auguste, rédigé en septembre 1222, la somme de ses legs s'élève à 790 000 livres parisis, soit près de quatre ans de revenus. Ce testament est rédigé alors que son état de santé fait craindre sa mort. Celle-ci survient finalement dix mois plus tard. Alors qu'il se trouve à Pacy, Philippe décide d'assister à la réunion ecclésiastique organisée à Paris pour la préparation de nouvelles croisades, contre l'avis de ses médecins. Il ne survit pas à la fatigue du voyage et meurt le 14 juillet 1223, à Mantes. Son corps est amené à Paris, et ses funérailles sont rapidement organisées, à Saint-Denis, en présence des grands du royaume. Pour la première fois, le corps du roi de France revêtu de tous les regalia est exposé à la vénération du peuple avant sa sépulture dans un rite solennel inspiré de celui des rois d'Angleterre.
Il laisse à son fils et successeur, Louis VIII, un territoire considérablement agrandi.

Michel de l'hospital (1505-1573)

Michel de l'hospital

Michel de L'Hospital, né à Aigueperse (Puy-de-Dôme) est un écrivain et homme politique français.
Conseiller au Parlement de Paris, ambassadeur au concile de Trente, surintendant des finances et enfin chancelier de France. Il s'employa de toutes ses forces à calmer les haines religieuses et arrêter l'effusion du sang.
Il passe une bonne partie de ses jeunes années en Italie où il est étudiant puis professeur de droit civil à l'université de Padoue. Il rentre ensuite en France où il est délégué aux Grands Jours de justice de Moulins en 1540, de Riom en 1542 et de Tours en 1546. Il devient Premier Président de la Chambre des comptes de Paris entre 1555 et 1560.
En 1560, il est appelé par Catherine de Médicis pour mener une politique de réconciliation entre catholiques et protestants et est nommé chancelier de France en 1560 par François II. Cependant, il échoue dans ses tentatives d'apaisement du conflit. Haï des Guise, il est renvoyé en 1568.
Chancelier de François II et de Charles IX, il œuvra grandement à la simplification du droit français. Il fut en particulier le promoteur des édits de Fontainebleau sur l'arbitrage (août 1560) et sur la transaction (avril 1561).

Château de Bellesbat aujourd'hui

Il se retire dans son château de Vignay, Essonne (dont presque rien ne subsiste, si ce n'est sa mémoire dans une ferme moderne qui a maintenant occupé sa place).
Les historiens sont unanimes à louer l'étendue de son esprit, la rectitude de son jugement et sa modération. Au jour du massacre de la Saint-Barthélemy, il fit ouvrir toutes grandes à une foule fanatique les portes de son château. Sa vie fut épargnée, mais il mourut le 13 mars 1573 chez sa fille au château de Bellesbat (aujourd'hui reconverti en hôtel golf).

Henri III (1551-1589)

Henri III

Henri III est le quatrième fils d'Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, baptisé sous les prénoms d'Alexandre-Édouard, et titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Lors de sa confirmation à Toulouse, le 17 mars 1565, il prend le prénom d'Henri. Le 8 février 1566, il devient duc d'Anjou.
Le 11 mai 1573, il est élu roi de Pologne sous le nom d'Henryk Walezy (en polonais, Henri de Valois). Il règne sur la Pologne du 24 janvier au 18 juin 1574. Le 30 mai 1574, son frère Charles IX étant mort, il quitte la Pologne en catimini pour le trône de France. Il est sacré à Reims le 13 février 1575 sous le nom d'Henri III et le 15 février il épouse Louise de Lorraine.
En montant sur le trône de France, Henri III a hérité d'un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne est marqué par de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de religion se déroulent sous son règne.
En 1586, il doit combattre respectivement Henri le Balafré et Henri de Navarre, au cours d'un conflit que l'Histoire retiendra sous le nom de Guerre des trois Henri. Battu en 1587, Henri III n'a d'autre ressource, l'année suivante, que de fuir Paris dont le Balafré s'est rendu maître grâce à l'appui des ligueurs de la capitale.
Réfugié à Blois, où sont convoqués les états généraux, Henri III attire le duc de Guise dans un piège et le fait assassiner.
Les Ligueurs placent à leur tête Charles de Lorraine, duc de Mayenne, frère du Balafré, le proclament lieutenant général du royaume et prononcent la déchéance du roi. Celui-ci n'a plus alors d'autre solution que de contracter une alliance avec Henri de Navarre, et les deux rois mettent le siège devant Paris.
Mais un ligueur fanatique, le moine Jacques Clément, l'assassine le 1er août 1589.
Avant de mourir, à Saint-Cloud, le roi de France, dernier de la lignée des Valois, reconnaît définitivement le roi de Navarre comme successeur.

Charles II de Lorraine, Duc de Mayenne (1554-1611)

Charles II de Lorraine, duc de Mayenne

Fils de François Ier, duc de Guise, et d'Anne d'Este, et donc le frère d’Henri Ier de Guise le Balafré. Il fut premier chambellan, gouverneur de Bourgogne, et duc de Mayenne de 1573 à 1611. Il est celui que l'histoire a retenu sous le nom de duc de Mayenne ou plus simplement Mayenne, tel qu'Henri IV l'appelait.
Il accompagna le futur Henri III en Pologne. Il prit Brouage lors de la sixième guerre de religion (1577), et enleva La Mure aux protestants du Dauphiné lors de la prise d’armes suivante. Il fut amiral de France jusqu’en 1582, poste qu’il perdit au profit du duc de Joyeuse, l’un des deux «archimignons» d’Henri III de France.
Il devient chef de la Ligue après l'assassinat de son frère Henri en 1588. Il se rend à Rouen, une des rares villes qui hésitait à rallier la Ligue, et obtient son soutien. Il est battu une première fois près de Chartres par Châtillon, le fils de Coligny, début 1589. Il fut vaincu à Arques (1589) et à Ivry (1590) par Henri IV. En 1591, il fit pendre les dirigeants de la Ligue parisienne qui, eux, venaient de faire pendre Barnabé Brisson, premier président du Parlement de Paris, scellant ainsi la rupture entre la Ligue nobiliaire et la Ligue urbaine. Il échoua à se faire élire roi par les États généraux qu’il avait convoqué à Paris en 1593. Le 5 juin 1595, il fut battu par Henri IV à la bataille de Fontaine-Française et fit acte de soumission solennelle à Henri IV en novembre 1595, en échange de 2 640 000 livres et de trois places de sûreté en Bourgogne, dont il perdit le gouvernement.
Il avait épousé, le 6 août 1576, Henriette de Savoie-Villars († 1611) dont il eu quatre enfants : Henri (1578-1621), duc de Mayenne et d'Aguillon; Charles Emmanuel (1581-1609), comte de Sommerive; Catherine (1585-1618), mariée en 1599 à Charles Ier Gonzague, duc de Mantoue; et Renée († 1638), mariée en 1613 à Mario II Sforza, duc d'Ognano et de Segni, comte de Santa Fiora.
Il est mort le 4 octobre 1611 à Soissons.

La Fronde (1648–1653)

Mlle de Montpensier, la Grande Mademoiselle

Ce fut la dernière guerre menée contre le roi de France par les grands du royaume.
Elle se divise en deux parties :
1. la Fronde parlementaire ou « vieille Fronde » qui la commence;
2. la Fronde des princes, qui la continue, l'amplifie et lui succède avant d'être vaincue, victime de son mode de fonctionnement : complots, alliances, revirements.
La Fronde naquit tout d'abord d'un mécontentement général. Celui-ci prenait sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale nécessaire afin de faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans. Sa cause la plus directe doit pourtant être cherchée dans les moyens utilisés par la monarchie pour lever l'impôt.
Après la mort de Louis XIII, l'avènement de la régence conduite par Anne d'Autriche avait fait espérer un allègement des taxes, il n'en fut rien : le cardinal Mazarin, pensant que la France pouvait supporter la guerre, ne desserra pas l'étreinte. Le surintendant des finances, Particelli d'Émery, élargit l'assiette de nombreux impôts. Ainsi, il força Paris, qui en était exemptée, à payer la Taille. Il créa de nouveaux offices pendant que de son côté, Mazarin se disposait à faire du chantage au renouvellement de la Paulette (droit annuel assurant l'hérédité des offices).

Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz

Face au gouvernement royal, se dressait d'abord la famille royale. Gaston de France, oncle du roi et éternel comploteur, ne cachait pas son opposition à Mazarin, non plus que sa fille, la Grande Mademoiselle. Le Grand Condé et sa sœur, la duchesse de Longueville, lorgnaient le Conseil royal. Mgr de Gondi, futur cardinal de Retz, coadjuteur de Paris, était ambitieux. Il voulait un rôle politique et le chapeau de cardinal. Le Parlement de Paris livrait une véritable guerre à la régence au sujet de l'impôt. Il exerçait souvent son droit de remontrance, espérant en vain infléchir la politique du royaume. Enfin, Paris était une ville d'humeur rebelle, facile à enflammer, vivant souvent de rentes et dominée par les corporations.
Les Principaux acteurs de la Fronde et ce qu'ils deviendront :
Du côté du roi :
- la régente Anne d'Autriche
_ le cardinal Jules Mazarin
Les Frondeurs :
- Mgr de Gondi, sacré cardinal de Retz le 21 septembre 1651 par le pape Innocent X, il fut jeté en prison au château de Vincennes
- le prince de Conti
- Mademoiselle de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle », elle se cloîtra au château de Saint-Fargeau, où elle resta jusqu'en 1657, adorée des parisiens, elle sera inhumée dans la basilique Saint-Denis en 1693.
- Henri, duc de Longueville
- Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, abandonnée et en disgrâce à la cour, la duchesse fit une dépression qui l'emmena vers la religion, le jansénisme, et la charité.
- Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, intrigue pour assurer la fortune de sa famille. Elle fait notamment épouser à son petit-fils, Charles de Luynes, la fille de Jean-Baptiste Colbert, l'homme le plus influent de l'époque après Louis XIV. En 1679, à 79 ans, elle se retire dans un couvent à Gagny pour y mourir loin de sa famille.

Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon

- Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon, ayant comploté contre le Roi est exilée. Le Cardinal de Retz dira d'elle « Mme de Montbazon était d'une très grande beauté. La modestie manquait à son air. Sa morgue et son jargon eussent suppléé, dans un temps calme, à son peu d'esprit. Elle eut peu de foi dans la galanterie, nulle dans les affaires. Elle n'aimait rien que son plaisir et, au-dessus de son plaisir, son intérêt. Je n'ai jamais vu personne qui eût conservé dans le vice si peu de respect pour la vertu ».
Les Revirements :
- le vicomte de Turenne, qui y fait sa gloire. Louis XIV lui accorda l'honneur posthume d'être enseveli à la basilique Saint-Denis en 1675, avec les rois de France. Napoléon Ier fit transférer sa dépouille à l'église Saint-Louis des Invalides, nécropole des gloires militaires de la France.
- le Grand Condé, fut déchu de sa qualité de prince du sang et condamné à mort (le Traité des Pyrénées le gracia). Il dut épouser une nièce de Mazarin pour éviter la disgrâce.
- le jeune lieutenant Vauban, qui servait dans le régiment Condé Cavalerie, fait prisonnier en Champagne en 1653, il rallie le camp du roi sur la proposition que lui fait Mazarin.
Ces deux derniers généraux luttèrent alternativement à la tête des troupes royales, puis des Frondeurs.

Michel PARTICELLI d'EMERY (1596-1650)

Michel Particelli d'Emery Château de Tanlay en Bourgogne

Fils d'un banquier de Lyon originaire de Lucca en Italie, conseiller de Richelieu sous Louis XIII.
En 1640, il est ambassadeur de France à Turin. Il est nommé contrôleur général des finances en 1643 par Mazarin puis surintendant des finances en 1648. Il montra quelque habileté et eut la première idée de l'octroi; mais ses exactions lui attirèrent la haine du peuple de même que ses tentatives de réforme le rendaient odieux aux nobles. Pour faire face aux exigences financières de la guerre franco-espagnole, il créa en 1644 l'impôt du Toisé et la taxe des Aisés, puis en 1646 le Tarif qui augmentait les droits d'octroi. Ces taxes furent une des origines de la Fronde. Il fut sacrifié, le 9 juillet 1648 (remplacé par le maréchal de la Meilleraye), mais rappelé dès l'année suivante.
Le Château de Tanlay en Bourgogne, resté inachevé après une première campagne de travaux (1555-1568), fut achevé par Le Muet pour Michel Particelli d’Emery entre 1643 et 1649 (il subsiste presque intact).
II mourut en 1650.

Sur les traces de GARGANTUA....

Gargantua

C'était il y a longtemps, très longtemps... Un peuple de géants vivait dans la région qui deviendrait plus tard le Vexin. Le plus célèbre d'entre eux se dénommait Gargantua. Nul ne peut plus conter Gargantua sans se référer à Rabelais, tout comme les Gaulois d'Astérix ne peuvent se dissocier des créations de Goscinny et d'Uderzo. Et de même que le menhir d'Obélix est anachronique, de même Gargantua et sa mère Gargamelle ne sont que les prétexte à un texte de pure imagination.
Cependant Gargantua était bien un géant. Les mythologies locales ont attribué à un peuple de géants les pierres dressées dont on ne savait fixer la véritable origine. Gar signifie pierre, Gant signifie grand (géant), et le suffixe en tua désigne un groupement : le peuple des géants de la pierre ou plutôt le peuple les grandes pierres, ceux des mégalithes.
Or donc ce géant gravit un jour une butte, d'où l'on voit fort loin à l'horizon: la butte de Montjavoult. Au loin, vers le soleil levant, il apercevait d'autres monts aussi élevés, les Buttes de Rhône (à 17 kilomètres).
Sans pouvoir fournir d'explications, chacun sait que les géants de ce temps-là, au demeurant fort aimables, n'avaient comme occupation de leurs journées que le transport d'énormes blocs rocheux. Leur jeu préféré consistait à lancer ces projectiles qui ne représentaient pour eux que de vulgaires cailloux, comme on lance aujourd'hui une boule de pétanque ou comme hier on envoyait un palet.
Cette fois, Gargantua avait présumé de ses forces. Il lança la pierre dans la bonne direction, mais celle-ci vint se ficher dans la plaine, 13 kilomètres plus loin, à Romesnil (commune de Lavilletertre), elle se nomme aujourd'hui "pierre fritte" ou "palet de Gargantua".
Bien entendu, nul géant ne l'a jamais lancée puisque ce sont les petits hommes (1,60m environ) de la période néolithique qui l'ont érigée il y a 3700 à 4000 ans !
Alors simple légende destinée à alimenter les veillées d'antan devant la cheminée ?
Ou tradition obscure répétée du fond des âges ?
La vie très horrifique du grand Gargantua ou plus simplement Gargantua, est le deuxième roman de François Rabelais. La première publication datée du Gargantua remonte à 1535. L’auteur a retravaillé le texte ultérieurement. Gargantua a été écrit après Pantagruel (publié en 1532), mais Gargantua est le père de Pantagruel et lorsqu’en 1542 les deux ouvrages furent publiés simultanément, Gargantua fut placé en tête.
C'est sans doute le texte narratif le plus célèbre de la Renaissance française. D’une structure comparable à celle de Pantagruel, mais d’une écriture plus complexe, il conte les années d’apprentissage et les exploits guerriers du géant Gargantua.

Une nouvelle mairie à Neuville-Bosc (1992)

La grange de Neuville-Bosc

Mairie Neuville-Bosc

Le contexte dans lequel s'inscrit le projet de réhabilitation/restructuration de la grange communale de Neuville-Bosc était au départ :
- une mairie en meulière du XIXème siècle, d'une architecture baroque qui évoque assez bien cette partie de l'histoire du village en rupture avec la continuité des siècles pasés de la commune.
- et la grange, elle-même, très beau bâtiment rural qui tourne le dos à la place de la mairie dont elle constitue pourtant l'une des faces.
Autrefois, marquée par le tumulus du réservoir d'eau, les arbres et les petis bâtiments communaux en bord de route, cette façade "nord" est aujourd'hui visible et très présente.
Le programme était finalement d'aménager le rez-de-chaussée de la grange pour y installer les locaux de la Mairie et en particulier la salle du Conseil Municipal. Cette dernière devant pouvoir être affectée à des manifestations festives de la commune et être complétée par une petite salle de réunion annexe.
Au Sud, la grange, bâtiment tout en ossature bois, est ouverte vers le terrain voisin dont elle est séparée par une bande de terrain de 8 mètres de large.
Sa limite de propriété sera à terme marquée par un mur séparatif de 2 mètres de haut.
Il s'agissait dans ce projet de respecter à la fois :
- l'esprit et l'ordonnancement de la place de la mairie actuelle est d'en hiérarchiser les bâtiments, la mairie école, devient école et, l'extension de la grange, mairie.
- le caractère rural très pur et très élégant de la grange, bâtiment de stockage en pans de bois posés sur des piliers bois à 4,50m du sol.
Pour ce faire, l'extension de la grange, destinée à recevoir le secrétariat et un bureau a été traitée dans l'esprit de l'ancienne mairie-école tant par les matériaux : briques et meulière, que par le style de la façade, sans ostentation exagérée, puisque le bâtiment de l'école domine par l'ancienneté, l'importance et l'emplacement.
La façade ainsi créée, est comme un décor qui complète la place de la mairie et affirme l'identité de la nouvelle maison communale.
La salle du conseil et la petite salle de réunion sont glissées sous la grange, comme rangées à distance suffisante des piliers en bois qui ceinturent le bâtiment afin que la structure de la grange reste lisible et que celle-ci garde son caractère propre.
Le dessous de la grange reste analogiquement dans le caractère rural et évoque constructivement un ensemble lui aussi structurel, plus récent que le bois, lui aussi démontable.
Ce n'est en tout cas, pas une construction maçonnée, "définitive", qui serait contradictoire avec la logique constructive de la grange, ni une enveloppe de verre et de pans de bois à l'aplomb de la grange, ce qui lui aurait conféré la vulgarité d'une vitrine de magasin alimentaire.
Le choix s'est porté sur le métal pour l'enveloppe et la structure de la salle de conseil et de la salle annexe.
Formellement par contraste avec la rigueur de la forme constructive de la grange, il a été introduit côté entrée de la salle, en pignon côté route, une forme cylindrique en bardage métallique horizontal, qui peut évoquer, sous la grange, un édifice utilitaire agricole, comme un silo à grains.
La couleur gris aluminium exprime très calmement le métal du matériau, à l'opposé du bois de la grange. L'accroche satinée de la lumière met en valeur les vides entre les piliers, le plancher haut de la grange et la façade des éléments glissés dessous.
La grange elle-même a été très soigneusement et avec humilité restaurée et ce grâce au savoir-faire de l'entreprise F.M.B. L'ossature a été recalée, les aplombs retrouvés, les liaisons refaites ou renforcées, les bois pourris changés par des bois déjà patinés... et ainsi le bâtiment original a-t-il retrouvé belle allure. L'architecte est Richard Gallois.

Philippe IV de France, dit Philippe le bel (1268-1314) et l'ordre du Temple

Philippe IV de France, dit le bel

Roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs, il est le fils du roi Philippe III de France (Philippe le Hardi) (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon (1247-1271).
Ses contemporains le jugent comme étant d'une rare beauté, et son physique tout entier « semblait une vivante image de la grandeur et de la majesté des rois de France » (d'après une chronique médiévale).
En 1128, le 13 janvier, le concile de Troyes approuve la règle de l’ordre des Templiers. L’ordre est officiellement reconnu. Il fut fondé dix ans plus tôt sous l’impulsion du chevalier Hugues de Payns. Le roi de Jérusalem, Baudoin II, avait alors logé les chevaliers sur l’ancien temple de Salomon, duquel ils tirèrent leur nom. Ils avaient pour mission de protéger les pèlerins venus en Terre sainte. L’ordre des Templiers, ou ordre du Temple, s’enrichira ensuite très rapidement et gagnera en puissance. Les Templiers seront finalement arrêtés par Philippe le Bel en 1307.
En 1286, le 6 janvier, Philippe IV le Bel est sacré Roi de France. Il reçoit l'onction du sacre à Reims à 18 ans et règnera pendant 29 ans. Grâce à son mariage avec Jeanne de Navarre en 1305, il deviendra roi de France et de Navarre.
En 1294, le 13 décembre, le pape Célestin V démissionne. Ecrasé par le poids des responsabilités et se sentant incapable de résister aux pressions du roi de France Philippe IV le Bel, il abdique cinq mois à peine après son élection à Rome. La démission de cet ancien ermite bénédictin de 80 ans sera longtemps appellée "Le grand refus".
En 1302, le 18 mai, les Flamands se révoltent contre l'occupant français et massacrent les soldats de la garnison à Bruges. Cette journée est nommée "Mâtines de Bruges" par comparaison aux "Vêpres siciliennes" qui chassèrent 20 ans plus tôt les Français de Sicile. Philippe le Bel, furieux, enverra sa meilleure armée en Flandres. Mais celle-ci sera vaincue près de Courtrai le 11 juillet. C'est la fin du rêve des rois Capétiens d'annexer les Flandres.
En 1302, le 11 juillet, les milices des communes flamandes en révolte contre la France qui occupe la région depuis 1297, battent l'armée française de Philippe le Bel aux abords de la forteresse de Courtrai. Après la bataille, les Flamands ramassent dans la boue les éperons d'or des chevaliers français, d'où le nom de la bataille. Ces trophées orneront l'église Notre-Dame de Courtrai avant d'être récupérés par la France et installés à Dijon.

Eglise d'Anagni

En 1303, le 7 septembre, arrestation du pape Boniface VIII. Guillaume de Nogaret, envoyé de Philippe IV le Bel, pénètre avec quelques hommes dans la résidence pontificale d'Anagni en Italie pour se saisir du pape Boniface VIII et le mettre en lieu sûr, le temps de le faire déposer par un concile. Mais le plan échoue : la population d'Anagni parvient à délivrer Boniface. Ce dernier ne résiste toutefois pas à l'épreuve et meurt peu de temps après l'attentat. Le pape était intransigeant et s'était opposé vigoureusement à Philippe le Bel, qu'il avait excommunié.
En 1307, le vendredi 13 octobre, Philippe le Bel fait arrêter les Templiers et confisque leurs biens. Ils sont torturés pour leur faire admettre l'hérésie dans leur ordre. L'ordre des chevaliers du Temple, le premier ordre militaire d'Occident fondé en 1119, est devenu aux yeux du roi de France trop riche et trop puissant alors qu'il a fait à l'origine vœu de pauvreté.
En 1309, le 9 mars, le pape Clément V et le Saint-Siège s'établissent en Avignon, propriété du comte de Provence et roi de Naples. Suite à l’attentat d’Anagni et sur les conseils du roi de France, le souverain pontife, d’origine française, a renoncé à Rome. Avignon sera achetée par Clément VI en 1348 et demeura la résidence des papes jusqu'en 1377.
En 1312, au concile de Vienne, cédant à la pression du roi, le pape Clément V prononcera la dissolution de l'ordre.
En 1314, le maître de l'ordre, Jacques de Molay, périt sur le bûcher à Paris. C'est lors de son exécution, alors qu'il brûlait, qu'il aurait proféré la célèbre malédiction, exploitée par l'écrivain français Maurice Druon dans son roman historique "Les Rois maudits": «Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits, vous serez tous maudits, jusqu'à la treizième génération de vos races.» Selon Geoffroy de Paris, chroniqueur de l'époque, les termes de la malédiction seraient: «Dieu sait qui a tort et a péché, et le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur, sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir.» Une succession de malheurs touchera ensuite la famille royale capétienne, dont la plus célèbre reste l'affaire de la tour de Nesle et des deux brus adultères du roi...
En 1314, Philippe le Bel, frappé d'un ictus apoplectique lors d'une chasse en forêt de Pont-Sainte-Maxence (forêt d'Halatte), meurt quelques semaines plus tard, le 29 novembre, à Fontainebleau, à l'âge de 46 ans, au terme de 30 ans de règne. Il est inhumé dans la basilique de Saint-Denis. Sa sépulture, comme celles des autres princes et dignitaires reposant en ce lieu, sera profanée par les révolutionnaires en 1793.
Son fils Louis X, dit le Hutin, lui succède mais il mourra deux ans à peine après son couronnement.

Noël Taillepied (1540-1589)

Né dans le diocèse de Rouen, c'est un écrivain français
Après avoir étudié à Paris, il enseigna la théologie au couvent des Cordeliers à Pontoise. En 1586, il quitta les Cordeliers de Pontoise pour ceux de Rouen.
En 1588, en quête d’une plus grande rigueur, il passe chez les Capucins d’Angers. Il y meurt l’année suivante.
Tous les ouvrages de cet auteur sont rares. À côté d’une dizaine d’opuscules, une bonne part en latin, dédiés à la controverse religieuse, à côté d’autres ouvrages consacrés à la philosophie et à l’histoire. Noël Taillepied fait publier à Rouen, en 1587, les "Antiquités et singularités de la ville de Pontoise" et les "Antiquités et singularités de la ville de Rouen". Il est l'auteur d'un ouvrage sur "les phénomènes surnaturels, extraordinaires". Il publia plusieurs ouvrages de théologie et d'histoire, pour lesquels il lui fut parfois reproché une trop grande crédulité.

La carte de Cassini

Cassini III Cassini IV

La carte de Cassini, ou carte de l'Académie, est la première carte générale du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au XVIIIème siècle.
L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, la transposition de ce rapport dans le système métrique donne une échelle proche de 1/86 400 (1 centimètre sur la carte correspond à environ 864 mètres sur le terrain).
Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les quatre générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail. La carte ne localise pas précisément les habitations ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de précision du réseau routier est tel qu'en superposant des photos satellite orthorectifiées, ces dernières correspondent presque totalement avec les routes dessinées plus de 200 ans avant.
Le travail des Cassini laissa même son empreinte sur le terrain où l'on trouve encore aujourd'hui des toponymes dits « Signal de Cassini », qui révèlent les lieux où s'effectuèrent les mesures de l'époque. Ces points de repères correspondent aux sommets des mille triangles qui formaient la trame de la carte de Cassini.
Cette carte est encore consultée de nos jours par les chercheurs. Elle intéresse tout particulièrement les historiens, les géographes, les généalogistes, les chasseurs de trésors et les écologues qui ont besoin de faire de l'écologie rétrospective ou de comprendre l'histoire du paysage.
Les levés de carte ont été effectués entre 1756 et 1789 et les 181 feuilles composant la carte ont été publiées entre 1756 et 1815. En 1756, Cassini III fonde une société de cinquante associés afin de rassembler les fonds nécessaires pour finir les levés de la carte. Des personnalités de l'époque y participent. La plus célèbre d'entre elles est la marquise de Pompadour.
Décédé en 1784, César-François Cassini ne verra jamais l'achèvement des levés. Son fils, Jean-Dominique finit les travaux de son père.

Sarah Bernhardt 1844-1923

Sarah Bernhardt Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt, de son vrai nom Sarah Marie Henriette Bernhardt, était une actrice de théâtre française, née le 25 septembre 1844 à Paris, fille de Mme Judith Van Hard. Sa mère était une beauté célèbre et "une entretenue" et l'on ignore son véritable père. Elle a deux soeurs et Sarah souffrit que sa mère lui préfère sa soeur Jeanne.
Elevée en Bretagne par une nurse à l'écart de sa mère. L'enfant choisit la célèbre comédienne Rachel dite "la voix de bronze" pour idole, ignorant qu'elle deviendrait "la voix d'or"; est-ce là une pure coïncidence ou déjà un signe du destin?
Sarah suit une éducation religieuse et se croit "l'élue de Dieu" destinée à une vocation religieuse. Mais le hasard intervient en la personne du Duc de Morny. Révélation ou pressentiment de sa part? En tout cas, il conseille la carrière artistique à l'adolescente. Sur sa recommandation, Sarah fréquente le Conservatoire d'art dramatique de 1859 à 1862.
Elle entre à la Comédie-Française qu'elle quitte en 1866 pour l'Odéon. Elle connaît son premier succès dans "le Passant" de François Coppée en 1869 déjà dans un rôle de jeune homme, et triomphe comme reine dans Ruy Blas en 1872, ce qui lui vaut d'être rappelée par la Comédie-Française où elle joue dans Phèdre en 1874 et dans Hernani en 1877.
En 1864, Sarah rencontre au cours d'un voyage le prince belge Charles Joseph Eugène Henri De Ligne et devient maman de Maurice, qui restera son seul enfant. De Ligne n'a pas sa place dans la vie de Sarah. Seul comptera Maurice, son dauphin, son vrai prince, sa passion qui en son cœur va tenir autant de place que le théâtre. Lui, avait deux passions: le jeu et l'escrime. Il disputa des duels pour défendre sa mère, à laquelle il vouait une immense affection, dès qu'elle avait été insultée. Il devient écrivain et père de deux filles, l'aînée Simone eut deux enfants, la cadette, Lysiane doué d'un authentique talent littéraire écrivit d'abord des poésies et plus tard une émouvante et magistrale biographie "Sarah Bernhardt, ma grand-mère".

Sarah Bernhardt Sarah Bernhardt

Plus tard, Sarah connaîtra plusieurs amants, artistes tels que Gustave Doré et Georges Jules Victor Clairin ou acteurs tels que Mounet-Sully et Lou Tellegen. En 1882, elle se marie à Londres avec un acteur d'origine grecque, Aristides Damala, mais celui-ci est dépendant de la morphine et leur relation ne dura guère. Elle restera cependant son épouse légitime jusqu'à la mort du jeune acteur, en 1889 à l'âge de 34 ans.
Sarah Bernhardt a également eu pour amant Charles Haas, mondain très populaire, à qui elle vouait une véritable passion, alors que lui la traitait en femme légère et la trompait sans états d'âme. Après leur rupture, ils demeurèrent cependant amis jusqu'à la mort de Haas.
Elle apporta son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus.
En 1880, elle démissionna avec éclat du «Français» et créa sa propre compagnie avec laquelle elle partit jouer et faire fortune à l'étranger. Elle joua à Londres, à Copenhague, aux États-Unis 1880-1881, en Russie 1881. Elle rencontra Thomas Edison à New York et y enregistra sur cylindre une lecture de Phèdre. Revenue en France, elle dirigea le Théâtre de la Renaissance à partir de 1893, puis le Théâtre des Nations où elle joua La Dame aux camélias.
En décembre 1894, elle fit appel à Alfons Mucha pour dessiner ses affiches. Ces six années de collaboration donnèrent un second souffle à sa carrière.
Vers la fin de celle-ci, Sarah Bernhardt devint également actrice du cinéma muet. Son premier film est Le Duel d'Hamlet en 1900. Elle en tournera huit, dont deux œuvres autobiographiques, la dernière étant Sarah Bernhardt à Belle-Isle 1912 qui décrit sa vie quotidienne.
En 1914, on lui remet la légion d'honneur. Puis elle est amputée d'une jambe en 1915, à l'âge de 71 ans, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à jouer assise.
Sarah Bernhardt a publié plusieurs livres et pièces de théâtre. Elle est l'une de celles à avoir inspiré le personnage de l'actrice La Berma, décrit par Marcel Proust dans "À la recherche du temps perdu". Proust la désignait parfois dans sa correspondance par "Haras", son prénom à l'envers.

Devise de Sarah Bernhardt Elle mourut dans les bras de son fils Maurice le 26 mars 1923. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise (division 44), à Paris.
Elle est souvent considérée comme la plus grande actrice du XIXème siècle.
Sa devise : "Quand même".

François Ier (1494-1515)

François Ier

Fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, chef de la maison Valois-Angoulême et de Louise de Savoie, François d'Angoulême est né le 12 septembre 1494 à Cognac (en Charente) dans le château familial.
Lorsque son père meurt en 1496, Louise de Savoie se retrouve dans une situation difficile. Louis d'Orléans est le tuteur des enfants, il devient Louis XII, roi de France, en 1498, après la mort accidentelle de Charles VIII.
François d'Angoulême, à l'âge de six ans, devient le détenteur du duché de Valois. Louis XII l'entoure d'hommes qu'il a personnellement choisis et entre en conflit avec Louise de Savoie qui ne veut pas abandonner l'éducation de son fils.

Louise de Savoie

François aime les lettres et profite de la grande bibliothèque de Jean d'Angoulême, son grand-père, il est cultivé, parlant plusieurs langues (italien et espagnol), il s'intéresse aux nouveaux contours des continents suite aux découvertes des navigateurs. Grand jeune homme robuste, il excelle dans la chasse au cerf et aux jeux de balle. Il pratique les tournois. Au château d'Amboise, il est entouré de beaucoup d'hommes comme le maréchal de Gié qui lui enseigne les techniques militaires.
François d'Angoulême n'a pas pour destin de devenir roi de France. Il faudrait une succession de circonstances dramatiques pour que cela arrive. Mais elles vont se produire: Les deux fils de Charles VIII meurent très jeunes.

Claude de France et ses filles

Louis XII de France

Louis XII a une fille de sa première épouse, Jeanne de France, et le fils que lui donne sa seconde épouse, Anne de Bretagne, meurt quelques heures après sa naissance. Dans un premier temps, il se laisse convaincre par Anne de Bretagne de marier sa fille, Claude, au futur Charles Quint (traité de Blois en 1504), mais il revient rapidement sur sa décision et la marie à François d'Angoulême qu'il pressent comme son successeur et qu'il entoure comme un père entoure son fils. Claude et François sont fiancés en 1506 et se marient peu après le décès d'Anne de Bretagne, le 18 mai 1514.
Louis XII meurt le 1er janvier 1515 et François d'Angoulême devient François Ier, roi de France. Il est sacré à Reims le 25 janvier 1515 et fait son entrée dans Paris le 15 février.
François Ier est un des rois puissants d'Europe. En face de lui il y a Henri VIII, roi d'Angleterre et Charles de Habsbourg, futur Charles Quint. Ce dernier est à la tête d'un important empire austro-allemand et espagnol. François Ier, physiquement imposant et doté d'un caractère déterminé sait s'entourer de personnes efficaces. Il veut continuer le rêve de ses prédécesseurs: conquérir de nouveaux territoires en Italie.

Henri VIII d'Angleterre

Charles Quint

En Août 1515, François Ier part pour le Milanais. A la bataille de Marignan, il y aura plus de quinze milles victimes. Il y est sacré chevalier par Bayard. Il tire gloire de cet affrontement n'hésitant pas à se mêler lui-même à la bataille. Les poètes chantent sa victoire. Le 13 octobre 1515, il est déclaré duc de Milan, de Parme et de Plaisance. La paix est concrétisée avec les Habsbourg par le traité de Noyon (août 1516) et celui de Cambrai (11 mars 1517).
Dans l'entourage du pape Léon X, il remarque l'artiste Léonard de Vinci, il l'invite à venir en France et l'installe au Clos Lucé, près d'Amboise.
Deux ans après le roi, Claude de France est sacrée reine le 10 mai 1517. Le couple royal donne naissance à un fils prénommé François le 28 février 1518.
Charles Quint est élu empereur le 28 juin 1519. 1521 marque le début des rivalités militaires entre François Ier et Charles Quint.

Françoise de Foix

Françoise de Foix, comtesse de Chateaubriand, sera sa favorite de 1518 à 1528, avant de laisser la place à Anne de Pisseleu, mais elle restera son amie et correpondante.
Heurts entre François et Charles III de Bourbon, commandant en chef de l'armée royale. Le roi met ses biens sous séquestre le 7 septembre 1523. Charles III de Bourbon part pour les terres impériales, Charles Quint gagnant ainsi un bon général.
L'ascension des bourgeois formant la noblesse de robe est importante durant le règne de François Ier.

Château d'Amboise

Château de Blois

François Ier est un bâtisseur acharné: il poursuit le travail de ses prédécesseurs au château d’Amboise, mais surtout au château de Blois où il fait ajouter deux nouvelles ailes, et modernise son intérieur avec des boiseries et des décorations à base d’arabesques propres à la nouvelle mode italienne. Il entame la construction du château de Chambord, sur un domaine de chasse acquis par Louis XII. Léonard de Vinci participe vraisemblablement à ses plans, ainsi que l’architecte italien Boccador, à qui on doit le donjon de ce château.

Château de Chambord

Château de Fontainebleau

Il tente de reconstruire le Louvre, faisant détruire la tour médiévale de la sombre forteresse de Philippe Auguste. Il demande la construction d’un nouvel Hôtel de Ville pour Paris. En 1528, dans le bois de Boulogne, il fait édifier le château de Madrid, sous la direction de Girolamo de Robbia. Il fait également construire le château de Saint-Germain-en-Laye ainsi qu’un château de chasse, le château de la Muette, dans la forêt de Saint-Germain. Il fait aussi ouvrir les chantiers des châteaux de Villers-Cotterêts vers 1530, de Folembray en 1538, et de Challuau en 1542.

Château de Madrid

Château de Saint-Germain-en-Laye

En tout, près de 7 châteaux seront construits et remaniés en 15 ans. Le plus grand des projets est la reconstruction quasiment complète (seul le donjon du château antérieur est conservé) du château de Fontainebleau, qui devient rapidement son lieu de résidence favori. Il confie également à Léonard de Vinci l’élaboration des plans du nouveau château de Romorantin, mais ce projet est abandonné en 1519, les ouvriers du chantier étant atteints par une épidémie. Chacun des ambitieux projets royaux bénéficie de somptueuses décorations tant extérieures qu’intérieures. Il décide en 1517 de la fondation d’un nouveau port, initialement appelé « Franciscopolis » mais que l’existence d’une chapelle sur le site choisi pour sa construction fera renommer « Le Havre de Grâce ».
Fin 1522, François Ier perd ses possessions italiennes. Le pape Léon X et le duc de Mantoue l'abandonnent. Le roi de France endette son pays pour financer ses campagnes en Italie. En septembre 1523, les français encerclent Milan. Mais en mars 1524, ils doivent se retirer, une épidémie décime l'armée française. Bayard est tué le 30 avril 1524.
En juillet 1524, François Ier affronte diverses invasions en Provence, en Normandie ou en Bourgogne. Le roi est très affecté par la mort de sa femme Claude de France, survenue le 26 juillet 1524, morte en couches d'un huitième enfant mort-né, mais il réussit à restaurer l'ordre à l'intérieur du pays.
Il décide de retourner en Italie. Sa mère, Louise de Savoie, assure la régence du pays. Son armée est battue par l'armée du marquis de Pescara, secondé par Charles de Bourbon. La Palisse et l'amiral de Bonnivet sont tués. René de Savoie, son oncle, trouve également la mort. Le 24 février 1525, François Ier est fait prisonnier, et écrit à sa mère : "Madame, pour vous avertir comme se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses, ne m'est demeuré que l'honneur et la vie sauve, et pour ce que mes nouvelles vous serons quelque peu de réconfort, j'ay prié qu'on me laissast vous escrire. Ceste grace m'a esté accordée, vous priant ne vouloir prendre l'extrémité de vos finz en usant de vostre accoustumée prudence; car j'ay l'espérance à la fin que Dieu ne m'abandonnera point. Vous recommandant vos petits-enfants et les miens, vous suppliant faire donner sur passage pour aller et retourner en Espagne au porteur qui va devers l'Empereur pour scavoir comment il veut que je sois traicté. Et sur ce très humblement me recommande en vostre bonne grâce. Très humble et obéissant fils, Françoys."
François Ier est d'abord emprisonné près de Crémone, puis à Naples, puis près de Valence et enfin à Madrid. Charles Quint a de fortes exigences: la Bourgogne, les Flandres et l'Artois. Pour Henri VIII, l'ouest de la France et pour Charles de Bourbon, la Provence.
François Ier juge ses demandes intolérables. A la fin de l'année 1525, il tombe malade, souffrant d'anorexie et d'un abcès du nez.

Anne de Pisseleu

Louise de Savoie obtient la paix de l'anglais Henri VIII en août 1525.
Le 14 janvier 1526, François Ier signe le traité de Madrid. La France renonce alors au Milanais, aux Flandres, au royaume de Naples et cède la Bourgogne en échange de sa libération. Charles de Bourbon retrouve ses biens. Il est libéré le 21 janvier 1526. Ses fils, François et Henri, sont échangés avec lui et contre son gré, le remplacent en détention.

Eléonore de Habsbourg

Louise de Savoie, en se rapprochant de Marguerite d'Autriche, obtient la paix. Le 3 Août 1529, La paix des Dames, signée à Cambrai, met fin à la deuxième guerre entre François Ier et Charles Quint. François Ier renonce à ses prétentions italiennes et récupère la Bourgogne, mais il cède l'Artois et les Flandres. Ses enfants sont libérés contre une rançon. Et en 1530, François Ier épouse la sœur de Charles Quint, Eléonore de Habsbourg le 6 juillet. La reine est couronnée à Saint-Denis. Mais, peu attiré par sa femme, il multiplie les conquêtes et s'affiche avec sa favorite en titre Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes.

Ordonnance de Villers-Coterêt

François Ier soutient les artistes de la Renaissance, encourage les lettres. En 1530, il fonde le collège des lecteurs royaux qui va devenir le collège de France. Il favorise également les grandes expéditions. Il fait rédiger et signe l'Ordonnance de Villers-Cotterêts qui décide, entre autres, que le français sera la langue utilisée pour les documents officiels. L'usage des langues régionales recule, bien qu'elles restent présentes dans la vie courante.
Il se montre tolérant à l'égard des protestants jusqu'à l'affaire des placards, affiches apposées par les protestants le 17 octobre 1534, puis durcit sa position, réaffirmant sa foi dans la religion catholique et poursuit les protestants à partir du 21 janvier 1535. Les condamnations pour hérésie se multiplient. Le roi accepte une répression militaire entre le 13 et le 23 avril 1545 où plus de deux mille sept cent personnes sont tuées. Etienne Dolet, imprimeur qui publie des textes réformateurs, est brûlé le 3 août 1546.

Henri d'Orléans

Le dauphin, prénommé François, meurt le 10 août 1536. Un empoisonnement est soupçonné. Un serviteur est arrêté et condamné. Henri d'Orléans, deuxième fils de François Ier, devient dauphin.
Le 11 février 1543, Henri VIII et Charles Quint signent un accord d'invasion de la France. Le nord du pays est l'objet de nombreux affrontements.
Dans les dernières années de règne de François Ier, des factions se forment dans l'entourage du roi. Autour du roi, il y a deux clans: le premier regroupe Marguerite d'Angoulême, le duc d'Orléans et Anne de Pisseleu; le second est composé du dauphin, d'Eléonore de Habsbourg et de cardinaux.
Huit médecins et un apothicaire veillent sur la santé de François 1er qui commence à décliner en 1546, il perd de ses forces, il a des accès de fièvre et souffre d'une fistule. Il est agacé des affrontements avec son fils Henri II, agacé des infidélités d'Anne de Pisseleu, touché par les disparitions dans son entourage, fatigué, abattu, François 1er ne peut plus faire de cheval, se déplace en litière. Le 1er mars, en route pour Saint Germain en Laye, Le roi doit s'arrêter à Rambouillet, dans la demeure du capitaine des gardes, Jacques d'Angennes. Il n'en sortira plus vivant. Le 20 mars, François gagne le lit pour ne plus le quitter. Il fait venir le dauphin Henri. Une semaine plus tard, François 1er est au bout de ses forces. Il demande l'extrême onction et renvoie sa maîtresse, Anne de Pisseleu, dans ses terres de Limours. C'est en présence de tout le monde, serviteurs compris, que le roi exprime ses dernières volontés. Le 31 mars, en milieu de nuit, François 1er se confesse et sur ses dernières paroles, "Jésus ! Jésus !", le roi s'éteint. Malade de la syphillis, sans doute atteint de tuberculose chronique, l'autopsie réalisée juste avant d'embaumer le corps, montre que François 1er serait mort d'une infection urinaire dégénérée en néphrite.

Domaine de Saint-Cloud

Son corps est emmené au château de Saint-Cloud (aujourd'hui détruit). François Clouet réalisera un moulage de son visage. Une grande salle est transformée en chambre funéraire, toute drapée de velour noir. Les hommages se répèteront durant trois semaines.
François 1er et les restes du dauphin François et de Charles d'Orléans (ses deux enfants) sont inhumés à Saint-Denis. C'est le samedi 21 mai 1547 que le cercueil du roi quitte Saint-Cloud. A Notre Dame des Champs, il y retrouvera ceux de ses fils pour une veillée de prières. Le lundi 23 mai, à la cathédrale Notre-Dame une veillée d'honneur a lieu. Les cercueils rejoignent le caveau dans lequel repose déjà la reine Claude de France et ses filles Louise et Charlotte.
François Ier, le roi le plus fastueux de la dynastie des Valois, a prouvé tout au long de son règne son remarquable sens politique en renforçant l'autorité royale et en posant les bases d'un État centralisé. Ses descendants -son fils et ses petits-fils- les derniers des Valois-Angoulême, virent leur autorité de plus en plus affaiblie par les conflits religieux qui finirent par déchirer le royaume.

Jean Racine (1639-1699)

Jean racine

Né à La Ferté-Milon le 22 décembre 1639 et mort à Paris le 21 avril 1699, dans une famille de petits notables. Son père était procureur au bailliage, son grand-père et son bisaïeul avaient été contrôleurs du grenier à sel de La Ferté-Milon et de Crespy-en-Valois. Ils avaient reçu, en cette qualité, des lettres de noblesse, et l'on vit longtemps, sur la façade de la maison de Racine, rue de la Pêcherie, leur écusson héraldique : D'azur, au rat et au cygne d'argent. Jean Racine ne conserva que le cygne dans ses armes, que l'on peut voir sur sa pierre tombale, à Saint-Étienne-du-Mont. Il ne conserva pas le rat car il trouvait cela trop peu noble pour quelqu'un comme lui.
Orphelin dès quatre ans (sa mère décède en 1641 et son père en 1643), il est recueilli par ses grands-parents et reste chez eux jusqu'à la mort de son grand père en 1649.

Port Royal des champs

Sa grand-mère entre alors au couvent de Port-Royal des Champs et Jean rejoint sa marraine qui y est religieuse. Ce qui lui permet, en fait, de recevoir une solide éducation janséniste (courant moral du XVIIème siècle qui a connu son apogée à la fin du siècle et qui consiste à diviser les nantis de la grâce divine et ceux qui ne l'ont pas) aux Petites Ecoles de Port Royal qui l'accueillent gratuitement. Il reçoit une large culture, comprenant la littérature et surtout l'apprentissage du grec et du latin. Il a pour maîtres les célèbres Pierre Nicole, Claude Lancelot, Antoine Le Maître et Jean Hamon. Cependant le théâtre y est très peu présent, car les Jansénistes le méprisaient.
Le théâtre de Racine peint la passion comme une force fatale qui détruit celui qui en est possédé. On retrouve ici les théories jansénistes: soit l'homme a reçu la grâce divine, soit il en est dépourvu, rien ne peut changer son destin, il est condamné dès sa naissance. Réalisant l'idéal de la tragédie classique, le théâtre racinien présente une action simple, claire, dont les péripéties naissent de la passion même des personnages.
Les tragédies profanes présentent un couple de jeunes gens innocents, à la fois unis et séparés par un amour impossible parce que la femme est dominée par le roi (Andromaque, Britannicus, Bajazet, Mithridate) ou parce qu'elle appartient à un clan rival (Aricie dans Phèdre). Cette rivalité se double souvent d'une rivalité politique, sur laquelle Racine n'insiste guère.
Dans ce cadre aristocratique qui, à partir de Bajazet, devient un lieu commun prétexte à la naissance d'une crise, les personnages apprennent que le roi est mort ou vaincu: ils se sentent alors libres de déchaîner leurs passions. Or, l'information est rapidement démentie. Le retour du roi met les personnages devant leurs fautes et les pousse, selon leur nature intérieure, à se repentir ou à aller jusqu'au bout de leur rébellion.
Il meurt en 1699 à la suite d'une tumeur. À sa demande, il est inhumé à Port-Royal, auprès de la tombe de son ancien maître Jean Hamon. Après la destruction de Port Royal ses cendres ont été déplacées à l'église Saint-Étienne-du-Mont de Paris.
Jean Racine fut considéré, à l'égal de son aîné Pierre Corneille, comme l’un des deux plus grands dramaturges classiques français.

Jeanne Laisné ou Jeanne Hachette (1454-?)

Jeanne Hachette

Elle est une figure emblématique de la résistance française face à Charles le Téméraire.
En 1472, Charles le Téméraire envahit le nord du royaume de France, aidé par Jean II d'Alençon. Après avoir tout balayé sur son passage, il mit le siège devant Beauvais. Jeanne Laisné, une jeune habitante de la ville, saisit une hache pour repousser un Bourguignon qui sautait de son échelle d'assaut. Enhardies, les femmes de la ville portent poudre et armes aux combattants, jetant elles-mêmes sur les assaillants des pierres ou de l’huile bouillante. Les 80000 assaillants furent ainsi repoussés, et l'avancée de Charles le Téméraire en France fut stoppée net.
Louis XI institua en son honneur la procession de l'Assaut, et la mémoire de Jeanne Hachette est encore aujourd'hui célébrée à Beauvais par un défilé en costumes d'époque le dernier dimanche de juin. À cette occasion, les femmes précèdent les hommes dans le cortège. Une statue monumentale de l'héroïne, œuvre de Gabriel-Vital Dubray, trône au centre de la place de la mairie.
Bien que son action soit tout à fait comparable à celle de Jeanne d'Arc —la Bourgogne était alors un pays tout aussi redouté que l'Angleterre— elle a été quelque peu éclipsée par celle de sa célèbre consœur.
L’action décisive des femmes de Beauvais fait l’unanimité parmi les historiens, mais des voix remettant en cause l’authenticité des exploits attribués à Jeanne Hachette s’élèvent au XIXème siècle. Dans un article intitulé "Les on-dit de l’histoire", l'érudit Paulin Paris nie même l’existence de Jeanne Hachette en février 1850.

Jean Cauvin dit Calvin (1509-1564)

Jean Calvin

Né à Noyon, le 10 juillet 1509 et décédé à Genève, 27 mai 1564, il était un réformateur français, marié à Idelette de Bure. Il était fils d'un procureur ecclésiastique, élevé dans la religion catholique, il fut d'abord destiné à l'Église catholique mais il quitta cette carrière pour la jurisprudence, et alla étudier à Orléans, puis à Bourges.
Il se liera avec plusieurs partisans de Martin Luther et embrassera bientôt les principes de la Réforme pour ensuite, vers 1531, se convertir et développer les théories qu'il propagera dans Paris dès 1532. Menacé de prison, il se réfugia d'abord à Angoulême, puis à Nérac auprès de Marguerite de Navarre, qui favorisait les protestants.
En 1534, suite à l'affaire des Placards et aux persécutions menées contre les protestants français (huguenots), il doit fuir la France pour s'exiler à Bâle où il publie en mars 1536 "l'Institution chrétienne", qui contient l'essentiel de ses idées sur la loi, la foi, la prédication, les sacrements et les rapports entre les chrétiens et l'autorité civile. Il s'agit d'un exposé de la doctrine des novateurs, qu'il traduisit lui-même en français et qui devint comme le catéchisme des Réformes de France. Par exemple, il ne reconnaît plus que deux sacrements : le baptême et la communion. Les pasteurs sont désormais élus par les fidèles, et chacune des églises calvinistes est dirigée spirituellement par un conseil élu. Ce livre aura un retentissement immense.
En 1536, il vit à Genève où la Réforme venait d'être adoptée. Il y fut nommé professeur de théologie, et y joue un rôle à la fois religieux et politique. C'est Guillaume Farel qui est à l'origine de l'Église réformée de Genève. C'est toutefois Calvin qui la dirige. Deux ans après, il fut banni de cette ville pour avoir déployé un rigorisme excessif. Il se retire alors à Strasbourg en avril 1538, où il propagea les nouvelles doctrines. Il fut rappelé à Genève en septembre 1541. Il participe à la mise en place d'une république calviniste dans la ville. Néanmoins, ce gouvernement théocratique protestant n'est pas en pleine rupture avec le système de gouvernement et l'état d'esprit du catholicisme médiéval (catholique) : il lutte contre ceux qui ne sont pas favorables à la Réforme, parfois même en les condamnant à l'exil ou à la peine de mort. Il devint très influent dans cette ville, ses adversaires le surnommèrent le pape de Genève. Il fit adopter par le conseil ses articles de foi, ainsi que ses ordonnances sur la discipline ecclésiastique ; il réforma les mœurs aussi bien que les croyances, et, poussant l'ardeur jusqu'à l'intolérance fit brûler l'Italien Gentili et le malheureux Michel Servet pour avoir attaqué le mystère de la Trinité (27 octobre 1553).
En 1559 il fonde l'Académie de Genève dont il confie le rectorat à Théodore de Bèze.
Le réformateur genevois était aussi un homme de son temps et il céda à la psychose et aux accusations de sorcellerie envers certains habitants durant la peste qui ravagea Genève en 1545. Si on considère l'ensemble de leurs écrits, Luther et Calvin ont contribué à lutter contre la superstition et à amorcer l'époque moderne.